Grèce

Certain.e.s dans les rangs de la gauche européenne persistent à croire que la situation en Grèce va en s’améliorant, et que le gouvernement Syriza reste une force de gauche qui protège les intérêts des travailleurs et des défavorisés, dans des conditions très difficiles. Parmi eux, Iñigo Errejon, l’un des principaux dirigeants de Podemos, qui a déclaré dans un récent entretien que « compte tenu de ces contraintes, le bilan [de Tsipras] est plutôt satisfaisant »[1]. Pour ceux qui partagent ce point de vue, le tour que prennent les événements apparaîtra comme une mauvaise surprise. La réalité est (...)
Les Etats font faillite, mais ils ne peuvent pas être… abolis. Ils survivent et, suite à leur « faillite », soit ils sont acculés à continuer de rembourser leur dette en épuisant la majorité laborieuse, soit ils dénoncent la dette publique et font le choix de la rupture et du conflit avec le système usurier capitaliste. Les entreprises par contre, quand elles font faillite, elles ferment. Sauf si l’Etat ou les banques (ou les deux) décident de les garder en vie malgré leur faillite. Dans ce cas, le prolongement de leur vie est « payé » par les salarié·e·s avec des licenciements, une intensité (...)
«Pour une rébellion démocratique en Europe», tel est le titre de la déclaration adoptée par la conférence Plan B pour l’Europe, tenue à Madrid du 19 au 21 février dernier. Des centaines de participantes et participants issus des mouvements sociaux et des partis de gauche anti-austérité européens se sont réunis pour tirer des leçons de l’échec de Syriza à l’été 2015, ont conclu à l’importance de lancer un mouvement de désobéissance civile contre les institutions européennes et leurs diktats autoritaires, pour que ne se répète plus le «coup d’état» économique perpétré, l’été dernier, contre le peuple (...)
On ne peut qu’être frappé par l’apathie qui a précédé les élections législatives en Grèce. Alors que celles du mois de janvier avaient été précédées par un débat politique intense, ces dernières se sont déroulées dans un climat maussade qui contrastait avec la mobilisation populaire ayant eu lieu à l’époque ou au moment du référendum. C’est que, alors que les élections de janvier avaient pour enjeu une rupture avec l’ordre néolibéral imposé par la Troïka, celles de septembre semblaient sans enjeu politique réel après que le gouvernement Tsipras ait accepté de se plier aux conditions des institutions (...)
Les débats sur la crise grecque et sur la crise ouverte de l’Union Européenne ont suscité de très nombreux commentaires et de très nombreuses analyses. Ce débat va se prolonger d’autant que l’évolution, en Grèce et en Europe, est loin d’être achevée. Voici dix pistes de réflexions lapidaires sur le débat en cours. 1. La bataille de Grèce s’est terminée par une défaite de ceux qui refusaient les plans austéritaires. Une défaite et une reddition pour Syriza qui avait défendu cette position. Une défaite qui va peser lourd, d’abord pour le peuple grec. Cette bataille a donné lieu à une démonstration (...)
Les évènements qui ont secoué la Grèce sont devenus pour plusieurs observateurs progressistes le grand feuilleton de l’été. L’enjeu était énorme : il s’agissait de la bataille d’un peuple affaibli après cinq années de mesures d’austérité contre des institutions supranationales technocrates, celle d’un petit pays fragilisé de l’Europe du Sud contre de grandes puissances du Nord, celle de la démocratie contre le pouvoir des grands intérêts financiers. Il était prévu depuis longtemps que le vrai combat se déroulerait en juin. Celui-ci fut aussi terrible qu’on l’avait craint. Du côté de la troïka et des (...)
Un plan de déstabilisation financière et politique de la Grèce est en cours depuis quelques semaines. A vrai dire, c’est bien avant l’élection de Syriza, que le processus a été mis en route, mais son accélération intensive les derniers jours jette une lumière vive sur celui-ci. Il s’agirait de rien de moins que d’une tentative de renverser le gouvernement Syriza pour que celui-ci soit enfin remplacé une coalition de la convenance de créanciers. Le chantage odieux exercé sur le gouvernement grec, par le biais d’une incitation ouverte à un bank run ne laisse aucun doute sur la volonté des (...)
Malgré l’ingérence et la pression des dirigeants de l’Union européenne, le peuple grec a décidé de prendre son destin en main et d’en finir avec les politiques d’austérité qui ont plongé le pays dans la misère et la récession. Dans les pays victimes de la Troïka, mais aussi dans de nombreux autres pays européens, cette victoire est perçue comme un formidable encouragement à lutter pour mettre un terme à des politiques profitables aux marchés financiers et désastreuses pour les populations. A mesure que les négociations vont se durcir entre la Grèce et la Troïka, la propagande va s’intensifier et (...)
