2010, l’année la plus chaude ; 2011, celle des sept milliards !

mercredi 26 janvier 2011, par Ronald Cameron

Alors qu’on constate que l’année 2010 a été l’année la plus chaude depuis même des millénaires (Le Monde, samedi le 22 janvier 2011), la fin de l’année 2011 verra la population mondiale franchir le cap des sept milliards d’individus ! Il y a cinquante ans, la planète venait d’atteindre le sommet de 3 milliards d’individus alors que s’achevait le fameux « baby boom » occidental. Depuis ce temps, c’est ailleurs qu’un « boom » des naissances a eu lieu. Il se trouve dans les régions qui ressentent le plus les conséquences du réchauffement climatique !

Certains scénarios prédisent qu’en 2050, la population mondiale pourrait atteindre les 10 milliards d’individus. En fait, le « baby boom » occidental des années 50 ne fut qu’un phénomène marginal en comparaison de celui qui se produit depuis cinquante ans maintenant. La population mondiale, qui pourrait en un siècle s’être multipliée par 4, connait sans conteste l’accélération la plus importante de tous les temps. Certains scénarios suggèrent par contre qu’elle pourrait décliner, considérant la dénatalité croissante mais aussi le réchauffement climatique, jamais vu lui aussi dans l’histoire de l’humanité.

L’accélération des catastrophes « naturelles » et la pauvreté extrême

La Conférence des nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a publié fin novembre dernier le « Rapport 2010 sur les pays les moins avancés  » qui analyse la situation des 49 pays les plus pauvres dans le monde. Ce rapport fait état notamment des conséquences du réchauffement climatique. On y apprend que « les phénomènes météorologiques extrêmes (sécheresses, canicules, inondations) (…) ont été multipliés par cinq » depuis cinquante ans ! » (CNUCED 2010, 22).

Parallèlement à la croissance démographique sur la planète, on assiste à une accélération phénoménale des catastrophes dites « naturelles ». Et elles se produisent dans les pays du Sud, notamment les pays les plus pauvres, ces mêmes régions qui connaissent une plus forte croissance démographique. « Le nombre de victimes a quasiment doublé, passant de 100 millions dans la période 1970-1979 à 193 millions pour la période 2000-2010  » (CNUCED 2010, 22).

Le Rapport ajoute que la pauvreté extrême s’est accrue « de plus de 3 millions par an pendant la période 2002-2007, coïncidant avec des taux élevés de croissance du PIB » (CNUCED 2010, 9) et laissant parfois 50 % de la population de ces pays dans des conditions les plus pénibles. Le rapport dénombre 420 millions d’individus de ces pays qui sont considérés vivre dans la pauvreté extrême, deux fois plus qu’en 1980 !

Ici et ailleurs, le local et le global

Il y en a pour dire que tous ces phénomènes finalement ne sont qu’une sorte de rééquilibrage des choses, une violence de la nature auquel on n’y peut rien. La « main invisible » va assurer « l’équilibre par la sélection naturelle ». Mais il n’y a pas d’avenir dans un tel fatalisme. L’alternative réside encore dans l’action d’un mouvement social et politique capable, ici et ailleurs, de dépasser la seule solidarité internationale et de forcer un changement radical.

D’autres diront que cette vision est trop simpliste, idéaliste, qu’elle est digne des philosophes des lumières ! Oui, il est vrai qu’elle est bien révolue l’idée de la marche irréversible de l’Histoire vers le Progrès ! Mais la question ne se pose pas ainsi (l’a-t-elle d’ailleurs été ?). Aujourd’hui, l’avenir de communautés entières se jouent dans ces combats contre la logique du « laisser faire » ! Construire un mouvement qui vise à conquérir plus de moyens pour le plus grand nombre, en visant la répartition plus que la croissance des richesses, demeure la seule alternative susceptible d’offrir un chance devant les catastrophes annoncées.

Ça passe par l’engagement, au niveau local et global. Et la grande différence d’avec les périodes précédentes, c’est que les deux termes de l’engagement ne peuvent plus être séparés. L’engagement doit se faire ici et ailleurs, il doit être local et global. C’est ce que notamment Alternatives, et d’autres aussi, invite à faire.

C’est aussi dans cet esprit que le rendez-vous du week end du 15 au 17 avril a été conçu. Un an après la rencontre de Cochabamba, la conférence internationale sur la «  Justice climatique et les alternatives écologiques   », qui aura lieu à Montréal à l’initiative d’Alternatives, s’inscrit dans un tel chantier.

Ronald Cameron
Président d’Alternatives


Voir en ligne : Cochabamba +1 : Justice climatique et alternatives écologiques


CNUCED 2010, Rapport 2010 sur les pays les moins avancés – Aperçu général, Conférence des nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), novembre 2010, New York et Genève

http://www.unctad.org/fr/docs/ldc2010overview_fr.pdf

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