Journal des Alternatives

Partenaires

Alternatives en Palestine

Ahmed ABDIRAHMAN, 6 février 2006

Le début de notre travail dans les Territoires palestiniens de Cisjordanie et Gaza remonte à la première Intifada dans le milieu des années 1980. À l’époque, ce soulèvement populaire a permis l’émergence d’un véritable embryon de société civile. À cette époque, parmi nos partenaires seul AIC existaient déjà et très vite nous avons soutenu financièrement leurs activités, permettant ainsi à Alternatives de consolider sa base et sa présence dans les Territoires palestiniens.

Au début des années 1990, notre présence nous a permis d’accroître et de diversifier notre implication. Notre programme d’appui institutionnel aux organismes de la société civile palestinienne s’est concentré sur le renforcement des capacités médiatiques et d’éducation populaire des organismes oeuvrant dans le domaine de l’éducation et la santé. Ce programme nous a permis d’élargir notre réseau : nous avons travaillé en appui auprès de groupes communautaires, d’associations de paysans, de groupes de femmes et de syndicats. De ce réseautage est née le Teacher Creativity Center (TCC) en 1995.

En janvier 2004, Alternatives a aidé le TCC à mettre sur pied un comité de travail avec le Syndicat des enseignantes et des enseignants palestiniens (Palestinian Teachers Union - PTU) pour organiser ensemble une conférence internationale sur le rôle de l’éducation et la responsabilité des enseignants. La conférence a eu lieu en Octobre 2004 à Ramallah et elle a attiré une centaine d’enseignants venus du Canada, des Etats-Unis, d’Europe, d’Amérique Latine, d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient. Cette conférence organisée à Ramallah a eu un impact majeur.

Cette conférence visait aussi à accroître le rôle des enseignants pour mieux sensibiliser la société sur le potentiel de l’éducation comme outil dans la lutte pour la promotion de la démocratie et de la justice, en donnant et en partageant avec les participants, les outils nécessaires à une meilleure compréhension de la mondialisation et du rôle de l’éducation dans des contextes politiques changeants.

La dimension du genre dans les analyses élaborées lors de la conférence a été très importante. Comme un véritable développement durable suppose l’égalité des femmes et leur pleine participation à la vie démocratique, les discussions de la conférence ont visé à rendre plus efficients les programmes de développement durable au plan démocratique puisque les femmes sont les plus vulnérables à la marginalisation, la violence et la pauvreté. Il en a été tout autant avec la conférence où la participation des femmes a atteint 40 %, tant en provenance de la Palestine que du Canada. Par ailleurs, le nombre de femmes au niveau de la planification et de l’organisation de la conférence a été significatif.

Parmi les retombées de la conférence de Ramallah, il faut mentionner les résultats suivants :
- La reconnaissance du rôle des enseignants dans la promotion de la paix, de la justice internationale et la mobilisation en faveur du progrès social ;
- La communication de l’expérience des enseignantes et d’enseignants dans la promotion du progrès social, entre autres, par la publication d’un condensé des discussions et des présentations ;
- Enfin, depuis plusieurs années, notre programme triennal a permis d’appuyer une multitude d’initiatives de lutte à la pauvreté et d’éducation populaire en matière de citoyenneté en Palestine et en Israël. Au cours de ces initiatives, nous avons pu mener un vaste projet d’études et d’analyses, conjointement avec nos partenaires (TCC et AIC), en matière d’accès aux services essentiels, tels que la santé, l’éducation et l’eau potable.