L’expérience prouve que les mouvements de gauche peuvent arriver au gouvernement, mais ils ne détiennent pas pour autant le pouvoir. La démocratie, c’est-à-dire l’exercice du pouvoir par le peuple et pour le peuple, requiert bien davantage. Le problème se pose aujourd’hui en Grèce avec Syriza, se posera en Espagne avec Podemos (si ce parti remporte les élections générales de fin 2015) comme il s’est posé, hier, au Venezuela avec l’élection à la présidence de Hugo Chávez en décembre 1998, en Bolivie avec celle d’Evo Morales en 2005, en Équateur avec celle de Rafael Correa en décembre 2006 ou encore, (...)
L’article publié vers midi sur le site du Monde (avec le renfort d’alertes « push ») est spectaculaire. « La plupart des réformes qu’Athènes s’engage à faire […] sont celles qui avaient été dénoncées par Syriza », écrit son auteure, entonnant la ritournelle de la « capitulation » d’Alexis Tsipras. Un traitement éditorial d’une colossale finesse qui n’hésite pas à contrefaire significativement la réalité. Désintox. Passé le titre ronflant (« Grèce : la liste des réformes concédées à Bruxelles »), l’auteure est contrainte à un première précision d’importance : « L’initiative des réformes est désormais (...)
Soirée de solidarité avec le peuple grec EST-CE QUE LE GOUVERNEMENT SYRIZA PEUT ROMPRE AVEC L’AUSTÉRITÉ ? Avec Natassa Romanou, représentante de Syriza à New York Dimitri Roussopoulos, éditeur de Black Rose Books, Montréal Centre Saint Pierre, salle 100, 1212 Panet, Montréal, Métro Beaudry Organisé par : Alternatives Voir événement Facebook CONTRIBUTION VOLONTAIRE NOUS OFFRONS LA TRADUCTION SIMULTANÉE Un nouvel espoir souffle sur la Grèce ! Syriza, la coalition de la gauche radicale, fraichement élue a pris des mesures décisives dès sa première semaine au pouvoir pour rompre l’étau (...)
Rarement une victoire électorale, dans un petit pays comme la Grèce, n’aura soulevé autant d’intérêt à travers le monde. C’est que ce nouveau gouvernement s’est fait élire sur la promesse de renverser les pratiques économiques d’austérité que l’on reproduit un peu partout, y compris au Québec, sans se soucier de leur efficacité et de leurs effets sur la population. Ce qui se passera en Grèce nous concerne tous : une éventuelle réussite de Siryza montrera une fois de plus qu’il existe de sérieuses alternatives à l’austérité. Plusieurs ont fait remarquer que les Grecs avaient bien mérité les nombreux (...)
La dette a servi de prétexte dans tous les pays européens pour mener des politiques d’austérité drastiques qui ont amené l’Europe au bord de la déflation et qui ont eu des conséquences sociales dramatiques. La dette grecque est aujourd’hui au cœur de l’affrontement entre le nouveau gouvernement du pays et les institutions européennes. 1) D’ou vient-elle ? Quadruplant pendant la dictature des colonels entre 1967 et 1974, elle a continué à croître par la suite à cause de l’importance des dépenses militaires (4% du PIB, contre 2,4% en France) dont les entreprises européennes d’armement ont été les (...)
Le 13 septembre 2014, à l’occasion de l’exposition commerciale internationale annuelle de Thessalonique, le président de SYRIZA Alexis Tsipras a annoncé les mesures-phares que la Coalition de Gauche Radicale – SYRIZA – entend appliquer dès les premiers jours de son investiture au gouvernement de la Grèce, espérée, annoncée par les sondages d’opinion et rendue nécessaire par le désastre dans lequel, des gouvernements serviles de droite (Nouvelle Démocratie/LaOS) et de centre-gauche (PASOK et ses tristes épigones) coalisées, ont plongé le pays ces quatre dernières années néfastes en application (...)
“En Grèce, la classe dirigeante et les gouvernants détruisent la démocratie”, déclare au quotidien grec “Ef. Syn.” Eric Toussaint, professeur en sciences politiques et militant. Selon lui, seul un gouvernement déterminé et s’appuyant sur le peuple pourra obtenir une solution au problème de la dette. A ses yeux, SYRIZA ne doit pas se déplacer vers des positions modérées. -La Grèce semble rester au cœur de la crise de la dette. Vous avez déclaré que le peuple grec, tout en étant au cœur de la crise, constitue aussi l’épicentre de la solution à cette crise. Qu’entendez-vous par là ? Il est clair que (...)
