Inde

Article d’abord paru sur le site de Mondoweiss. Traduit par Elizabeth Leier pour le Journal des Alternatives. En tant que Cachemiri vivant en Amérique du Nord, je me suis rendu au Cachemire une vingtaine de fois. J’y ai connu l’instabilité, les coupures de courant, les couvre-feux et les bouclages qui font cruellement partie de la vie quotidienne, j’ai aussi assisté à des manifestations massives et non violentes contre l’occupation militaire. J’ai vu des militaires indiens ramasser des enfants Cashmiris jouant au cricket dans des véhicules blindés et j’ai écouté attentivement les récits (...)
Le Parti Bhartiya Janata (BJP) a obtenu un deuxième mandat pour diriger le gouvernement comme le montrent clairement les résultats des élections, annoncés le 23 mai 2019. Le BJP a obtenu plus de sièges qu’en 2014 et leur part du vote a également augmenté. Sur un total de 543 sièges au Parlement, le BJP en a remporté 303, et le parti Congrès national indien, que 52. Le reste des sièges est réparti entre des dizaines de partis régionaux avec 5 sièges pour les deux partis communistes. De plus, la participation électorale a atteint un taux record de 66 %, ce qui représente plus d’un demi-milliard (...)
Texte inédit pour le JdA Avec son bassin de 900 millions d’électeurs·trices potentiel·les, les prochaines élections en Inde représenteront les plus colossales au monde [1]. Pour illustration, le nombre d’électeurs ·trices équivaut presque à toute la population du continent américain. Ainsi pour répondre à l’énorme logistique, les élections se dérouleront en 7 phases du 11 avril au 19 mai, pour culminer avec l’annonce des résultats le 23 mai. La Chambre des communes (« Lok Sabha ») compte 543 sièges à élire et tout parti ou coalition a besoin d’un minimum de 272 député·es pour former un gouvernement. (...)
Extrait de l’article « Montée d’un nationalisme fascisant en Inde » paru dans la Revue Relation no 800 (janvier-février 2019). Vous la trouverez en kiosque et vous pouvez également vous la procurer en ligne, sur le site Internet de la revue. En 1999, le parti nationaliste Bhartiya Janata Party (BJP) a pris le pouvoir en Inde[1], à la tête d’un gouvernement de coalition qui a duré cinq ans. Ayant perdu les élections de 2004, il n’est revenu au pouvoir qu’en 2014, mais cette fois en tant que parti majoritaire au parlement fédéral, bien qu’il n’ait obtenu que 31 % du vote populaire. Arrivé au (...)
Pour aller de l’aéroport de Bangalore, capitale de la Silicon Valley indienne, au centre-ville, on emprunte une quatre-voies fleurie, bien entretenue, à la circulation facile. Elle est bordée de panneaux hauts comme des immeubles de quatre étages, éclairés jour et nuit, qui proclament : « Bienvenue du côté Uber de la vie ». Puis au bout de quelques kilomètres, la route devient à deux voies et l’on pénètre dans l’Inde de partout, celle du grouillement des foules, du martèlement constant des klaxons, celle où les règles de la circulation se résument à une seule : priorité au plus gros, poids lourds (...)
Défier les maris violents jusqu’à les battre. Telle est la stratégie élaborée par des groupes de femmes du sud de l’Inde, pour lutter contre les violences domestiques dont elles sont victimes au quotidien. Elles sont toujours plus nombreuses à rejoindre les comités de vigilance qui essaiment dans divers quartiers populaires et villages. Unies dans l’adversité, ces femmes courageuses ont rompu la loi du silence pour porter au-delà des murs les souffrances qui les accablent. Bangalore, une journée ordinaire. Dans les rues mouvementées de cette ville aux allures modernes, des femmes en jean (...)
Vindravan, Uttar Pradesh. Entre le trafic, la pollution et les marchands de légumes, leurs saris roses, bleus et jaunes embellissent le paysage urbain. Elles déambulent dans les rues un enfant à leur bras ou un sac de terre sur leur tête. Les croyances hindoues veulent qu’elles soient l’égale de la déesse Shakti, représentant la force et le pouvoir. Pourtant, depuis leur jeune enfance, leurs mères leur apprennent à obéir à l’autorité familiale, en l’occurrence le père. Le système patriarcal dans lequel elles sont nées régit encore l’ordre des relations sociales. L’absence de ressource à (...)
On dit souvent que l’indignation est l’étape inaugurale à la réflexion critique et la prise d’action concrète. Face à l’inquiétante situation humaine et environnementale actuelle, plusieurs se demandent comment agir et si cela en vaut réellement la peine. Poussé à l’individualisme et à la compétition dans cet ordre socioéconomique méritocratique et consumériste qui gruge peu à peu les parcelles d’authenticité solidaire de la nature humaine, il est souvent difficile de conjuguer l’action avec la pensée, l’espoir avec la réalité. Face à cette problématique existentielle, il semble plus que jamais (...)
