Crise

Entretien avec Pierre-Jean Luizard Les attentats commis à Paris vendredi, comme ceux de Beyrouth il y a quelques jours, ceux contre l’avion russe dans le Sinaï et ceux d’Ankara il y a quelques semaines, sont-ils le signe que Daech est en plein essor ou, au contraire, qu’il est menacé militairement sur le territoire qu’il contrôle et choisit donc de porter la guerre sur d’autres terrains ? Il est vrai que, lorsque l’État islamique (EI) se trouve en difficulté sur le terrain militaire, il choisit de régionaliser et d’internationaliser le conflit en commettant des attentats hors du territoire (...)
Alors que l’ampleur des dettes publiques sert de justification à toute une série de régressions sociales en Europe, de plus en plus de mouvements sociaux cherchent à se réapproprier ce débat en prenant exemple sur des expériences menées en Amérique Latine ou en Afrique. Leur point de ralliement : la création de « comités d’audit citoyen » chargés de faire la lumière sur l’origine de ce surendettement et au besoin, d’en appeler à la répudiation pure et simple de sa portion "illégitime". Du 15 au 18 février dernier, Thessalonique a accueilli la troisième rencontre du Réseau international pour un (...)
“En Grèce, la classe dirigeante et les gouvernants détruisent la démocratie”, déclare au quotidien grec “Ef. Syn.” Eric Toussaint, professeur en sciences politiques et militant. Selon lui, seul un gouvernement déterminé et s’appuyant sur le peuple pourra obtenir une solution au problème de la dette. A ses yeux, SYRIZA ne doit pas se déplacer vers des positions modérées. -La Grèce semble rester au cœur de la crise de la dette. Vous avez déclaré que le peuple grec, tout en étant au cœur de la crise, constitue aussi l’épicentre de la solution à cette crise. Qu’entendez-vous par là ? Il est clair que (...)
« La pensée économique néoclassique est une malédiction pour le monde actuel. » Samir Amin, 81 ans, n’est pas tendre pour plusieurs de ses collègues économistes. Et encore moins pour la politique des gouvernements. « Economiser pour réduire la dette ? Des mensonges délibérés » ; « Régulation du secteur financier ? Des phrases creuses. » Il nous livre son analyse au scalpel de la crise économique. (revue Solidaire) Oubliez Nouriel Roubini, alias Dr Doom, l’économiste américain devenu célèbre pour avoir prédit en 2005 le tsunami du système financier. Voici Samir Amin, qui avait déjà annoncé la crise (...)
Comme on pouvait s’y attendre, tous les dignitaires présents et passés des institutions européennes ont bruyamment salué l’attribution du prix Nobel de la paix à l’Union européenne (UE). Elle leur a permis, au moins pendant quelques jours, de se re-légitimer face à des opinions publiques de plus en plus eurosceptiques. Peine perdue : ces opinions sont largement restées indifférentes ou goguenardes, et parfois scandalisées, tant cette opération de communication leur paraissait à mille lieues de leur réalité vécue des politiques de l’UE. Et encore les médias ont-ils été relativement discrets sur (...)
Imaginez une scène d’un film dystopique qui décrirait notre société dans un futur proche. Des vigiles en uniforme patrouillent dans des centre-ville à moitié désertés traquant des immigrés, des délinquants et des sans-abri. Ceux qui tombent entre leurs mains sont maltraités. Ce qui apparaît comme une image fantaisiste tirée d’un film hollywoodien est la réalité de la Grèce d’aujourd’hui. A la tombée de la nuit, des nervis vêtus de noir du mouvement néofasciste et négationniste Aube Dorée – qui a obtenu 7% des voix aux dernières élections et le vote, dit-on, de la moitié des policiers athéniens – (...)
Entretien avec David Harvey David Harvey s’est trouvé en Grèce du 20 au 27 juin dans le cadre de la semaine qui lui était consacrée par les départements de géographie et d’urbanisme de l’université Harokopeion du Pirée. Il a accordé cet entretien, publié le 24 juin 2012, au quotidien grec de Syriza Avghi. Aux élections du 17 juin, Syriza est arrivé en deuxième position à l’échelle nationale mais il était en tête dans le grand Athènes, le principal centre urbain, où vit un peu moins de la moitié des habitants du pays. Comment expliquez-vous ce résultat compte tenu du fait que la droite était (...)
