Tunisie

Le 5 août 2016, un nouveau projet de loi est proposé à l’Assemblée des représentant·es du peuple (ARP) par le ministère de l’Intérieur. Le but : remplacer la carte d’identité actuelle par une pièce d’identité biométrique. Vivement critiqué par des membres de la société civile, le texte a finalement été retiré le 9 janvier 2018. Une première bataille gagnée.

Le hameau de Hmaydeya, dans le gouvernorat de Sousse, se trouve à une dizaine de kilomètres de l’aéroport d’Enfidha-Hammamet, d’où les touristes sont acheminés vers les pelouses verdoyantes des complexes hôteliers de la côte. La route la plus proche est à 2 kilomètres – les villageois la rejoignent à pied ou à dos d’âne. Ils sont ici une cinquantaine d’habitants, vivant pour la plupart dans des maisons inachevées. Elles sont, pour certaines, tout juste habitables, comme figées dans un entre-deux, et attendent d’être repeintes, raccordées au gaz ou meublées. Les enfants, en majorité âgés de moins de (...)
Ksibet El Mediouni - 26 juin 2015, environ 13h : kalachnikov caché sous un parasol, un homme tue et blesse. L’attentat de Sousse, qui se produit à quarante minutes de la maison, nous heurte comme un coup de poing en pleine gueule. On ne cachera ici ni notre colère, ni notre peine, ni notre plus importante inquiétude : celle qui concerne l’avenir des gens ici. Celle qui concerne la naissance de projets, l’évasion des rêves de ceux qui grandissent rapidement et à qui on impose la réalité d’une géographie brisée, celle qui permet à l’amour des uns de triompher face à l’amertume des autres. (...)
L’adoption imminente de la nouvelle loi anti-terroriste en Tunisie pourrait fortement nuire à la liberté numérique des internautes du pays et engendrer par ricochet le retour du contrôle d’internet, de la liberté d’opinion et des médias en Tunisie. En réaction, un groupe d’hacktivistes tunisiens ont formé un comité qui surveillera cette question de près et qui travaillera sur un plaidoyer pour s’assurer de conserver une réelle liberté d’expression sur l’internet en Tunisie. Depuis la révolution de 2011, la population s’habitue progressivement à s’approprier une liberté d’expression nouvellement (...)
À trois mois de la prochaine édition du Forum Social Mondial (FSM) qui aura lieu à Tunis, Tunisie. Abderrahman Hedhili, coordinateur du comité d’organisation du FSM 2015 et président du Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux (FTDES) fait le point sur la situation politique, les mouvements sociaux et la question climatique en Tunisie. Dans cette période post-électorale [1], que signifie pour la Tunisie accueillir à nouveau le Forum Social Mondial ? Deux grandes questions se posent en Tunisie aujourd’hui. La dernière décennie, avant la révolution, fut marquée par les (...)
« Le Forum Social Mondial appartient au mouvement altermondialiste dans son ensemble, et il doit se l’approprier… » C’est le Maghreb qui a demandé de maintenir le lieu « Les mouvements sociaux, acteurs clés » La solidarité internationale, plus que jamais indispensable Le printemps arabe vit actuellement une phase de frustration et de recul. Dans cette perspective, la prochaine édition du Forum Social Mondial, qui se tiendra de nouveau à Tunis, du 24 au 28 mars 2015, s’avère particulièrement importante. « Cette session est nécessaire dans la mesure où elle permettra, entre autres, d’élever le (...)
Le ren­ver­se­ment de la dic­ta­ture en Tu­nisie au début de 2011 a ou­vert la voie à une grande ba­taille pour l’égalité et la jus­tice. Dans cet appel, les Tu­ni­siennes ont joué un grand rôle. Certes, la par­ti­ci­pa­tion et les re­ven­di­ca­tions des femmes étaient di­verses, mais elles rai­son­naient sous un seul thème soit la di­gnité, la li­berté, la dé­mo­cratie et la jus­tice sociale. La condi­tion de la femme en Tunisie Au len­de­main de son in­dé­pen­dance, la Tu­nisie a constitué un ter­rain fa­vo­ri­sant l’amélioration de la condi­tion fé­mi­nine. Dé­crété le 13 août 1956, le nou­veau code du statut (...)
