Dette

Les Etats font faillite, mais ils ne peuvent pas être… abolis. Ils survivent et, suite à leur « faillite », soit ils sont acculés à continuer de rembourser leur dette en épuisant la majorité laborieuse, soit ils dénoncent la dette publique et font le choix de la rupture et du conflit avec le système usurier capitaliste. Les entreprises par contre, quand elles font faillite, elles ferment. Sauf si l’Etat ou les banques (ou les deux) décident de les garder en vie malgré leur faillite. Dans ce cas, le prolongement de leur vie est « payé » par les salarié·e·s avec des licenciements, une intensité (...)
La dette a servi de prétexte dans tous les pays européens pour mener des politiques d’austérité drastiques qui ont amené l’Europe au bord de la déflation et qui ont eu des conséquences sociales dramatiques. La dette grecque est aujourd’hui au cœur de l’affrontement entre le nouveau gouvernement du pays et les institutions européennes. 1) D’ou vient-elle ? Quadruplant pendant la dictature des colonels entre 1967 et 1974, elle a continué à croître par la suite à cause de l’importance des dépenses militaires (4% du PIB, contre 2,4% en France) dont les entreprises européennes d’armement ont été les (...)

La dette ? Une construction sociale, fondatrice d’un pouvoir arbitraire, estime David Graeber, anthropologue et économiste états-unien, considéré par le New York Times comme l’un des intellectuels les plus influents actuellement. Les pays pauvres et les personnes endettées sont aujourd’hui enchainés aux systèmes de crédit. Piégés dans des relations basées sur la violence, les inégalités et justifiées par la morale, décrit l’auteur, dans un ouvrage qui retrace 5000 ans d’histoire de la dette. « Rembourser ses dettes » est devenu un dogme, impossible à contester. Et si, malgré tout, on décidait d’effacer l’ardoise ? Avec le mouvement Occupy Wall Street, David Graeber lance des actions de désobéissance civile pour démontrer l’absurdité du système capitaliste actuel. Entretien de Basta Mag !

