Brésil

Entretien publié d’abord sur le site de lemediapresse.fr Ce dimanche 28 octobre, Jair Bolsonaro, candidat du Parti social-libéral (PSL) est élu président de la République fédérative du Brésil. Après une campagne à rebondissement, il a battu Fernando Haddad, candidat du Parti du travailleur (PT) avec 55,1% des suffrages exprimés. Ce dernier avait dû remplacer tardivement l’ancien président Lula, emprisonné pour le scandale Petrobras, une décision de justice très controversée et contestée. Soutien de la dictature militaire et habitué des dérapages racistes, misogynes ou homophobes, le nouveau (...)
Tout allait raisonnablement bien jusqu’à une semaine avant le premier tour. Jair Bolsonaro, l’ex capitaine aux penchants fascistes maintenait une certaine avance dans les sondages, mais se voyait rattrapé par Fernando Haddad, le candidat de Lula, qui effectuait depuis quinze jours une remontée impressionnante. Parti d’à peine 4% des intentions de vote, il arrivait autour de 22% et se positionnait définitivement en deuxième place, après une campagne très courte, puisque le Parti de Travailleurs avait soutenu la candidature de Lula jusqu’au dernier moment possible. Mais, en une semaine, (...)
Ces derniers temps, est apparu avec force le terme de « judicialisation » de la politique aussi appelé la « lawfare », un phénomène de portée mondiale qui s’inscrit dans le cadre de la guerre de quatrième génération et des mécanismes dits de coups d’État doux. Dans le jeu de la politique, le capitalisme financier mondial a réussi à trouver de nouvelles méthodes lui permettant d’avancer sur des scénarios dans lesquels l’organisation populaire mettait un frein à ses plans économiques, sociaux et politiques. De quoi parlons-nous avec le Lawfare ? Ce terme d’origine militaire décrit des méthodes de (...)

L’emprisonnement de Lula, décrétée ce jeudi soir (5 avril) marque l’apothéose d’un coup d’Etat minutieusement préparé et mis en route depuis 2014. Les articles des grands médias en Europe ou en Amérique du Nord ne font que reproduire celles des 5 grands groupes de communication brésiliens, tous dans les mains de 5 grandes familles impliquées dans le coup d’Etat. Voici une chronologie explicative des évènements. Merci de le faire circuler de toute urgence. La situation au Brésil est des plus graves et demande la solidarité internationale.

Pendant quinze jours, les journaux et télévisions européens ont braqué leurs projecteurs sur le Brésil, pour commenter l’assassinat de Marielle Franco, une militante du PSOL [1], qui était devenue, à Rio de Janeiro, le symbole de la lutte pour le respect des droits de la communauté afro-brésilienne et le défenseur exemplaire de la population du « Complexo da Maré » [2]. En effet, ses dénonciations continuelles des activités paramilitaires des « Milicias » [3], des violences de la police et des abus des unités spéciales de la Police Fédérale, mettaient en cause les liens occultes existant dans l’État de Rio de Janeiro entre le pouvoir, les patrons, et les groupes paramilitaires.

Comme c’était une femme, et même très belle, les journalistes ont préféré les aspects personnels, la plupart du temps immortalisés par de splendides photos. Les grands médias sont ainsi parvenus à créer un personnage, sans cependant dire qu’il s’agit d’une militante historique du PSOL. C’est ainsi que la « grande presse » a pu ne pas expliquer pourquoi Marielle Franco avait choisi de militer au PSOL et non dans le PT de l’ex-président Lula, ou dans le PDT de Brizola ou dans le PSB !

Le 13e Forum social mondial, du 13 au 17 mars 2018, a marqué le retour de ce processus international au Brésil, pays où il a vu le jour. Il a été endeuillé par l’annonce de l’assassinat d’une conseillère municipale, proche des mouvements sociaux, à Rio de Janeiro. Ce crime est un indice de plus de la dérive antidémocratique que vit le plus grand pays d’Amérique latine depuis le renversement de Dilma Rousseff en 2016. Il a cependant été vécu par les participants au Forum comme une occasion d’éveil des consciences et de sursaut démocratique. La communauté internationale peut agir pour renforcer les droits humains au Brésil et ailleurs, en garantissant notamment la justice fiscale et un commerce respectueux des normes sociales et environnementales.

