Crise financière

Alors que la mondialisation, depuis le début de la crise économique de 2008, montre des signes de faiblesse, notamment par les inégalités qu’elle engendre et par la grave crise écologique que le monde traverse, certains-es ont une idée bien différente de ce que pourrait être le système économique et social mondial. Un système basé sur la coopération, l’écologie et la justice sociale, plutôt que sur la production et la croissance infinie. Ces personnes sont les adeptes de la décroissance. Et si leur discours parait utopique, ils et elles voient en ces temps de crise économique un incroyable moyen (...)
« La pensée économique néoclassique est une malédiction pour le monde actuel. » Samir Amin, 81 ans, n’est pas tendre pour plusieurs de ses collègues économistes. Et encore moins pour la politique des gouvernements. « Economiser pour réduire la dette ? Des mensonges délibérés » ; « Régulation du secteur financier ? Des phrases creuses. » Il nous livre son analyse au scalpel de la crise économique. (revue Solidaire) Oubliez Nouriel Roubini, alias Dr Doom, l’économiste américain devenu célèbre pour avoir prédit en 2005 le tsunami du système financier. Voici Samir Amin, qui avait déjà annoncé la crise (...)
Comme on pouvait s’y attendre, tous les dignitaires présents et passés des institutions européennes ont bruyamment salué l’attribution du prix Nobel de la paix à l’Union européenne (UE). Elle leur a permis, au moins pendant quelques jours, de se re-légitimer face à des opinions publiques de plus en plus eurosceptiques. Peine perdue : ces opinions sont largement restées indifférentes ou goguenardes, et parfois scandalisées, tant cette opération de communication leur paraissait à mille lieues de leur réalité vécue des politiques de l’UE. Et encore les médias ont-ils été relativement discrets sur (...)
Lors d’un entretien[1] donné en février 2010 au sujet de la crise en Europe, le sociologue Alain Touraine déclarait que l’important si l’on veut n’est pas de redresser l’économie mais d’être capable de dire quelles sont nos orientations en termes de valeurs afin de « réanimer le vide social ». Il ajoutait que nous avons besoin d’une vision complètement novatrice qui fasse table rase du passé. Dans ce contexte, qu’en est-il revendications entendues dans les rues européennes ? La contestation espagnole, grecque, et islandaise des derniers mois signale-t-elle la présence de mouvements sociaux d’un (...)
Imaginez une scène d’un film dystopique qui décrirait notre société dans un futur proche. Des vigiles en uniforme patrouillent dans des centre-ville à moitié désertés traquant des immigrés, des délinquants et des sans-abri. Ceux qui tombent entre leurs mains sont maltraités. Ce qui apparaît comme une image fantaisiste tirée d’un film hollywoodien est la réalité de la Grèce d’aujourd’hui. A la tombée de la nuit, des nervis vêtus de noir du mouvement néofasciste et négationniste Aube Dorée – qui a obtenu 7% des voix aux dernières élections et le vote, dit-on, de la moitié des policiers athéniens – (...)
Entretien avec David Harvey David Harvey s’est trouvé en Grèce du 20 au 27 juin dans le cadre de la semaine qui lui était consacrée par les départements de géographie et d’urbanisme de l’université Harokopeion du Pirée. Il a accordé cet entretien, publié le 24 juin 2012, au quotidien grec de Syriza Avghi. Aux élections du 17 juin, Syriza est arrivé en deuxième position à l’échelle nationale mais il était en tête dans le grand Athènes, le principal centre urbain, où vit un peu moins de la moitié des habitants du pays. Comment expliquez-vous ce résultat compte tenu du fait que la droite était (...)
La grève générale du 22 mars au Portugal a renforcé la lutte contre la Troïka et le gouvernement de droite PSD-CDS. Le 22 mars, les ouvriers portugais ont été appelés à la première grève générale de l’année. Contrairement à la dernière, en novembre dernier, la grève n’a été appelée que par la centrale syndicale CGTP, l’UGT ayant cette fois choisi de ne pas la soutenir. La direction de l’UGT a ainsi signé un accord avec le gouvernement de droite (PSD/CDS) et le patronat, qui a mis en place de nouvelles attaques contre les salaires et les droits sociaux. En désaccord avec cette orientation, près de vingt (...)