Alors que l’ampleur des dettes publiques sert de justification à toute une série de régressions sociales en Europe, de plus en plus de mouvements sociaux cherchent à se réapproprier ce débat en prenant exemple sur des expériences menées en Amérique Latine ou en Afrique. Leur point de ralliement : la création de « comités d’audit citoyen » chargés de faire la lumière sur l’origine de ce surendettement et au besoin, d’en appeler à la répudiation pure et simple de sa portion "illégitime". Du 15 au 18 février dernier, Thessalonique a accueilli la troisième rencontre du Réseau international pour un (...)
Comme le dénonce un appel lancé par des femmes maliennes, la situation dramatique du Mali doit ouvrir les yeux sur une réalité terrible qui se vérifie dans d’autres pays en conflit : les violences faites aux femmes sont instrumentalisées pour justifier l’ingérence et les guerres de convoitise des richesses de leurs pays. Nous condamnons sans réserve les violations des droits humains par les groupes armés qui contrôlent la partie Nord du Mali. Nous sommes aux côtés des femmes et de toutes les victimes d’abus. Nous dénonçons également l’intervention militaire que mène la France depuis le 10 (...)
Sauf pour les économistes et autres technocrates obnubilés par les taux de croissance du PIB, la situation du peuple sénégalais en particulier et des peuples africains en général demeure dramatique. Cette situation ne s’explique pas par une quelconque fainéantise ou désorganisation « naturelle » des peuples de ce continent, mais bien par une longue tradition de pillage, d’exploitation et d’oppression dans le cadre du système capitaliste. « Avant-hier », la domination par l’esclavage : pillage des ressources humaines Entre les 15e et 18e siècles, le Sénégal a constitué pour les puissances (...)
Les objectifs du millénaire ? Sept sur huit ne seront sans doute pas atteints. Mais plus que la crise, c’est notre système capitaliste qui est en cause. Il est temps de revoir la copie et d’annuler une fois pour toute la dette des pays du Sud. Du 20 au 22 septembre 2010 s’est déroulé à New-York, au siège des Nations-unies, le Sommet mondial sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dont le but annoncé était de « permettre une accélération des progrès en vue de la réalisation des OMD ». Car à seulement 5 ans de l’échéance, le tableau dressé par le dernier rapport de l’ONU de (...)
Bien qu’il y ait une énorme différence dans les montants, il y a une première similitude au niveau de l’évolution dans le temps. La dette publique des PED et la dette publique au Nord ont explosé toutes deux au cours des années 1970. Au Nord, la récession généralisée des années 1973-1975 a obligé les pouvoirs publics à s’endetter pour relancer l’activité économique : création d’emplois publics, projets portés par l’État (par exemple, TGV, Ariane ou Airbus en France), politique de grands travaux industriels ou militaires. Les États et les collectivités locales ont donc été également pris au piège par la (...)
L’annonce qui a fait croire que le Quai d’Orsay allait restituer aux Haïtiens l’indemnité que la France leur avait recelée de 1825 à 1947, contre sa reconnaissance de l’indépendance d’Haïti, était bien sûr un canular, celle-ci n’ayant pas encore honoré même son engagement au fonds mis sur pied pour la reconstruction d’Haïti par les Nations unies à la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Mais ce canular a eu le mérite de relancer un débat sur cette escroquerie historique dont la réparation demeure, aujourd’hui encore, une revendication légitime. À tout considérer, la demande de (...)
Dans la caractérisation de la dette grecque et dans les mots d’ordre la concernant, les associations et les partis des mouvements anticapitaliste et altermondialiste font preuve d’une grande prudence, confinant à la timidité. Je vais chercher à expliquer pourquoi le mot d’ordre qui s’impose aujourd’hui est la répudiation (terme meilleur qu’annulation) de sa dette par la Grèce. Avec le soutien des salariés de tous les pays d’Europe, les travailleurs et la jeunesse grecque pourraient parfaitement l’arracher. Le mot d’ordre vaut évidemment pour toutes les dettes publiques. Elle est la seule (...)
Des subprime à l’effondrement des dominos européens Crise financière, les six étapes d’un désastre L’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé, mardi 27 avril, la dette souveraine grecque au rang d’obligation douteuse, et abaissé celle du Portugal. Le lendemain, l’Espagne entrait dans le collimateur – à qui le tour ? Dans les trois cas, l’agence dit fonder son appréciation sur les perspectives macroéconomique des pays concernés : une croissance faible ne leur permettrait pas d’acquitter leurs engagements. Mais quels facteurs assombrissent ainsi leur horizon économique ? On peut (...)
Les invasions américaines en Irak et en Afghanistan n’auraient pas été possibles sans crédits massifs venus de Chine, d’Union Européenne, des pays producteurs de pétrole du Moyen-Orient ... - Photo : Al Jazeera Le Président Barack Obama a qualifié le budget de 3,8 trillions de dollars [un trillion équivaut à 1000 milliards de dollars - N.d.T], envoyé récemment au Congrès, d’étape importante pour restaurer la santé économique de l’Amérique. En fait, c’est une nouvelle dose fournie à un malade gravement dépendant d’une drogue dangereuse : la dette. Plus d’empires sont tombés en raison de finances (...)
Les USA se ruinent à vouloir maintenir leur statut de super puissance par de coûteuses guerres et un budget militaire gigantesque financés à crédit. Pour Eric Margolis, le complexe militaro-industriel, contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde lors de son discours d’adieu, entraîne le pays vers sa chute et Obama, comme son prédécesseur, abuse ses concitoyens en recourant à l’emprunt pour continuer à maintenir l’illusion d’un empire aujourd’hui vacillant. Le président américain Barack Obama a qualifié d’étape importante dans le rétablissement de la santé économique de l’Amérique le (...)
La vulnérabilité d’Haïti aux catastrophes naturelles, les pénuries alimentaires, la pauvreté, la déforestation et le manque d’infrastructure, ne sont pas accidentels. En se contentant de dire que c’est la nation la plus pauvre du monde occidental, on oublie l’essentiel : Haïti a été rendue pauvre - par la France, les États-Unis, la Grande Bretagne et d’autres puissances occidentales, sans oublier le FMI et la Banque mondiale. Aujourd’hui, lorsqu’il vient en aide à Haïti, le FMI continue les politiques qui en ont fait une île de la précarité, bien avant le séisme. Jeudi, le FMI a annoncé en (...)
Le 11 décembre, la RDC a conclu un accord de financement de trois ans avec le FMI, après avoir cédé à toutes les exigences de ses bailleurs de fonds. D’abord, en révisant sous la pression du FMI un contrat conclu avec la Chine que les puissance occidentales voyaient d’un mauvais œil, puis en s’engageant à encore améliorer le « climat des affaires » sur injonction du Club de Paris, un groupe informel réunissant 19 riches pays créanciers, dont les intérêts économiques en RDC sont considérables. Les garanties données par le Club de Paris étaient un préalable obligatoire à la conclusion de ce (...)
Nous sommes loin d’être tous égaux vis-àvis du changement climatique en cours. Les pays développés sont responsables d’environ 80% des émissions passées de gaz à effet de serre, tandis que les pays les plus pauvres seront touchés les premiers, du fait de leur position géographique et des faibles moyens dont ils disposent pour s’y adapter. Ainsi le changement climatique constitue-til un facteur aggravant des inégalités Nord- Sud, révélant le lien étroit existant entre les problèmes environnementaux et les problèmes sociaux. De grandes décisions doivent être prises si tant est que la volonté en soit (...)
« Si le Burkina-Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là, à la prochaine conférence ». Ainsi s’exprimait le Président Burkinabé, le Capitaine Thomas Sankara à la tribune de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), en juillet 1987. Par ces mots Thomas Sankara s’élevait contre le paiement de la dette illégitime et odieuse sous le poids de laquelle l’Afrique croule toujours. Il considérait, à raison, cette dette comme une reconquête savamment orchestrée du continent africain, c’est pourquoi lors de cette rencontre à l’OUA, Thomas Sankara a lancé un appel à ses pairs pour que dans (...)
Les 19 pays créanciers composant le Club de Paris |1| se sont réunis le 18 novembre pour examiner le cas de la République démocratique du Congo (RDC), après deux reports liés à la révision du très controversé contrat chinois. Ce contrat, qui hypothèque de gigantesques quantités de minerais au profit de la Chine en échange de la construction d’infrastructures en RDC, a finalement pu être révisé dans le sens souhaité par les bailleurs de fonds occidentaux représentés par le FMI. Suite à cela, l’affaire semblait réglée : le Club de Paris allait accorder les assurances financières demandées par le FMI (...)
Le 3 décembre 1983, des gaz hautement toxiques s’échappaient de l’usine de pesticides de la transnationale Union Carbide dans la ville de Bhopal, où je vis. L’impact fut catastrophique ! Des hommes, des femmes et des enfants quittèrent leurs lits en panique dans l’espoir de fuir le nuage meurtrier. En moins d’une heure, plus de 3 000 d’entre eux s’effondrèrent à travers la ville. Des centaines de milliers d’autres échappèrent à la mort, mais les effets des poisons continuent, encore aujourd’hui, à faire de leurs vies un enfer. Jusqu’à présent, plus de 22 000 personnes en sont mortes. Ce (...)