Le Forum social mondial (FSM) se tiendra du 13 au 17 mars dans la ville de Salvador de Bahia (Brésil), symbole de la résistance du peuple Noir au Brésil, face à l’esclavage puis au racisme. C’est le 13ème FSM depuis sa création en 2001 : des mouvements sociaux et organisations s’y retrouveront pour continuer de définir les contours d’(« un autre monde possible »). Voici l’appel en français. Le Forum social mondial (FSM) se tiendra du 13 au 17 mars dans la ville de Salvador de Bahia, symbole de la résistance du peuple Noir au Brésil, face à l’esclavage puis au racisme. La lutte contre le (...)
Les signataires du manifeste défendent aujourd’hui non seulement l’ancien Président Lula d’une condamnation injuste, mais aussi le maintien de la primauté de l’Etat du droit au Brésil. Pour la défense d’un état de droit et la préservation de la souveraineté populaire, il est essentiel que le pouvoir judiciaire soit indépendant, tout comme le législatif afin de garantir les décisions. Ce qui est évident dans un Etat de droit, c’est que tous les citoyens peuvent croire en une justice indépendante, impartiale et non-médiatique. C’est pourquoi la condamnation de Lula prévue pour le 24 janvier, (...)
Près d’un an après la destitution de Dilma Rousseff, les députés brésiliens ont délibéré, mercredi 2 août 2017, au sujet du président en poste, Michel Temer. Doit-il faire l’objet de poursuites judiciaires ? L’objet des accusations qui pèse contre lui est bien plus grave que pour l’ancienne présidente. Les députés ont pourtant décidé d’annuler les poursuites contre Michel Temer. L’Etat de droit brésilien est mis à mal par une impunité assumée au grand jour qui brise toute légitimité démocratique de ses représentants. Dans un cadre similaire à celui du 12 mai 2016 (ouverture de la procédure de (...)
Le Brésil est triste. Ils ont condamné Lula, emprisonné le peuple, incarcéré l’espoir. Ce n’est pas qu’un homme qu’ils ont condamné. Ni seulement un autre homme politique. Cette condamnation arbitraire, injuste et illégale de Lula, le meilleur président de l’histoire du Brésil, signifie l’emprisonnement des perspectives pour l’égalité sociale et des chances pour tous. Avec Lula, ils condamnent les rêves et les espoirs du peuple brésilien. Avec Lula, ils ont emprisonné la justice et la démocratie. Les habitants du Brésil, toujours exclus et entravés par ceux qui condamnent aujourd’hui son plus (...)
Appelons un chat un chat. Ce qui vient de se passer au Brésil, avec la destitution de la présidente élue, Dilma Rousseff, est un coup d’État. Coup d’État pseudo-légal, "constitutionnel", "institutionnel", parlementaire, tout ce qu’on voudra, mais coup d’État tout de même. Des parlementaires - députés et sénateurs - massivement compromis dans des affaires de corruption (on cite le chiffre de 60%) ont institué une procédure de destitution contre la présidente de la République du Brésil, Dilma Roussef, sous prétexte d’irrégularités comptables, de "pédalages fiscaux" pour combler les déficits dans les (...)
Pour la première fois depuis cinquante ans, l’hégémonie dans les rues brésiliennes appartient aujourd’hui à la droite. Peu avant le coup d’Etat de mars 1964, la droite prenait la tête des grandes manifestations contre le président progressiste João Goulart, comme ce fut le cas lors de la « Marche de la famille avec Dieu et pour la liberté », qui avait mobilisé près de 300 000 personnes à Sao Paulo. Sous la dictature, la gauche a gagné la rue. Dans l’opposition, elle a imposé des formes de protestation, des symboles et des discours qui ont consolidé son hégémonie jusqu’au 20 juin 2013. Ce jour-là a (...)
La possible fin du cycle de gauche en Amérique latine suscite d’importants débats depuis plusieurs mois déjà [1]. La récente défaite des chavistes aux élections législatives et celle des péronistes en Argentine semblent révélatrices d’une tendance. Ce creux de vague devrait attirer notre intérêt puisque des pays européens empruntent aujourd’hui une voie similaire à l’Amérique latine d’il y a une quinzaine d’années : des gouvernements de gauche sont élus par des peuples qui refusent les contraintes de l’austérité. Si l’Amérique latine fut un temps signe d’espoirs à gauche, les reculs d’aujourd’hui (...)
Un sentiment de tension constante semble être s’emparé de la vie politique brésilienne. Le plus inquiétant est le climat d’intolérance où les semences de la haine se propagent partout et la xénophobie se diffuse impunément. Ce climat de haine provient principalement de la droite. La Présidente Dilma Rousseff est la cible permanente d’une vaste campagne de déstabilisation. Réélue avec une marge de voix étroite (51,64% de voix) sa victoire a été considérée par l’opposition comme une défaite. En fait, les moyens de communication, radios et télés ont présenté une « victoire de justesse » comme une (...)
