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Amnistie internationale décerne ses prix de journalisme

Amnistie Internationale, 19 décembre 2002

Bernard Drainville, Étienne Leblanc, Jean-François Lépine et Geneviève Gélinas (du journal Alternatives) sont les gagnants des Prix de journalisme 2002. La section canadienne francophone d’Amnistie internationale est heureuse de souligner l’excellence du travail de journalistes d’ici qui ont contribué à la sensibilisation aux droits humains.

Grâce à eux, le public d’ici est mieux en mesure de comprendre ce que vivent les Colombiens pris entre les feux croisés des militaires, des guérilleros et des paramilitaires, les défenseurs des droits humains au Guatemala, les populations israéliennes et palestiniennes, et les musulmans ou les arabes de Montréal, victimes de discrimination depuis le 11 septembre 2001. « Des reportages comme ceux que nous récompensons aujourd’hui, a souligné Michel Frenette, directeur général de la section canadienne-francophone d’Amnistie internationale, sont essentiels à la compréhension de situation de plus en plus complexes ».

Dans la catégorie presse électronique, le jury a décidé de remettre deux prix : un en radio et un autre pour la télévision. Bernard Drainville remporte le prix pour une série de deux reportages diffusés au Point, à Radio-Canada, les 23 et 24 septembre 2002. Le portrait de la guerre civile en Colombie et du massacre de Bellavista ont touché les membres du jury qui tiennent à souligner également l’équilibre entre les témoignages, le matériel d’archives et les entrevues.

Pour sa part, Étienne Leblanc a rallié les membres du jury par la qualité de son reportage radiophonique sur le Guatemala, diffusé dans le cadre de l’émission « Sans Frontières » à la première chaîne de Radio-Canada. Le reportage portait sur la situation difficile des défenseurs des droits humains au Guatemala qui tentent de combattre l’impunité - 10 juges se sont exilés et 9 témoins ont été assassinés - et comprenait des témoignages extraits du documentaire de Marie-Hélène Davis « Le pays hanté ».

Le jury a décidé de remettre le prix de journalisme dans la catégorie presse écrite à Jean-François Lépine, collaborateur exceptionnel du magazine L’Actualité pour son reportage intitulé « La paix au bout du fusil ? » sur les possibilités de réconciliation entre Israéliens et Palestiniens. Bien qu’assez pessimiste, le reportage trace un portrait nuancé des opinions des divers protagonistes, tant du côté des porte-parole officiels que des observateurs, modérés ou de plus en plus extrémistes.

Dans la catégorie Presse alternative, le prix est décerné à Geneviève Gélinas, du journal Alternatives, pour un article publié en avril 2002. « Pas de CV d’Arabes ou de musulmans » présentait un effet, chez nous, du 11 septembre alors que certains employeurs n’ont plus aucun scrupule à spécifier leurs préférences ethnico-culturelles aux conseillers à l’emploi. « En plus d’interpeller la société québécoise sur son attitude face à l’immigration, l’article donnait aux lecteurs les coordonnées de l’Observatoire sur les cas de racisme et de discrimination » a souligné Michel Frenette.

Les reportages devaient mettre l’accent sur les droits humains couverts par le mandat d’Amnistie internationale, qui vise fondamentalement à prévenir et à faire cesser les graves atteintes aux droits à l’intégrité physique et mentale, à la liberté d’opinion et d’expression et au droit de ne pas être soumis à la discrimination. De plus, reconnaissant que les droits humains sont indivisibles et interdépendants, Amnistie internationale œuvre à la promotion de tous les droits énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Les prix ont été créés à la mémoire de John Humphrey, professeur de droit et principal auteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui est décédé en mars 1995.

Le jury du Prix de journalisme d’Amnistie internationale 2002 était composé de trois représentants des médias : Normand Baillargeon, collaborateur au Journal Le Couac et à Espace de la parole, François Brousseau, journaliste-pigiste, et Gilles Gariépy qui a été , entre autres, Président-fondateur de la Fédération Professionnelle des Journalistes du Québec. En outre, le jury comprenait deux représentantes d’Amnistie internationale, Anne Sainte-Marie, responsable des communications et Mélanie Raymond, membre du conseil d’administration.

Du côté de la section canadienne anglophone d’Amnistie internationale, les gagnants sont : Patricia Naylor pour « In The Line Of Fire » diffusé sur les ondes de CBC dans le cadre de la série « Witness », et qui portait sur le danger pour les journalistes de couvrir le conflit israélo-palestinien ; Neil Sandell et Alisa Siegel, de CBC Radio One, pour « Singing Against Darkness » un reportage sur les prisonniers politiques qui chantent pour surmonter leurs conditions de détention ; Marcus Gee, du Glob and Mail, pour une série d’articles sur les responsables de violations des droits humains devant faire face à la justice partout à travers le monde, et Sally Armstrong, de Chatelaine Magazine, pour un article sur les groupes de femmes pacifistes en Israël-Palestine. Les détails concernant les prix remis par la branche anglophone ont été publiés dans un communiqué distinct.


Renseignements :
Anne Sainte-Marie
Responsable des communications - Montréal
(514) 766-9766
aste-marie@amnistie.qc.ca