Des centaines de réseaux et organisations du monde entier se mobiliseront du 12 au 19 octobre et organiseront diverses activités pendant la Semaine d’Action Mondiale contre la Dette et les Institutions Financières Internationales (IFI).

Melé est chanteuse de bar. Son mari Chaka est sans emploi. La cour qu’ils partagent avec d’autres familles est la scène d’un procès inusité : la Banque mondiale est au banc des accusés, et de simples citoyens maliens sont appelés à la barre. « Pourquoi, quand je sème, je ne récolte pas ? Pourquoi, quand je récolte, je ne mange pas ? », demande au juge le paysan Zugué Bamba. Avec Bamako, le réalisateur Abderrahmane Sissako (La vie sur terre) dresse un portrait accablant des problèmes de sous-développement de l’Afrique. Pour les témoins amenés à comparaître, une cause est commune : la dette, qui (...)
Le 4ème jour du Forum social mondial a été conçu par le Conseil international comme une journée qui devait déboucher sur des actions et une plus grande convergence. Il en a bien été ainsi malgré un programme qui n’était pas construit pour favoriser cela. La journée du 24 janvier a commencé sans problème car les portes du stade du FSM étaient grandes ouvertes : Kenyans et étrangers ont pu entrer sans difficulté. Le comité organisateur a donc fini par comprendre qu’il ne fallait pas empêcher la participation des Kenyans pour une question d’argent. Il est nécessaire de faire une précision : le (...)
L’an dernier, plutôt que de tenir un seul événement, le comité organisateur du Forum social mondial avait planifié trois forums sociaux polycentriques simultanés : à Caracas au Venezuela, à Bamako au Mali et à Karachi au Pakistan (ce dernier a été quelque peu reporté en raison de l’important séisme qui a frappé le Cachemire). Le comité organisateur croyait sûrement bien faire. Les forums polycentriques de Caracas et Karachi, forts de dizaines de milliers de participants, ont certes permis une plus grande décentralisation et une meilleure appropriation citoyenne des forums sociaux. Le succès (...)
En 2005, le Mali a été moins affecté par l’invasion acridienne et la faible pluviométrie dans la région. Toutefois, il partage avec le Niger presque les mêmes Indicateurs du développement humain, qui font de lui le 174ème pays sur 177. Ce qui s’explique aussi par le statut commun de pays pauvre très endetté respectant aussi scrupuleusement l’échéancier, autrement dit sans arriérés de paiement. Ainsi, la mauvaise fiche sociale est aussi la conséquence de la politique de l’État malien pendant la phase néocoloniale précédente, l’ayant placé sous la coupe du FMI et de la Banque Mondiale. Une décennie (...)