Deux ans après la chute du dictateur Ben Ali, la Tunisie, berceau du printemps arabe, peine à sortir d’une crise politique qui a pris, au cours des derniers mois, l’allure d’un véritable drame dont les dérapages tendent à refroidir les ardeurs de ceux qui voyaient dans cette révolution le laboratoire d’une forme spécifiquement arabe de transition à la démocratie. Galvanisés par la promesse d’une rupture salutaire et portés par la fièvre du changement, les Tunisiens s’étaient pourtant prêtés au jeu des premières élections législatives, le 23 octobre 2011, avec l’enthousiasme juvénile qui avait (...)
Aux alentours de 4 heures dans la nuit de vendredi a samedi 21 septembre 2013, Nejib Abidi, Yahya Dridi, Abdallah Yahya, Slim Abida, Mahmoud Ayed, Skander Ben Abid, accompagnés de deux amies artistes et étudiantes engagées et activistes ont été arrêtés au domicile de Nejib Abidi situé dans le quartier Lafayette à Tunis. Nous n’avons réussi à obtenir que très peu d’informations. Nous savons qu’ils ont été d’abord conduits au commissariat de Bab Bhar à Tunis dans lequel ils sont restés environ douze heures et où ils ont été vus pour la dernière fois par une amie. A l’heure actuelle, nous ignorons (...)
La Tunisie vit une crise politique majeure. Depuis l’assassinat du député Mohamed Brahmi, tué par 14 balles devant son domicile, les appels à la chute du gouvernement et à la dissolution de l’Assemblée nationale constituante (ANC) ne cessent de s’intensifier. Des manifestations ont lieu tous les jours, et tous les soirs. La crise s’est considérablement intensifiée avec l’annonce tragique de la mort de 8 militaires au Mont Chaâmbi dans la région de Kasserine. Dissolution de l’assemblée et chute du gouvernement A peine Mohamed Brahmi enterré samedi 27 juillet, que le “Sit-in al rahil” (sit-in du (...)
Entrevue réalisée par la délégation jeunesse d’Alternatives au Forum Social Mondial de 2013 à Tunis Dès notre arrivée, un portier nous accueille et nous dit : « c’est ici qu’il a été tué ». Que pouvait-on dire de plus ? Au lendemain de l’assassinat politique de Chokri Belaïd, nous en avons vu beaucoup d’images de cet homme maintenant considéré comme un martyr de la révolution. C’est néanmoins Mme Basma Khalfaoui, veuve de ce dernier que nous venions voir en cette fin de voyage. Ce fut un moment d’une grande intensité pour nous. Voici le compte-rendu d’une rencontre avec cette femme au parcours (...)
À Tunis, nous avons vu des femmes douanières, policières et même députées. Comme ailleurs, ces femmes se battent tous les jours pour faire leur place dans un monde traditionnellement masculin et cela ne se fait pas sans heurts. L’atelier présenté par l’organisme Égalité-Parité consistait à présenter aux femmes et aux hommes de Tunisie ou d’ailleurs, la dure réalité de celles qui ont décidé de s’impliquer en politique en Tunisie. Il s’agissait aussi lors de cet atelier de lancer une campagne internationale sur le sujet. Bien que la violence faite aux femmes existe dans plusieurs domaines de la vie (...)
C’est sur une terrasse de l’Avenue Habib Bourguiba (Tunis) que nous avons rencontré Douglas Estevam, Brésilien engagé depuis plusieurs années à Via Campesina. Parcours d’un jeune militant épatant. Comment es-tu devenu militant ? À l’âge de 14 ans, j’étais ouvrier dans une grosse entreprise au Brésil et on était 4 500 ouvriers. C’était l’époque où les politiques néolibérales ont commencé avec plus de force au Brésil. À cause de cela, il y avait beaucoup de grèves, beaucoup de manifestations. Puis, il y a eu le premier président élu après la dictature au Brésil. Il a été déchu à cause de la corruption et (...)
Si prompts à pointer la menace islamiste, en France, en Tunisie et dans le monde arabe, les médias français (et québécois) dominants n’ont quasiment pas couvert le Forum social mondial qui vient de se clore à Tunis. Il y incarne pourtant une véritable alternative à la vision morbide de l’engagement prônée par les salafistes. Une alternative qui dérange : il est beaucoup plus facile de surfer sur la peur. Étrange sentiment alors que le Forum social mondial (FSM) vient de se clore en Tunisie. Le pays est à la croisée des chemins. D’un côté, l’émergence d’une société séculière, exigeante en (...)