Imaginez une scène d’un film dystopique qui décrirait notre société dans un futur proche. Des vigiles en uniforme patrouillent dans des centre-ville à moitié désertés traquant des immigrés, des délinquants et des sans-abri. Ceux qui tombent entre leurs mains sont maltraités. Ce qui apparaît comme une image fantaisiste tirée d’un film hollywoodien est la réalité de la Grèce d’aujourd’hui. A la tombée de la nuit, des nervis vêtus de noir du mouvement néofasciste et négationniste Aube Dorée – qui a obtenu 7% des voix aux dernières élections et le vote, dit-on, de la moitié des policiers athéniens – (...)
Entretien avec David Harvey David Harvey s’est trouvé en Grèce du 20 au 27 juin dans le cadre de la semaine qui lui était consacrée par les départements de géographie et d’urbanisme de l’université Harokopeion du Pirée. Il a accordé cet entretien, publié le 24 juin 2012, au quotidien grec de Syriza Avghi. Aux élections du 17 juin, Syriza est arrivé en deuxième position à l’échelle nationale mais il était en tête dans le grand Athènes, le principal centre urbain, où vit un peu moins de la moitié des habitants du pays. Comment expliquez-vous ce résultat compte tenu du fait que la droite était (...)
Il est évident que ces deux grandes plaies auraient pu être évitées si les dirigeants des deux parties politiques pro-américains n’avaient pas été infiltrés par la corruption. Cette richesse, produit du travail du peuple grec, était ainsi drainée vers les coffres-forts de pays étrangers. Les politiciens ont essayé de compenser cette fuite d’argent par un recours à des emprunts excessifs qui résultaient en une dette publique de 300 milliards d’euros, soit 130% du PNB (Produit National Brut). Par cette arnaque, les étrangers gagnaient doublement : d’une part, par la vente d’armes et de leurs (...)
À l’heure où ces lignes sont écrites, Loukas Papadémos vient de former le nouveau gouvernement dit « d’entente nationale » appelé à succéder à celui du démissionnaire Georges Papandréou. Il a fallu plusieurs jours de tergiversations et d’âpres négociations entre le PASOK (socialiste), toujours majoritaire au Parlement, et la Nouvelle Démocratie (ND, opposition de droite), sans oublier le rôle particulièrement actif de l’extrême droite du LAOS, pour arriver à ce résultat. Au final, un gouvernement dont les principaux portefeuilles économiques et sociaux restent aux mains du PASOK, la droite se (...)
Les comparaisons de l’exemple argentin avec l’effondrement grec sont désormais incontournables. Les analystes tentent d’évaluer si les mesures adoptées par le premier pays amélioreraient ou au contraire aggraveraient la situation du second. Cette évaluation s’étend généralement à d’autres nations de la périphérie européenne comme le Portugal et l’Irlande. Les mouvements sociaux sont eux préoccupés par autre chose : quel enseignement l’expérience latino-américaine peut-elle apporter dans la bataille contre l’ajustement ? Des sauvetages semblables La Grèce subit le même drame que l’Argentine une (...)
Face à la crise, la Grèce et l’Irlande ont adopté des programmes « de réforme » sous la cotutelle du FMI, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE). Ces programmes sont similaires à ceux imposés aux pays du Tiers-Monde après la crise de la dette extérieure de 1982. Même si l’expression n’apparaît pas en tant que telle dans les discours et dans les documents officiels, il s’agit de programmes d’ajustement structurel [1] (PAS) destinés à répondre au problème de l’endettement. Ces programmes d’inspiration néolibérale, dont les effets négatifs au Sud ont été largement mis en (...)
La convulsion dont souffre la Grèce ressemble beaucoup à ce qu’à vécu l’Argentine en 2001 lorsque l’augmentation de la dette a ravagé l’économie sud-américaine. Une partie de ce passif a augmenté du fait du cumul de dettes inexistantes qui finançaient la fuite de capitaux. Une autre portion a augmenté avec la spirale des intérêts et des refinancements et un dernier segment est apparu suite à l’absorption par l’Etat de faillites privées. Les pressions en faveur du paiement de cette dette odieuse ont forcé à la réorganisation néolibérale de l’économie imposée par le FMI à travers les privatisations, (...)