« Afrique esclavagisée, colonisée, martyrisée, dévalisée ! Ainsi donc, l’Afrique doit du fric ! » Sur la scène du Spectrum de Montréal, le militant reggaeman ivoirien Tiken Jah Fakoly rappelait à la foule qu’après toutes ces insultes globales, le peuple africain doit encore et toujours consacrer une grande partie de ses capitaux au service du remboursement de la dette. Malgré l’ensemble des maux qui affligent le continent - et, surtout, le fait que cette dette a été, intérêts obligent, remboursée plus de trois fois déjà - l’Afrique doit du fric. Encore et encore.

Des représentants de campagnes venus des cinq continents, réunis à Edimbourg, déclarent que les propositions du G8 en matière de réduction de la dette sont insuffisantes et qu’elles sont soumises à conditions. Sous la pression des campagnes, le G8 a élaboré une nouvelle proposition d’annulation de dettes. Les représentants de ces campagnes considèrent que cette proposition va plus loin que les précédentes mais qu’elle ne constitue en rien une solution globale au problème de la dette, comme le prétend le G8. Elle ne reléguera pas la pauvreté à l’Histoire. La proposition concerne seulement un (...)
Le 7 juin 2005, à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre britannique Tony Blair, George W. Bush déclarait : « Nos pays travaillent sur une proposition qui éliminera 100 % de la dette des pays les plus pauvres ». Quatre jours plus tard, les ministres des Finances des pays du G8 annonçaient à Londres un accord qualifié d’historique : l’effacement de la dette détenue par 18 pays pauvres envers la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds monétaire international (FMI), soit 40 milliards de dollars. A terme, 20 autres pays pourraient en bénéficier, portant le (...)

C’est sans grand éclat que Jubilee South Africa a protesté, en octobre, contre la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale à Washington. À l’évidence, le lien entre les politiques des institutions financières internationales, la dette de l’Afrique du Sud et les coupures de courant n’est pas encore clair dans la tête des gens.

Murray Dobbin

Paul Martin ne cesse de parler de son « programme très ambitieux », mais on a beau se forcer, il est de plus en plus ardu d’y trouver de l’ambition. À moins qu’il ne s’agisse de son intention de diminuer la dette. Paul Martin et son obéissant ministre des Finances sont déterminés à abaisser la dette nationale à 25 % du produit intérieur brut (PIB). C’est gravé dans le roc.

Quelques jours après le début de l’invasion de l’Irak par les troupes des Etats-Unis, de Grande Bretagne et d’Australie, George W. Bush a estimé devant le Congrès que le coût de la guerre pour le Trésor US s’élèverait à 80 milliards de dollars. Selon le PNUD et Unicef, c’est précisément la somme annuelle nécessaire à l’échelle de la planète pour garantir l’accès universel à l’eau potable, à l’éducation de base, aux soins de santé primaire, à une alimentation décente et aux soins gynécologiques et d’obstétrique (pour toutes les femmes).

Plus d'articles :  1 | 2

Thèmes

Je m’abonne

Recevez le bulletin mensuel gratuitement par courriel !

Je soutiens

Votre soutien permet à Alternatives de réaliser des projets en appui aux mouvements sociaux à travers le monde et à construire de véritables démocraties participatives. L’autonomie financière et politique d’Alternatives repose sur la générosité de gens comme vous.

Je contribue

Vous pouvez :

  • Soumettre des articles ;
  • Venir à nos réunions mensuelles, où nous faisons la révision de la dernière édition et planifions la prochaine édition ;
  • Travailler comme rédacteur, correcteur, traducteur, bénévole.

514 982-6606
jda@alternatives.ca