La grève générale du 22 mars au Portugal a renforcé la lutte contre la Troïka et le gouvernement de droite PSD-CDS. Le 22 mars, les ouvriers portugais ont été appelés à la première grève générale de l’année. Contrairement à la dernière, en novembre dernier, la grève n’a été appelée que par la centrale syndicale CGTP, l’UGT ayant cette fois choisi de ne pas la soutenir. La direction de l’UGT a ainsi signé un accord avec le gouvernement de droite (PSD/CDS) et le patronat, qui a mis en place de nouvelles attaques contre les salaires et les droits sociaux. En désaccord avec cette orientation, près de vingt (...)
Ils possèdent des compagnies pétrolières, des gazoducs, des mines, des aciéries et même des médias. Ils influencent gouvernements et institutions pour empêcher toute réglementation trop contraignante. Et figurent parmi les plus grandes fortunes mondiales. Un rapport d’un centre de recherche aux États-Unis les considèrent, du fait de leur puissance et des pollutions que leurs activités génèrent, comme la plus grande menace qui pèse sur l’environnement et le climat. Qui sont ces multimilliardaires qui bâtissent leur fortune en hypothéquant l’avenir de la planète ? Ils sont 50. Cinquante (...)
Il est évident que ces deux grandes plaies auraient pu être évitées si les dirigeants des deux parties politiques pro-américains n’avaient pas été infiltrés par la corruption. Cette richesse, produit du travail du peuple grec, était ainsi drainée vers les coffres-forts de pays étrangers. Les politiciens ont essayé de compenser cette fuite d’argent par un recours à des emprunts excessifs qui résultaient en une dette publique de 300 milliards d’euros, soit 130% du PNB (Produit National Brut). Par cette arnaque, les étrangers gagnaient doublement : d’une part, par la vente d’armes et de leurs (...)
À l’heure où ces lignes sont écrites, Loukas Papadémos vient de former le nouveau gouvernement dit « d’entente nationale » appelé à succéder à celui du démissionnaire Georges Papandréou. Il a fallu plusieurs jours de tergiversations et d’âpres négociations entre le PASOK (socialiste), toujours majoritaire au Parlement, et la Nouvelle Démocratie (ND, opposition de droite), sans oublier le rôle particulièrement actif de l’extrême droite du LAOS, pour arriver à ce résultat. Au final, un gouvernement dont les principaux portefeuilles économiques et sociaux restent aux mains du PASOK, la droite se (...)
Pedro Paez, économiste équatorien nommé par Rafael Correa pour impulser la Banco del Sur (Banque du Sud) et la monnaie unique pour la région, signale les intérêts occultes derrière la crise, provoquée par les mêmes qui aujourd’hui définissent les politiques d’ajustement. Le gouvernement d’Equateur a été un des précurseurs de la nécessité de construire une nouvelle architecture financière pour la région. Pedro Paez Perez, économiste équatorien étroitement lié à Rafael Correa, a participé activement à cette construction, d’abord à partir des charges qu’il occupa dans le gouvernement de Quito et (...)
Dix ans après les attentats du 11-Septembre et trois ans après la faillite de la banque Lehman Brothers, quelles sont les caractéristiques du nouveau système-monde ? La norme actuelle ce sont les séismes. Des séismes climatiques, des séismes financiers et boursiers, des séismes énergétiques et alimentaires, des séismes communicationnels et technologiques, des séismes sociaux, des séismes géopolitiques comme ceux provoqués par les insurrections de l’éveil arabe... Autre caractéristique dominante : l’absence de visibilité générale. Des évènements imprévus font brutalement irruption sans que nul, (...)
Les comparaisons de l’exemple argentin avec l’effondrement grec sont désormais incontournables. Les analystes tentent d’évaluer si les mesures adoptées par le premier pays amélioreraient ou au contraire aggraveraient la situation du second. Cette évaluation s’étend généralement à d’autres nations de la périphérie européenne comme le Portugal et l’Irlande. Les mouvements sociaux sont eux préoccupés par autre chose : quel enseignement l’expérience latino-américaine peut-elle apporter dans la bataille contre l’ajustement ? Des sauvetages semblables La Grèce subit le même drame que l’Argentine une (...)
Le spectacle actuellement offert par les gouvernements européens et par celui des Etats-Unis est humiliant pour eux, mais il est surtout ravageur pour la démocratie. Quand ils voient les dirigeants de grands pays étaler publiquement leur impuissance face aux agences de notation et aux détenteurs de capitaux, les citoyens en sont conduits à se demander si les élections ont encore un sens. A la question de savoir « qui gouverne ? », la réponse n’est plus en effet « les présidents ou les premiers ministres », mais de toute évidence « les marchés financiers ». Malgré quelques dénonciations (...)