Nous sommes tous Grecs. PERCY BYSSHE SHELLEY, Hellas L’histoire de la civilisation grecque est très ancienne. Plus récemment, cette société a survécu à 400 ans d’une rude occupation turque et à la première guerre de libération nationale se terminant par la victoire partielle de 1831. Par la suite, les Grecs ont seulement eu quelques années de démocratie libérale puisque les régimes crypto-fascistes et totalitaires, l’occupation nazie, la guerre civile et les dictatures les ont dominés. Ce n’est qu’en 1980 qu’Andreas Papandréou est élu avec le premier gouvernement socialiste et instaure une (...)
Au moment où la classe politique britannique prétend que le mariage arrangé des conservateurs et des libéraux-démocrates – bonnet blanc et blanc bonnet – incarne la démocratie, nous préférons, quant à nous, nous inspirer de l’exemple grec. Il n’est guère surprenant de voir la Grèce présentée non pas comme un phare mais comme un “ pays poubelle ”, qui n’a eu que ce qu’il méritait, vu son “ secteur public pléthorique ” et “ sa manière d’arrondir les angles ” (L’Observer). La Grèce est hérétique parce que le soulèvement des gens ordinaires fournit un véritable espoir, contrairement à celui que l’on avait mis (...)
* Avant et après le 5 mai Malgré le succès de la mobilisation du 5 mai, la résistance sociale en Grèce peine à percer la censure médiatique. Quand ce n’est pas le mensonge, c’est le silence que les médias lui réservent, à l’image de l’éditorial de Libération le 6 mai dernier : « La spirale du pire. Une grève générale qui dégénère, une banque incendiée, trois victimes et des manifestations destinées à se poursuivre. » Les amalgames et les raccourcis trompeurs réussiront sans doute à disqualifier le mouvement social aux yeux de plusieurs. Il importe donc d’étudier la brève histoire du mouvement de (...)
Au moment où nous mettons sous presse, la Grèce est à la veille d’une cinquième grève générale depuis le 17 décembre dernier, convoquée le 20 mai, à l’appel des deux grandes centrales syndicales du public et du privé. L’épreuve de force s’installe dans la durée. Son issue sera décisive pour l’Europe toute entière. Au-delà du piquet du 5 mai devant la mission grecque à Genève, notre solidarité doit se poursuivre et s’intensifier. Après les Etats Baltes, la Grèce se trouve aujourd’hui exposée aux rigueurs extrêmes d’un Plan d’ajustement structurel, cette fois-ci sous la houlette combinée du FMI et de (...)
Ce qui se passe en Grèce nous concerne tous. La population paye une crise et une dette qui ne sont pas les siennes. C’est le tour du peuple grec, demain d’autres suivront tant les mêmes causes produiront les mêmes effets si nous nous laissons faire. D’abord et avant tout, exprimons notre solidarité pleine et entière à la population qui souffre d’un plan d’austérité sans précédent, doublé d’un mépris et d’une arrogance qui confinent au racisme. Les grèves, les manifestations sont légitimes, nous les soutenons. Ce n’est pas la crise du peuple grec, c’est la crise du système capitaliste mondial. Ce (...)
Dans la caractérisation de la dette grecque et dans les mots d’ordre la concernant, les associations et les partis des mouvements anticapitaliste et altermondialiste font preuve d’une grande prudence, confinant à la timidité. Je vais chercher à expliquer pourquoi le mot d’ordre qui s’impose aujourd’hui est la répudiation (terme meilleur qu’annulation) de sa dette par la Grèce. Avec le soutien des salariés de tous les pays d’Europe, les travailleurs et la jeunesse grecque pourraient parfaitement l’arracher. Le mot d’ordre vaut évidemment pour toutes les dettes publiques. Elle est la seule (...)
Cette fois, la gauche radicale et les mouvements sociaux avaient prédit l’avenir. Lorsque la Grèce est entrée dans la zone euro lors des célébrations de triomphe, nous avions averti que les énormes inégalités entre les économies développées d’Europe du Nord (comme en Allemagne) et les relativement faibles de l’ Europe du Sud (comme la Grèce), associées à un équilibre des forces politiques conservatrices, allaient inévitablement conduire à une pression énorme sur les salaires. Ne pouvant plus dévaluer la monnaie, et n’ayant pas de mécanisme européen pour compenser les différences énormes entre les (...)
Des subprime à l’effondrement des dominos européens Crise financière, les six étapes d’un désastre L’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé, mardi 27 avril, la dette souveraine grecque au rang d’obligation douteuse, et abaissé celle du Portugal. Le lendemain, l’Espagne entrait dans le collimateur – à qui le tour ? Dans les trois cas, l’agence dit fonder son appréciation sur les perspectives macroéconomique des pays concernés : une croissance faible ne leur permettrait pas d’acquitter leurs engagements. Mais quels facteurs assombrissent ainsi leur horizon économique ? On peut (...)

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