Poussée réactionnaire contre la présidente Dilma Roussef, malaise des mouvements sociaux coincés entre la lutte contre l’austérité et le risque d’un retour au pouvoir des franges les plus conservatrices de la droite brésilienne, scandale de corruption sur fond de bataille d’influence pour la privatisation de la rente pétrolière... La société brésilienne semble profondément divisée, alors que plusieurs centaines de milliers de manifestants ont demandé le 15 mars la destitution de la présidente de centre-gauche. Certains ont même appelé l’armée à réaliser un nouveau putsch. Mais que se passe-t-il au (...)
A quelques jours de la Coupe du monde de football, le pays est agité par des mouvements de contestation. Une des raisons en est la débauche d’argent dépensé pour des stades démesurés, quand pauvreté et inégalité sont toujours immenses. Voici un tour guidé de ces grands projets footballistiques inutiles. Mardi 22 avril, de violentes émeutes à Copacabana, au Brésil, ont opposé des jeunes des favelas et des policiers. Un homme serait mort au cours des manifestations, qui témoignent que, moins d’un an après l’agitation sociale de juin 2013, la société reste toujours en colère. En cause, notamment : (...)
La gestion du néolibéralisme par des régimes de centre gauche est un exerce incommode. La rhétorique gouvernementale s’obstine à peindre en rose le cadre d’un progrès social dans un contexte de développement économique. Mais la logique du modèle néolibéral finit par annuler les succès qui peuvent être engrangés. Le néolibéralisme n’est pas fait pour promouvoir le développement social. Le mythe du « miracle économique » du Brésil a fait fureur ces dernières années. Son taux de croissance du PIB a dépassé la moyenne de l’Amérique latine et le développement des exportations lui a permis de maintenir une (...)
Le monde sait depuis quelques temps que les services de sécurité canadiens sont impliqués dans l’espionnage industriel contre le Brésil et sans doute contre d’autres pays. Pour le gouvernement de Stephen Harper, ces pratiques s’inscrivent bien dans une certaine vision du monde. La réorientation de la politique extérieure Élu en 2007, Stephen Harper qui s’était fait connaître préalablement pour sa féroce dénonciation du « neutralisme » du gouvernement canadien lors de l’invasion américaine de l’Irak, voulait non seulement que le Canada participe aux interventions illégales, mais qu’il réoriente (...)
La contestation populaire qui a agité le Brésil en juin dernier a marqué les esprits par son caractère spontané et son ampleur inédite. À l’origine un mouvement dédié à la lutte contre l’augmentation des tarifs des transports publics, il s’est rapidement transformé en un ras-le-bol généralisé. Retour sur un mouvement social en réorganisation. À la source du mécontentement réside un facteur clé : les inégalités sociales. Le Brésil reste encore et toujours l’un des pays les plus inégalitaires au monde, au 143e rang sur 156 selon la Banque Mondiale. Pourtant, l’extrême pauvreté a beaucoup diminué depuis (...)
La mobilisation qui se déroule actuellement au Brésil interpelle par son ampleur et son apparente spontanéité. Les médias nationaux et internationaux, ainsi que les partis politiques et les organisations du mouvement social s’accordent tous à dire qu’il s’agit de la mobilisation la plus importante depuis le mouvement exigeant la destitution du Président Collor, accusé de corruption, en 1992. Certains ont également fait le parallèle avec le mouvement pour des élections présidentielles directes en 1984 qui a précipité la chute de la dictature militaire, ou les mouvements contre la vie chère dans (...)
Le mouvement qui a commencé comme résistance à l’augmentation des tarifs du transport, a été inédit et surprenant. Qui croirait en détenir toutes les clefs, dimensions et projections futures, réduirait inmanquablement ce phénomène et forcerait la réalité à entrer dans des schémas pré-établis, pour justifier des arguments pro domo, sans rendre compte du caractère multifacétique et surprenant des mobilisations. Pour l’heure nous nous contenterons de tirer quelques conclusions qui nous semblent claires. 1. L’annulation de l’augmentation (des titres de transport ) démontre la force des mobilisations (...)