Le Portugal connaît la plus grande crise de son histoire depuis 30 ans. Après 6 ans au pouvoir, le premier ministre social-démocrate José Sócrates a donné, le 23 mars 2011, sa démission, suite au rejet du parlement de son quatrième plan d’austérité (Le quatrième programme de stabilité et de croissance (PEC IV)) Jusqu’alors, le gouvernement social-démocrate avait eu le soutien du PSD, principal parti d’opposition (de droite équivalent du PLR en Suisse) dans les différentes votations au parlement pour faire passer ses plans d’austérité. Mais cette fois-ci, le PSD s’est joint au Parti communiste, (...)
Face à la crise, la Grèce et l’Irlande ont adopté des programmes « de réforme » sous la cotutelle du FMI, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE). Ces programmes sont similaires à ceux imposés aux pays du Tiers-Monde après la crise de la dette extérieure de 1982. Même si l’expression n’apparaît pas en tant que telle dans les discours et dans les documents officiels, il s’agit de programmes d’ajustement structurel [1] (PAS) destinés à répondre au problème de l’endettement. Ces programmes d’inspiration néolibérale, dont les effets négatifs au Sud ont été largement mis en (...)
Les élections américaines du 2 novembre 2010 devraient donner le signal d’importants changements dans la gestion de la crise économique et financière qui a éclaté en 2007 par suite de la politique de dérégulation promue par le président Ronald Reagan de 1981 à 1989. Cette crise a connu plusieurs étapes avant de se répandre sur toute la planète. Par suite de la réduction de la part des salaires dans le revenu national, d’une part, et, d’autre part de la diminution de 70% à 28% des taxes sur les riches, aussi bien les ménages que l’État s’engageront dans une politique d’endettement qui fera passer (...)
Nul besoin de documents récents ou anciens pour connaître l’ampleur des destructions dont fut victime l’Irak des suites de la guerre injuste, immorale et par dessus-tout illégale...pas besoin non plus de révélations du Site Wikileaks pour nous apprendre l’existence des escadrons de la mort ...des alcôves de la torture...des mises à sac des biens et des deniers publics...et de l’escamotage des chiffres réels du nombre des victimes innocentes. Toutes ces vérités et plus encore nous sont connues ainsi que les connaît n’importe quel citoyen irakien ; le nouveau, c’est que ces « immaculés » qui (...)
La convulsion dont souffre la Grèce ressemble beaucoup à ce qu’à vécu l’Argentine en 2001 lorsque l’augmentation de la dette a ravagé l’économie sud-américaine. Une partie de ce passif a augmenté du fait du cumul de dettes inexistantes qui finançaient la fuite de capitaux. Une autre portion a augmenté avec la spirale des intérêts et des refinancements et un dernier segment est apparu suite à l’absorption par l’Etat de faillites privées. Les pressions en faveur du paiement de cette dette odieuse ont forcé à la réorganisation néolibérale de l’économie imposée par le FMI à travers les privatisations, (...)
Cet article est une mise à jour d’une conférence présentée à l’invitation d’Attac-Québec, le 19 mai 2010 à Montréal, sur les enjeux du sommet du G20 de juin 2010 à Toronto. Rappelons d’abord que le G20 regroupe les pays du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne Grande-Bretagne, France, Italie et Canada) et du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), ainsi que l’Union européenne, la Turquie, l’Australie, l’Argentine, le Mexique, l’Arabie saoudite, l’Afrique du sud, l’Indonésie et la Corée du sud. Les pays du G20 comptent pour 90 % du Produit mondial brut et les deux tiers de la population mondiale. Avant le (...)
La crise actuelle est une crise extrêmement profonde. La réaction des gouvernements est finalement assez claire : ils parent au plus pressé pour éviter les catastrophes, se soumettent au caprice des marchés sans jamais chercher à les contrôler et préparent les ajustements nécessaires pour revenir dès que possible au business as usual. La profondeur de la crise est telle qu’ils ne disposent pas de réelle alternative à la version néo-libérale du capitalisme qu’ils ont mise en place. Les plans d’austérité qui s’annoncent, sont et seront d’une grande violence et ne pourront que durcir les traits (...)
La crise que traversent certains pays méditerranéens - Grèce, Portugal et Espagne- ainsi que l’Irlande est attribuée aux dépenses publiques excessives de ces pays, ce qui aurait créé un déficit élevé et une dette publique monumentale, obstacles qui entravent sérieusement leur reprise économique. De là les recettes que le FMI, la Banque centrale européenne (BCE) et le Conseil de l’Europe imposent à ces pays : il faut se serrer la ceinture et réduire le déficit et la dette publique d’une manière radicale. Il est surprenant que cette explication ait atteint la dimension d’un dogme -le dogme libéral (...)