Blogs, radios, sites d’information et d’investigation : les nouveaux médias ont fleuri en Tunisie, après avoir joué un rôle décisif dans le renversement de la dictature. La liberté d’expression et celle de la presse sont considérées comme les principaux acquis de la Révolution. Mais l’ombre de la censure plane encore. Le système de surveillance de l’ancien régime est toujours en place. Et l’apprentissage de cette liberté chèrement gagnée n’est pas si aisé alors que les islamistes radicaux, entre autres, multiplient les pressions. Presque 200 journaux, une vingtaine de radios, une dizaine de (...)
Près de deux ans après le début des contestations liées au Printemps arabe, des luttes continuent de se dérouler sur fond de fortes contradictions. Les premières élections libres ont porté au pouvoir des partis dont les revendications s’opposent à celles des manifestants qui s’étaient mobilisés pour réclamer un changement social. Pour plusieurs spécialistes, les aspirations des forces progressistes qui ont initié les révolutions se heurtent aujourd’hui aux mouvements islamistes et à l’ingérence des puissances étrangères qui tentent de maintenir leur contrôle sur la région. De la contestation du (...)
« Nous avançons sur un chemin extrêmement étroit, balisé de plusieurs difficultés : la révolution, c’est simple, l’après-révolution, c’est compliqué », Mohamed Marzouki Président de la République tunisienne. Chokri Belaid, avocat et grande figure politique en Tunisie, secrétaire général du Parti des Patriotes Démocrates Unifiés (la gauche tunisienne) et dirigeant politique du Front Populaire, et infatigable défenseur des droits humains a été assassiné le 6 février devant son domicile par les mains de l’obscurantisme, avatars de la révolution tunisienne. Ce meurtre déclenche alors de nombreuses (...)
La lutte des femmes tunisiennes pour leurs droits fondamentaux ne date pas d’hier. Le bref survol historique qui suit vise à mettre en valeur leur lutte contre toutes les formes de régressions. Le contexte international et la pensée réformiste occidentale et arabo-musulmane Au VIIe siècle, l’Islam a opéré des avancées en matière des droits et des libertés des femmes. Mais bien que les réformistes arabes aient puisé dans le Coran certains principes de liberté, ils ont également été fortement marqués par l’Europe des Lumières. Dès le début du XIXe siècle, la défense de la cause des femmes (...)
Avant le 14 janvier 2011, les médias tunisiens étaient l’un des trois piliers fondamentaux de la dictature de Ben Ali, avec la police et la justice. La censure touchait tous les domaines d’expression : de l’information aux arts et à la littérature. Un puissant appareil policier, doté de moyens technologiques perfectionnés surveillait l’Internet ; les journalistes critiques ou désobéissants étaient harcelés, parfois battus et emprisonnés. Les médias, publics ou privés, n’étaient que des instruments de propagande de l’État, et ceux qui les dirigeaient étaient méticuleusement choisis pour ne rien (...)
Après un long parcours de négociations infructueuses entre le gouvernement provisoire et le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) et suite à la négligence des revendications des journalistes toutes spécialités confondues, les membres du bureau exécutif du SNJT ont appelé, hier, les professionnels du secteur à observer une grève générale le mercredi 17 octobre 2012. Cette décision prise à l’issue de la réunion des membres du bureau exécutif élargi tenue au siège du syndicat, vient en guise réponse à l’appel lancé par les journalistes le 24 août 2012 lors de la réunion générale (...)
Le 17 décembre 2010, le Tunisien Mohammed Bouazizi, un jeune marchand de rue à Sidi Bouzid, proteste contre la saisie de sa marchandise par la police en s’immolant. Son geste marquera le début des révoltes tunisiennes. Quatre semaines plus tard, le 14 janvier 2011, le président Tunisien Zine el-Abine Ben Ali fuit son pays pour l’Arabie Saoudite après 23 ans passés à la tête d’un régime autocratique. Un an plus tard, quelles sont les perspectives d’avenir des Tunisiens ? La Tunisie n’est pas aussi militarisée que d’autres pays qui ont aussi connu la révolte, comme l’Égypte. Les Tunisiens ont (...)
Analyse du programme de prêt de 500 millions de dollars auprès de la Banque Mondiale Le gouvernement provisoire de Tunisie n’a pas attendu l’Assemblée constituante pour engager le pays envers la Banque Mondiale (BM). Le 21 juin dernier, la banque approuvait deux prêts d’une valeur totale de 500 millions de dollars. Son montant a depuis été intégralement décaissé, engageant ainsi la Tunisie à un remboursement sur 30 ans (plus 5 ans de grâce) ! |1| Ce programme appelé « Prêt de Politique de Développement (PPD) pour la Gouvernance et les Opportunités en Tunisie », est censé appuyer la transition (...)