Bundelkhand, province de l’Uttar Pradesh, en Inde. Un gang intimide la région, qui est l’une des plus peuplées et des moins développées du pays. Craint particulièrement par les dirigeants et les policiers, il impose sa loi. Serait-ce une mafia organisée dont la richesse garantit l’impunité ? Non. Il s’agit plutôt du Gulabi Gang, aussi surnommé les Saris roses : un groupe de femmes vêtues de rose qui imposent la justice et exigent le respect de leurs droits, à coups de bâtons lorsque nécessaire. Ce qui distingue ce groupe des autres associations semblables de défense des droits humains et des (...)
Nous sommes au Nord de l’Inde, dans le Gujarat où l’influence spirituelle de Gandhi se fait largement sentir : en hommage au grand homme, tout l’état se veut encore pacifiste, végétarien, non-fumeur et sans alcool. L’industrialisation est toutefois très présente et, comme ailleurs, les problèmes liés à la mondialisation se posent avec difficulté voire, parfois, violence. Mais tandis qu’en France, nous manifestons, que les syndicats soutiennent toutes les causes et qu’un relais publique est toujours possible (média alternatif, internet, pétitions...) pour que chaque voix puisse se faire (...)
Dans le passé, le groupe américain Monsanto a falsifié les données présentées pour obtenir l’autorisation de produire en Inde. En fut-il de même pour l’aubergine génétiquement modifiée, mise au point dans sa filiale indienne ? Impossible à dire. Mais, à New Delhi, le gouvernement vient de suspendre la commercialisation de ce premier légume OGM au monde. Par Mira Kamdar Tout semblait prêt pour la commercialisation en Inde d’une aubergine génétiquement modifiée — une première mondiale. Le 16 octobre 2009, le très officiel Comité d’autorisation du génie génétique (GEAC) indien avait donné son feu (...)
Le 29 Mars le magazine indien Outlook publiait le récit de la visite de la célèbre écrivaine dans les zones libérées de la guérilla conduite par le Parti Communiste Indien Maoïste. Ce récit qui donne à comprendre les raisons de la lutte armée a eu un très large écho national et international et constitue une critique radicale de la politique de guerre totale lancée contre la guérilla par le gouvernement indien sous le nom d’opération « GREEN HUNT » en anglais « chasse verte », mais en réalité gigantesque chasse à l’homme menée avec les techniques les plus sophistiquées de la guerre contre un peuple (...)
« Le gouvernement indien essaye de donner l’impression que ce sont les terroristes, les islamistes fanatiques, la cause du problème au Cachemire, alors qu’en réalité, c’est lui ». En ces quelques termes, Parvez Imroz, avocat cachemiri spécialisé depuis plusieurs décennies dans la défense des droits de l’homme, a résumé la pensée de la majorité des Cachemiris et synthétise le cœur du problème actuel du Cachemire indien. Grand homme fin aux joues creusées, on le rencontre dans son modeste bureau de Srinagar, capitale d’été du Cachemire indien, à deux pas de l’affairement de Lal Chowk. D’une voix (...)
Ils représentent 40% de la population du monde, 15% de son produit intérieur brut, mais surtout 50% de la croissance économique actuelle. Ce sont les Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine), qui se sont réunis jeudi en sommet à Brasilia et qui sont unis sur au moins un objectif : casser le monopole occidental sur la gestion des affaires planétaires. De fait, le premier à avoir pensé à réunir ces quatre pays n’est pas un stratège altermondialiste, mais une banque d’affaires, Goldman Sachs, qui, en 2003, conçoit l’acronyme et le concept de ces quatre économies émergentes qui méritaient que les (...)
Dans le cadre du Festival des films sur les droits de la personne de Montréal Bhopal, Inde, 3 décembre 1984 – une trentaine de tonnes de gaz toxique s’échappe de l’usine de pesticides de la compagnie Union Carbide, en plein coeur des quartiers pauvres. Cette catastrophe industrielle – la plus grave de tous les temps – fait cette nuit-là 3000 à 5000 morts, 500 000 personnes affectées temporairement et 100 000 de façon permanente. 25 ans plus tard, les survivants, dont les droits les plus fondamentaux ont été niés durant toutes ces années, souffrent encore des conséquences de cette tragédie. (...)
Tiruvadi Jagadisan, ancien directeur de la filiale indienne de Monsanto affirme que l’entreprise « avait l’habitude de falsifier les données scientifiques » transmises aux organismes gouvernementaux afin d’obtenir les autorisations de commercialisation pour ses produits. M. Jagadisan indique avoir démissionné de ses fonctions car il avait « le sentiment que la direction de Monsanto aux Etats-Unis exploitait notre pays ». Le débat sur les variétés d’aubergines (brinjal) génétiquement modifiées continue de déchainer les passions. L’ancien directeur général de Monsanto Inde, Tiruvadi Jagadisan, (...)

