Brésil

Entamé par M. Fernando Collor de Mello en 1990, le cycle des gouvernements néolibéraux du Brésil pourrait bien se terminer avec la fin du second mandat de M. Fernando Henrique Cardoso. Quel que soit son successeur, celui-ci recevra, outre l’héritage d’une économie fragile, un pays qui a changé dans certains de ses aspects les plus fondamentaux. Il devra probablement abandonner un modèle économique épuisé, qui requiert des changements significatifs. Ce que l’élection présidentielle du 6 octobre va définir, c’est la direction dans laquelle auront lieu ces changements si le pays ne veut pas répéter la dramatique crise argentine.

Même si elle se déroule à des milliers de kilomètres, la guerre en Irak suivit de son occupation par les troupes anglo-américaines risquent d’avoir des répercussions non négligeables en Amérique du Sud.

Brésil, Espagne, Portugal, Colombie, Venezuela, et enfin, le Québec. Avant de décoller vers Montréal, Maria Apparecida de Almeida, docteure en linguistique, a pris son élan. Cela fait maintenant 30 ans qu’elle enseigne le chant des langues latines.

La crise mondiale nous pousse à réfléchir mais elle nous amène également à quelque élucubration. La guerre actuelle se situe dans la logique de l’impérialisme global américain. Et elle peut donner lieu à des processus qui, peut-être, seront incontrôlables, et à des catastrophes dont les conséquences seraient terribles pour l’avenir de Gaïa, et pour celui de ses enfants. Afin d’étayer ces conjectures, je voudrais citer deux respectables experts de la politique mondiale, l’un, libéral, Samuel P. Huntington, et l’autre, marxiste, Eric J. Hobsbawm.

Rio de Janeiro - As Luis Inacio Lula da Silva enters his third month as president of Brazil he enjoys popular approval ratings approaching eighty percent. His "Zero Hunger" program has begun with pilot projects around the country, and as promised in his electoral campaign, he has set up councils comprised of members of civil society to make recommendations on key policy issues.

Le 30 janvier, le nouveau gouvernement brésilien lançait son ambitieux programme Faim Zéro sur les deux grandes chaînes de télévision du pays. « La faim est aujourd’hui un fléau mondial qui touche des milliards d’êtres humains à travers la planète. Nous, Brésiliens et Brésiliennes, nous avons l’obligation de faire notre part », a alors affirmé le président Luis Inácio Lula da Silva. Ce avec quoi est bien d’accord Frei Betto, l’un des conseillers spéciaux de Faim Zéro, avec qui nous nous sommes entretenue.

« Parce que toute l’Amérique latine et les mouvements sociaux du monde entier nous regardent, et parce que nous portons l’espoir de l’ensemble des forces progressistes : nous n’avons pas le droit d’échouer ! » a déclaré Lula, le nouveau président du Brésil, lors de son discours prononcé devant les participants du troisième Forum social mondial (FSM), qui s’est déroulé du 23 au 28 janvier à Porto Alegre. Ils étaient plus de 60 000 à être venus l’entendre. Plus que jamais, ils y croient.

Porto Alegre - Avec l’élection de Lula au Brésil, dont on pourrait dire qu’il est un peu comme le président honorifique du Forum social mondial, le FSM et l’ensemble du mouvement progressiste sentent bien que nous entrons dans une nouvelle ère.

Les militants d’Amérique latine, les syndicalistes, les intellectuels, qui constituent la majeure partie des délégués au Forum social mondial, marchent littéralement sur un nuage. L’élection de Lula da Silva, que tout le monde appelle Lula, les a dopés.

Chaque fois qu’il rencontre un visiteur étranger, Eduardo Macunso, responsable des relations internationales de la ville de Porto Alegre, lui offre un verre d’eau aux couleurs de la ville et lance en riant : « C’est l’eau de la ville, de l’eau populaire, démocratique et absolument pure. » La qualité de l’eau, pour lui, illustre le mieux la transformation de cette ville qui était complètement délabrée quand le Parti des travailleurs a pris le pouvoir en 1989. En fait la ville était en faillite.

Porto Alegre, Brésil - Ils seront cent mille, cent mille gauchistes utopistes qui se réuniront ici à compter du 23 janvier, venus des cinq continents pour participer au troisième Forum social mondial, l’organisation phare et symbolique de cette nouvelle société civile qui prétend pouvoir faire de la politique autrement, de la politique pour et par les citoyens.

Luis Inacio da Silva, mieux connu sous le nom de Lula, vient d inaugurer, en assumant la présidence du Brésil, une nouvelle ère pour ce pays de 178 millions d’habitants. Les défis sont gigantesques à tous les niveaux, social, économique, politique. A court terme de plus, le nouveau président doit s’assurer d’une majorité fonctionnelle au sein du Congrès où son parti, le Parti des travailleurs (PT), reste minoritaire, même si c’est le Parti qui détient le plus grand nombre de députés.

Du 7 au 10 septembre dernier, plus de 10 millions de Brésiliens et Brésiliennes ont voté lors d’un référendum populaire portant sur la ZLÉA. 98 % d’entre eux ont dit NON.

En octobre prochain, le Brésil retourne aux urnes. C’est une méga élection, qui concerne à la fois la présidence, le Parlement et les États. Bref un processus qui risque de chambarder l’ensemble de l’échiquier politique dans ce pays clé d’Amérique du Sud.

La plupart des organisations québécoises qui luttent contre la mondialisation doutent de l’efficacité réelle qu’aura le nouvel Observatoire de la mondialisation, créé par le gouvernement du Québec en février dernier. Certains estiment que le projet va stagner au stade de la bonne intention. D’autres craignent que l’État récupère les revendications de la société civile pour mieux les contrôler.

Au Brésil, la population hésite : il y a la joie des victoires remportées par l’équipe nationale dans le cadre de la Coupe du Monde ; il y a aussi l’angoisse quotidienne devant une crise économique et sociale qui ne cesse de s’amplifier. Le paradoxe est frappant, car dans ce pays qu’on dit « émergeant » (dans le langage de la Banque mondiale), plus de 40 millions de personnes ont faim : c’est de loin pire que la pauvreté « ordinaire », qui touche un autre 100 millions de Brésiliens

Plus d'articles :  1 | 2 | 3 | 4 | 5

Thèmes

Je m’abonne

Recevez le bulletin mensuel gratuitement par courriel !

Je soutiens

Votre soutien permet à Alternatives de réaliser des projets en appui aux mouvements sociaux à travers le monde et à construire de véritables démocraties participatives. L’autonomie financière et politique d’Alternatives repose sur la générosité de gens comme vous.

Je contribue

Vous pouvez :

  • Soumettre des articles ;
  • Venir à nos réunions mensuelles, où nous faisons la révision de la dernière édition et planifions la prochaine édition ;
  • Travailler comme rédacteur, correcteur, traducteur, bénévole.

514 982-6606
jda@alternatives.ca