Les Tunisien-nes ont voté ! Et, contre toute attente, ils et elles ont choisi de porter leurs suffrages sur quelques partis seulement. Et ce alors même qu’il y avait une offre de plus de 1600 listes en présence et plus de 110 partis. Comment lire et décrypter, à chaud les résultats des élections du 23 octobre 2011. Et que retenir. Mais avant cela il faut insister sur le fait que c’est une victoire de la société tunisienne dans son ensemble qui s’est massivement mobilisée pour cette première élection démocratique. Les citoyen-nes ont fait preuve d’un sens civique extraordinaire. Et c’est (...)
Le 23 octobre prochain, les Tunisiens seront appelés aux urnes pour choisir leurs représentantes et représentants à l’Assemblée Nationale Constituante. Ces élections sont essentielles à la transition démocratique dans la Tunisie de l’après révolution C’est la première fois que la Tunisie connaîtra des élections libres et transparentes après plus de cinquante ans d’indépendance. L’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE) a décidé, lors de la division de la carte électorale, d’inclure le Canada dans la circonscription des Amériques et le reste de l’Europe qui donnent deux représentants (...)
Trois jours après le début des opérations militaires internationales dans le ciel libyen autorisées par la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, aucune réaction officielle n’avait été enregistrée lundi à Tunis. Les efforts des autorités tunisiennes restent essentiellement concentrés sur la gestion de la transition démocratique que vit le pays depuis la chute du régime du président Zine El Abidine Ben Ali et ses impacts politique, économique et social. Seule référence officielle aux événements qui se déroulent en Libye, un communiqué diffusé samedi dernier par le ministère (...)
En avril 2011, à Kasserine, à 50 kilomètres de Sidi Bouzid en Tunisie, là où « tout à commencé », nous avons rencontré Samir Rabhi, enseignant, syndicaliste militant actif de l’UGTT et membre de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la Réforme politique et de la Transition démocratique. Interview très éclairante de Mireille Court et Chris Den Hond sur la situation de la Tunisie actuellement. C’est quoi cette « Haute Instance » ? Samir Rabhi : Juste après la révolution, le 14 janvier 2011, le gouvernement a créé une commission pour la réforme politique et la (...)
Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un vendeur de fruits et légumes âgé de 26 ans, s’est immolé dans une petite ville en Tunisie après avoir été humilié par les autorités locales. Elles ont confisqué ses biens et ses balances – à savoir les outils les plus simples dont il s’était servi pour gagner sa vie. Dans l’espace de quelques journées, les manifestations se sont étendues jusqu’à la capitale, et en quelques semaines, aux pays voisins. L’immolation de Mohamed a été l’étincelle qui a enflammé le monde arabe dans son ensemble car son histoire a trouvé écho auprès des gens de la région. Pour (...)
Bernard Dréano, responsable du Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM), poursuit dans cette troisième et dernière partie son témoignage sur la situation tunisienne. Élection d’une Assemblée constituante, création d’un Conseil pour la protection de la révolution, restructuration des partis... la société tunisienne cherche une voie vers la justice et la démocratie. Rencontre avec des syndicalistes et militants politiques, acteurs de ce processus. À 80 kilomètres de Sidi Bouzid (voir précédent Blogues de Bernard Dreano), Kasserine vit encore dans l’atmosphère de la (...)
Maghreb-Machrek « Tous les pays dans lesquels on assiste à ces actes, sont des pays à majorité musulmane sunnite » Il y a quelques jours, on a pu assister à deux nouvelles immolations par le feu en Algérie . Depuis le geste protestataire catalyseur de Mohamed Bouazizi, on dénombre en Algérie une dizaine d’actes similaires. Un phénomène récent qui touche le monde arabo-musulmans et notamment sunnite. Explications et analyse du phénomène du directeur de recherche sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à la Fondation pour les Relations internationales et le Dialogue extérieur (FRIDE), à (...)
Responsable du Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM), Bernard Dréano a parcouru la Tunisie, un mois après la chute du président Ben Ali. Il a accompagné le militant Mouhieddine Cherbib au tribunal, rencontré des avocats, des familles de martyrs et des syndicalistes de l’UGTT. Témoignage, en trois actes, sur une société démocratique en devenir. 14 février 2011. Zine el-Abidine Ben Ali a fui la Tunisie depuis un mois. Un ami de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) est venu me chercher à l’aéroport de Tunis-Carthage. Nous allons directement au local (...)

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