Depuis août 2012, les paysan-ne-s de l’État de Rio Grande do Norte, au Nord-Est du Brésil, sont menacés d’expropriation afin de faire place à un périmètre d’irrigation pour un projet de fruiticulture. Les efforts d’organisation, de conscientisation et d’autogestion de projets individuels et collectifs en cours depuis une douzaine d’années risquent ainsi de disparaître en un coup de vent. Principalement grâce aux femmes et aux mouvements féministes, ces projets ont eu un impact positif sur les relations sociales intégrées à l’écologie du lieu. L’agro-industrie ne peut qu’être dévastatrice sur de (...)
Le 3 septembre dernier, Marina Silva, ministre de l’environnement sous Lula da Silva de 2003 à 2008 était de passage à Montréal pour donner une conférence dans le cadre de l’assemblée mondiale CIVICUS. Elle a profité de cette tribune pour se montrer très critique face à l’inaction des États présents à la Conférence Rio +20. « Le document final, Le futur que nous voulons, était une sorte de rupture inacceptable sur les avancées progressives que nous avions eu depuis 1992 », a-t-elle décrié en tournant le titre de l’accord en dérision. La Conférence Rio +20 aura pour elle été une triple faillite : (...)
Dans une banlieue populaire au nord de Rio de Janeiro, une coopérative a bouleversé la vie des habitantes. Des terres en friche sont cultivées par une vingtaine de familles volontaires. Rotation des cultures, diversité biologique, compost, économies d’eau, banque de semences, refus des engrais chimiques et des OGM sont autant de pratiques désormais partagées. Les femmes à l’initiative du projet ont reconquis leur autonomie. Reportage vidéo. Un reportage photos a initialement été publié sur le site d’infos indépendant Basta ! « Respecter les sols, pour nous, c’est très important parce qu’il (...)
Les Amériques viennent de connaître deux événements : au Sud, l’élection de Dilma Rousseff à la présidence du Brésil avec 56% des voix qui succédera à Luiz Ignacio Lula da Silva au mois de janvier prochain, et au Nord, le revers électoral subi par Barack Obama lors du scrutin dit de mi-mandat. Au Brésil, le weekend dernier, une majorité d’électeurs ont exprimé leur joie même si certains craignent une possible « dérive » au nom de la crise tandis que mercredi aux Etats-Unis, les pires forces réactionnaires et racistes hurlaient leur satisfaction de la « raclée » qu’ils venaient de donner à Barack (...)
Transiter de la guérilla urbaine, suivant les thèses révolutionnaires de Carlos Marighella et de Carlos Lamarca de 1964 à 1972, à la présidence du Brésil en 2010 par la voie électorale est un cheminement singulier. Surtout à un moment où les forces de l’empire essaient de confisquer les consciences, soit en sous-traitant aux puissances émergentes la politique extérieure de soumission et d’exploitation des peuples, soit en utilisant leurs machines de propagande pour présenter les combattants qui ont choisi de prendre les armes dans la lutte contre l’oppression comme des terroristes. Le langage (...)
Second tour ou pas second tour ? C’était LA question que journalistes, commentateurs politiques et simples citoyens se posaient avant que les 135 millions d’électeurs qui composent le Brésil ne se rendent aux urnes dimanche. Dilma Rousseff, la candidate du PT, allait-elle réussir là où même le grand Lula, son modèle et mentor, avait échoué : se faire élire président(e) de la république fédérale du Brésil dès le premier tour de scrutin ? Le verdict est donc tombé : avec quasiment 46,9% des voix (soit près de 48 millions de votants), Dilma l’élève ne sera pas parvenue à dépasser Lula le maître. Pis, (...)
En 2002, le Brésil surprend le monde en élisant à la présidence de la république un ouvrier syndicaliste. Luiz Inácio Lula da Silva, fondateur et chef du Parti des travailleurs (PT) est en effet emblématique d’un grand mouvement populaire qui a déstabilisé la dictature au tournant des années 1980. Par la suite, le PT monte à l’assaut du ciel pour contester le pouvoir historiquement dans les mains de grands caciques venant de l’élite. Peu à peu, la gauche progresse, d’abord en conquérant plusieurs grandes villes où des expérimentations de gestion municipales inédites ancrent le PT et créent de (...)
Ils représentent 40% de la population du monde, 15% de son produit intérieur brut, mais surtout 50% de la croissance économique actuelle. Ce sont les Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine), qui se sont réunis jeudi en sommet à Brasilia et qui sont unis sur au moins un objectif : casser le monopole occidental sur la gestion des affaires planétaires. De fait, le premier à avoir pensé à réunir ces quatre pays n’est pas un stratège altermondialiste, mais une banque d’affaires, Goldman Sachs, qui, en 2003, conçoit l’acronyme et le concept de ces quatre économies émergentes qui méritaient que les (...)

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