Les récentes manifestations qui ont frappé l’Espagne ne sont que la démonstration de la frustration montante d’une partie de la population envers une société qui dénie l’équité pour ces citoyens. Des milliers ont été rendus plus vulnérables, se retrouvent sans travail, sans domicile fixe, et sont enclins à l’exclusion sociale. Certes, leur situation a été exacerbée par la crise. Il n’en reste pas moins que le problème est le résultat de plusieurs années de mauvaise gestion politique et d’une série de décisions économiques. Ces dernières ont ignoré le bien commun de toute une portion de citoyens et (...)
Il est évident que ces deux grandes plaies auraient pu être évitées si les dirigeants des deux parties politiques pro-américains n’avaient pas été infiltrés par la corruption. Cette richesse, produit du travail du peuple grec, était ainsi drainée vers les coffres-forts de pays étrangers. Les politiciens ont essayé de compenser cette fuite d’argent par un recours à des emprunts excessifs qui résultaient en une dette publique de 300 milliards d’euros, soit 130% du PNB (Produit National Brut). Par cette arnaque, les étrangers gagnaient doublement : d’une part, par la vente d’armes et de leurs (...)
Du 24 au 29 janvier 2012, la ville de Porto Alegre (Brésil) était hôtesse d’un Forum social thématique organisé notamment en préparation au Sommet des peuples de Rio + 20, une rencontre de la société civile mondiale qui se tiendra parallèlement à la Conférence des Nations Unies Rio +20 en juin 2012 à Rio de Janeiro au Brésil. Si, après les échecs évidents des négociations des Nations Unies sur les changements climatiques, la rencontre de Rio est attendue avec l’espoir qu’elle permette une nouvelle ouverture, elle est aussi, et peut-être surtout, attendue avec appréhension. En effet, tout indique (...)
À l’heure où ces lignes sont écrites, Loukas Papadémos vient de former le nouveau gouvernement dit « d’entente nationale » appelé à succéder à celui du démissionnaire Georges Papandréou. Il a fallu plusieurs jours de tergiversations et d’âpres négociations entre le PASOK (socialiste), toujours majoritaire au Parlement, et la Nouvelle Démocratie (ND, opposition de droite), sans oublier le rôle particulièrement actif de l’extrême droite du LAOS, pour arriver à ce résultat. Au final, un gouvernement dont les principaux portefeuilles économiques et sociaux restent aux mains du PASOK, la droite se (...)
Membre d’ATTAC (France) et du Transnational Institute (Pays-Bas), Susan George, militante altermondialiste de longue date, signe ici un nouvel ouvrage contribuant à construire une alternative à la mondialisation néolibérale dans laquelle nous vivons. Après Un autre monde est possible si… (Fayard, 2004), qui visait la consolidation du mouvement pour une autre mondialisation, Leurs crises, nos solutions a pour objectif de fournir des pistes concrètes afin de sortir du néolibéralisme qui, avec la profonde crise qui nous affecte, vient une nouvelle fois de prouver son caractère socialement et (...)
Pedro Paez, économiste équatorien nommé par Rafael Correa pour impulser la Banco del Sur (Banque du Sud) et la monnaie unique pour la région, signale les intérêts occultes derrière la crise, provoquée par les mêmes qui aujourd’hui définissent les politiques d’ajustement. Le gouvernement d’Equateur a été un des précurseurs de la nécessité de construire une nouvelle architecture financière pour la région. Pedro Paez Perez, économiste équatorien étroitement lié à Rafael Correa, a participé activement à cette construction, d’abord à partir des charges qu’il occupa dans le gouvernement de Quito et (...)
Dix ans après les attentats du 11-Septembre et trois ans après la faillite de la banque Lehman Brothers, quelles sont les caractéristiques du nouveau système-monde ? La norme actuelle ce sont les séismes. Des séismes climatiques, des séismes financiers et boursiers, des séismes énergétiques et alimentaires, des séismes communicationnels et technologiques, des séismes sociaux, des séismes géopolitiques comme ceux provoqués par les insurrections de l’éveil arabe... Autre caractéristique dominante : l’absence de visibilité générale. Des évènements imprévus font brutalement irruption sans que nul, (...)
Le spectacle actuellement offert par les gouvernements européens et par celui des Etats-Unis est humiliant pour eux, mais il est surtout ravageur pour la démocratie. Quand ils voient les dirigeants de grands pays étaler publiquement leur impuissance face aux agences de notation et aux détenteurs de capitaux, les citoyens en sont conduits à se demander si les élections ont encore un sens. A la question de savoir « qui gouverne ? », la réponse n’est plus en effet « les présidents ou les premiers ministres », mais de toute évidence « les marchés financiers ». Malgré quelques dénonciations (...)