Bhopal

2 décembre 2009
Une réalisation de Sylvie Joly Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, un nuage de gaz toxique s’échappe de l’usine d’Union Carbide à Bhopal, en Inde, provoquant la plus grave tragédie industrielle de tous les temps. Encore aujourd’hui, la ville en garde les cicatrices : désastre environnemental, judiciaire et humain qui témoigne de l’irresponsabilité sociale de l’entreprise. Ne pas demander justice pour Bhopal, c’est accepter que d’autres Bhopal, lents et silencieux, existent ailleurs dans le monde, dans nos milieux de travail, dans nos communautés. Vendredi 19 mars | 21 h | Cinéma du Parc - (...)
(De Bhopal) Les routes en terre sont, de part et d’autre, bordées d’obscures échoppes branlantes. La retentissante cacophonie des klaxons écrase tout autre bruit. Les camions crachent de gros nuages de fumée noire dans un air que le soleil de midi et la poussière rendaient déjà irrespirable. Les quartiers nord de la ville de Bhopal (Madhya Pradesh) ne sont donc pas de ceux que l’on montre dans les brochures touristiques. Il y a 25 ans, à minuit cinq le 3 décembre 1984, l’usine chimique laisse échapper 27 tonnes de gaz mortel. Le bilan à ce jour se monte à plus de 20 000 victimes (3800 selon (...)

The ongoing security crisis in West Bengal exposes the cracks in Indian democracy, stemming from a volatile mix of poor governance, petty politics, and a fundamental breakdown in credibility.

Environ 150 millions d’Indiens sont musulmans. Ils constituent la plus grande minorité du pays et la plus importante minorité musulmane de la planète. Leur quotidien n’a rien à voir avec les images de musulmans radicaux véhiculés par les médias. En effet, une cohabitation harmonieuse entre les différentes communautés religieuses est la norme en Inde.

As India responds to multiple crises in its immediate neighbourhood, it needs to rethink its strategic vision and policy radically.