Les « grands » de ce monde se réunissent à Toronto, au Canada pour un nouveau G20 dès le 26 juin. Vont-il enfin se décider à taxer la finance folle, à mettre en œuvre des mesures face à l’épuisement des ressources naturelles et au réchauffement climatique ? Rien n’est moins sûr au vu des positions ultra réactionnaires affichées par le pays hôte. En parallèle, les mouvements sociaux nord-américains tiennent un « Sommet des peuples » à Toronto puis se retrouvent pour un Forum social à Détroit. Le Canada accueille le G8 [1] puis le G20 [2], ce qui est une première. Les dirigeants des huit nations les (...)
La crise politique que traverse la Thaïlande et qui s’est soldée par la mort d’au moins 85 personnes et près de 2000 blessés, la plupart des civils, n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Olivier Evrard, ethnologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), et Danielle Sabai, journaliste indépendante, décryptent les raisons profondes du conflit. Certains commentateurs se sont étonnés de telles violences dans une Thaïlande réputée pacifique et se demandent ce qu’est devenue la « culture Thaï » du consensus. C’est méconnaître la réalité d’un pays qui a été régulièrement (...)
Au moment où la classe politique britannique prétend que le mariage arrangé des conservateurs et des libéraux-démocrates – bonnet blanc et blanc bonnet – incarne la démocratie, nous préférons, quant à nous, nous inspirer de l’exemple grec. Il n’est guère surprenant de voir la Grèce présentée non pas comme un phare mais comme un “ pays poubelle ”, qui n’a eu que ce qu’il méritait, vu son “ secteur public pléthorique ” et “ sa manière d’arrondir les angles ” (L’Observer). La Grèce est hérétique parce que le soulèvement des gens ordinaires fournit un véritable espoir, contrairement à celui que l’on avait mis (...)
* Avant et après le 5 mai Malgré le succès de la mobilisation du 5 mai, la résistance sociale en Grèce peine à percer la censure médiatique. Quand ce n’est pas le mensonge, c’est le silence que les médias lui réservent, à l’image de l’éditorial de Libération le 6 mai dernier : « La spirale du pire. Une grève générale qui dégénère, une banque incendiée, trois victimes et des manifestations destinées à se poursuivre. » Les amalgames et les raccourcis trompeurs réussiront sans doute à disqualifier le mouvement social aux yeux de plusieurs. Il importe donc d’étudier la brève histoire du mouvement de (...)
Au moment où nous mettons sous presse, la Grèce est à la veille d’une cinquième grève générale depuis le 17 décembre dernier, convoquée le 20 mai, à l’appel des deux grandes centrales syndicales du public et du privé. L’épreuve de force s’installe dans la durée. Son issue sera décisive pour l’Europe toute entière. Au-delà du piquet du 5 mai devant la mission grecque à Genève, notre solidarité doit se poursuivre et s’intensifier. Après les Etats Baltes, la Grèce se trouve aujourd’hui exposée aux rigueurs extrêmes d’un Plan d’ajustement structurel, cette fois-ci sous la houlette combinée du FMI et de (...)
La crise politique que traverse la Thaïlande n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Les discours sur ce pays où « tout le monde vit en harmonie et où il n’existe pas de lutte de classes mais un peuple uni derrière son souverain adoré » n’ont rien à voir avec la réalité. Durant plusieurs décennies, le peuple thaïlandais a été asservi par des régimes autoritaires ou des dictatures et un roi à leur service. Les élites thaïlandaises n’ont cependant pas réussi à empêcher des soulèvements réguliers contre l’ordre établi, dont ceux de 1973, 1976, 1992, réprimés dans des bains de sang. Depuis (...)
Ce qui se passe en Grèce nous concerne tous. La population paye une crise et une dette qui ne sont pas les siennes. C’est le tour du peuple grec, demain d’autres suivront tant les mêmes causes produiront les mêmes effets si nous nous laissons faire. D’abord et avant tout, exprimons notre solidarité pleine et entière à la population qui souffre d’un plan d’austérité sans précédent, doublé d’un mépris et d’une arrogance qui confinent au racisme. Les grèves, les manifestations sont légitimes, nous les soutenons. Ce n’est pas la crise du peuple grec, c’est la crise du système capitaliste mondial. Ce (...)

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