Les divers problèmes de dette souveraine surprennent autant qu’ils font peur. La Grèce, avec une dette de près de 400 milliards d’euros (570 milliards de dollars canadiens), 40 fois moins élevée que celle des USA et ne représentant « que » 140% de son PIB contre 200% pour le Japon en est un exemple révélateur. Ces derniers mois, la Grèce s’est littéralement contrainte à une politique d’austérité, gelant ou réduisant de nombreuse fois les salaires, coupant dans les services publics, de santé et d’éducation. D’un point de vue économique on peut expliquer que cette différence de traitement dans (...)
Le Portugal connaît la plus grande crise de son histoire depuis 30 ans. Après 6 ans au pouvoir, le premier ministre social-démocrate José Sócrates a donné, le 23 mars 2011, sa démission, suite au rejet du parlement de son quatrième plan d’austérité (Le quatrième programme de stabilité et de croissance (PEC IV)) Jusqu’alors, le gouvernement social-démocrate avait eu le soutien du PSD, principal parti d’opposition (de droite équivalent du PLR en Suisse) dans les différentes votations au parlement pour faire passer ses plans d’austérité. Mais cette fois-ci, le PSD s’est joint au Parti communiste, (...)
Face à la crise, la Grèce et l’Irlande ont adopté des programmes « de réforme » sous la cotutelle du FMI, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE). Ces programmes sont similaires à ceux imposés aux pays du Tiers-Monde après la crise de la dette extérieure de 1982. Même si l’expression n’apparaît pas en tant que telle dans les discours et dans les documents officiels, il s’agit de programmes d’ajustement structurel [1] (PAS) destinés à répondre au problème de l’endettement. Ces programmes d’inspiration néolibérale, dont les effets négatifs au Sud ont été largement mis en (...)
Du 20 au 22 septembre 2010, les Nations unies évaluent à New-York l’état d’avancement des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) adoptés dix ans plus tôt. Ces objectifs, censés être atteints en 2015, portent sur les principaux enjeux sociaux du développement. Toutefois, malgré certains progrès, la plupart des objectifs ne seront pas atteints et seule la cible concernant la réduction de moitié de l’extrême pauvreté dans le monde est susceptible d’être atteinte en 2015. Et encore cela n’est-il rendu possible que suite aux résultats enregistrés par la seule Chine, sans quoi le nombre de (...)
Cette conférence a été prononcée devant une session spéciale de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 15 septembre 2010 |1|. I. En dépit du fait que les objectifs du millénaire soient démesurément modestes, ils ne seront même pas atteints. Au niveau mondial la réduction limitée du pourcentage de la population vivant avec moins de 1,25 dollars par jour résulte de l’évolution en Chine et en Inde |2| , pays qui n’ont pas appliqué le consensus de Washington. L’humanité a les possibilités matérielles de garantir à chaque être humain le respect des droits humains fondamentaux bien au-delà (...)
Avec la crise financière une évidence s’impose, les pays européens et les Etats-Unis sont engagés dans une sorte de récession apparente qui occasionne une baisse de leurs croissances économique, ce qui pourrait être considérée comme une forme de décroissance. Pourtant les grandes multinationales n’ont jamais dégagé autant de bénéfices et affichent des santés financières fleurissantes. Ce paradoxe s’explique avec la mondialisation qui a déplacée la croissance vers certains pays émergeants, en particulier la Chine et l’Inde, et probablement à un niveau moindre au Brésil. Donc se faux-semblant de (...)
La crise actuelle est une crise extrêmement profonde. La réaction des gouvernements est finalement assez claire : ils parent au plus pressé pour éviter les catastrophes, se soumettent au caprice des marchés sans jamais chercher à les contrôler et préparent les ajustements nécessaires pour revenir dès que possible au business as usual. La profondeur de la crise est telle qu’ils ne disposent pas de réelle alternative à la version néo-libérale du capitalisme qu’ils ont mise en place. Les plans d’austérité qui s’annoncent, sont et seront d’une grande violence et ne pourront que durcir les traits (...)