Geeta Thapa falters when she talks about her future, “There are many pursuing me… and… I haven’t been able to say ‘yes.’” So why is an attractive, independent 22 year-old reluctant to commit to marriage? Geeta believes if she reveals her “secret” no one will love her, yet if she does not how will this diminutive young woman bear the enormous weight of her past and move into a brighter future? She was sixteen-and-a-half when the Rescue Foundation pulled her out of Mumbai’s dangerous network of gated brothels. For three years she had lived in a series of windowless single bedrooms. A (...)
She was ranked 59th in the Forbes list of the 100 most powerful women last year, only just behind Queen Elizabeth II, whose great-great grandmother, Queen Victoria, once subsumed India to the British crown. The media call her the Dalit Queen, but she simply calls herself by her given name, Mayawati. She is currently chief minister of one of India’s most important electoral provinces, Uttar Pradesh, and it is widely reported that she has her eyes set on the prime minister’s seat in the upcoming general elections. India is no stranger to female politicians or heads of government; (...)
Geeta Thapa hésite quand elle parle de son avenir : « Plusieurs hommes me demandent... et... Je n’ai pas été capable de dire oui. » Pourquoi une jolie jeune femme indépendante de 22 ans hésite-t-elle à s’engager dans les voies du mariage ? Geeta est convaincue que si elle révèle son «  secret », personne ne l’aimera. Mais si elle le garde pour elle, comment arrivera-t-elle à vivre avec son lourd passé ? Elle avait seize ans et demi quand la Rescue Foundation l’a rescapé des bordels de Mumbai. Pendant trois ans, elle avait vécu dans des chambres à coucher sans fenêtres, comme esclave sexuelle. La (...)

Elle se classe 59e sur la liste des femmes les plus influentes au monde du magazine Forbes de l’an dernier, tout juste derrière la reine Élizabeth II, descendante de la reine Victoria, qui a un jour conquis l’Inde. Les médias l’appellent la reine des Dalits, mais elle se présente elle-même qu’avec son prénom : Mayawati.

“We are turning science and technology into a weapon that the poor can use to combat their poverty.” For almost 50 years, this has been the creed of Indian NGO Kerala Sasthra Sahithya Parishad (KSSP), who have helped impoverished citizens to actively pursue the social change that leads to greater equality. The roots of Kerala Sasthra Sahithya Parishad, which translated from Malayalam means “The forum for scientific literature of Kerala”, date back to 1962. The primary objective of this small group of researchers was to translate scientific works into their local language in an (...)

« Nous essayons consciemment de convertir la science et la technologie en une arme à mettre dans les mains des pauvres pour qu’ils combattent leur appauvrissement. » C’est avec cet objectif que l’ONG indienne Kerala Sasthra Sahithya Parishad (KSSP) tente depuis près de 50 ans d’amener les citoyens moins fortunés à s’engager plus activement dans le processus de transformation sociale devant mener à l’avènement d’un État plus égalitaire.

Balram tells the story of his life: how he left his native
village for Delhi, where he wants to succeed and make
all of his dreams come true… like killing his boss. In his
first book, which just won the prestigious Booker Prize,
Aravind Adiga brings to life the story of a poor man
looking for wealth.

Émeutes, violences et même des assassinats : autant de sujets tabous autour du boom économique de l’Inde. La multiplication des luttes pour le contrôle de la terre est au centre des transformations économiques que connaît actuellement le pays.

Balram raconte sa vie : son départ du village vers Delhi, là où il veut réussir, et les moyens pour atteindre son rêve, comme d’assassiner son patron ! Dans son premier roman qui vient de remporter le Booker Prize — le plus prestigieux prix littéraire anglophone —, Aravind Adiga adopte le point de vue d’un homme pauvre qui veut s’enrichir. Avec The White Tiger, l’auteur de 33 ans dépeint à la fois l’Inde d’aujourd’hui et de demain. Une société effervescente et pleine d’espoir, marquée par une croissance économique fulgurante, mais aux prises avec de nouvelles règles et des malaises sociaux appelés (...)

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