La crise que traversent certains pays méditerranéens - Grèce, Portugal et Espagne- ainsi que l’Irlande est attribuée aux dépenses publiques excessives de ces pays, ce qui aurait créé un déficit élevé et une dette publique monumentale, obstacles qui entravent sérieusement leur reprise économique. De là les recettes que le FMI, la Banque centrale européenne (BCE) et le Conseil de l’Europe imposent à ces pays : il faut se serrer la ceinture et réduire le déficit et la dette publique d’une manière radicale. Il est surprenant que cette explication ait atteint la dimension d’un dogme -le dogme libéral (...)
La présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Claudette Carbonneau, presse le premier ministre Harper d’éviter de faire dérailler l’ordre du jour du sommet du G20 qui se tient à la fin du mois à Toronto. Madame Carbonneau accompagnera cet après-midi une délégation comprenant des membres de la Confédération syndicale internationale (CSI), de la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC), des Global Unions et du Congrès du travail du Canada (CTC), à une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper. Une déclaration syndicale internationale adoptée en prévision (...)
Le dernier rassemblement du G20 à Pittsburgh, l’automne dernier, s’est terminé sur une note positive. Le communiqué final affirmait que les pays du G20 avaient fait « tout ce qui était nécessaire pour assurer la reprise » et que cela « avait marché ». Depuis, la croissance est si faible qu’elle ne parvient pas régler le problème du chômage. Et les États sont désormais si endettés qu’ils arrivent difficilement à répondre aux demandes de leurs citoyens. En ce sens, les difficultés vécues aujourd’hui en Grèce ressemblent davantage à l’exacerbation d’un problème vécu par de nombreux pays qu’à un cas (...)
Nous sommes tous Grecs. PERCY BYSSHE SHELLEY, Hellas L’histoire de la civilisation grecque est très ancienne. Plus récemment, cette société a survécu à 400 ans d’une rude occupation turque et à la première guerre de libération nationale se terminant par la victoire partielle de 1831. Par la suite, les Grecs ont seulement eu quelques années de démocratie libérale puisque les régimes crypto-fascistes et totalitaires, l’occupation nazie, la guerre civile et les dictatures les ont dominés. Ce n’est qu’en 1980 qu’Andreas Papandréou est élu avec le premier gouvernement socialiste et instaure une (...)
La crise politique que traverse la Thaïlande et qui s’est soldée par la mort d’au moins 85 personnes et près de 2000 blessés, la plupart des civils, n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Olivier Evrard, ethnologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), et Danielle Sabai, journaliste indépendante, décryptent les raisons profondes du conflit. Certains commentateurs se sont étonnés de telles violences dans une Thaïlande réputée pacifique et se demandent ce qu’est devenue la « culture Thaï » du consensus. C’est méconnaître la réalité d’un pays qui a été régulièrement (...)
Au moment où la classe politique britannique prétend que le mariage arrangé des conservateurs et des libéraux-démocrates – bonnet blanc et blanc bonnet – incarne la démocratie, nous préférons, quant à nous, nous inspirer de l’exemple grec. Il n’est guère surprenant de voir la Grèce présentée non pas comme un phare mais comme un “ pays poubelle ”, qui n’a eu que ce qu’il méritait, vu son “ secteur public pléthorique ” et “ sa manière d’arrondir les angles ” (L’Observer). La Grèce est hérétique parce que le soulèvement des gens ordinaires fournit un véritable espoir, contrairement à celui que l’on avait mis (...)
* Avant et après le 5 mai Malgré le succès de la mobilisation du 5 mai, la résistance sociale en Grèce peine à percer la censure médiatique. Quand ce n’est pas le mensonge, c’est le silence que les médias lui réservent, à l’image de l’éditorial de Libération le 6 mai dernier : « La spirale du pire. Une grève générale qui dégénère, une banque incendiée, trois victimes et des manifestations destinées à se poursuivre. » Les amalgames et les raccourcis trompeurs réussiront sans doute à disqualifier le mouvement social aux yeux de plusieurs. Il importe donc d’étudier la brève histoire du mouvement de (...)
Au moment où nous mettons sous presse, la Grèce est à la veille d’une cinquième grève générale depuis le 17 décembre dernier, convoquée le 20 mai, à l’appel des deux grandes centrales syndicales du public et du privé. L’épreuve de force s’installe dans la durée. Son issue sera décisive pour l’Europe toute entière. Au-delà du piquet du 5 mai devant la mission grecque à Genève, notre solidarité doit se poursuivre et s’intensifier. Après les Etats Baltes, la Grèce se trouve aujourd’hui exposée aux rigueurs extrêmes d’un Plan d’ajustement structurel, cette fois-ci sous la houlette combinée du FMI et de (...)

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