Côte d’Ivoire

Alors qu’Abidjan vit vendredi dans la peur de nouveaux affrontements après le lourd bilan de jeudi, Paris et Washington entrent dans la bataille post-électorale et lancent un véritable ultimatum à Laurent Gbagbo, le président ivoirien sortant qui revendique toujours la victoire, pour qu’il quitte le pouvoir « avant la fin de la semaine ». Au cours d’une conférence de presse à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a prévenu que si Laurent Gbagbo ne quittait pas le pouvoir avant la fin de la semaine, son nom serait inscrit sur la liste des personnes visées par des sanctions de l’Union européenne, (...)
« Il ne sera pas faisable techniquement d’organiser les élections le 31 octobre. » Par cette déclaration faite le 23 août dernier, le chef de la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Pierre Schori, a confirmé ce à quoi tous les Ivoiriens s’attendaient : l’élection présidentielle ivoirienne, déjà repoussée d’un an en 2005 sur décision du Conseil de sécurité des Nations unies, sera reportée de nouveau. Alors qu’approche l’échéance du 31 octobre qu’avait fixée le Conseil de sécurité pour la tenue du scrutin, le processus électoral est dans l’impasse. Élu pour cinq ans en octobre 2000, tout (...)

« Le processus de paix que conduit la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire a subi un grave échec. » Laconique, l’aveu de Pierre Schori , représentant spécial de Koffi Annan en Côte d’Ivoire, illustre l’impuissance de la mission des Nations unies dans ce pays. Au-delà du symbole d’un pays laminé, coupé en deux depuis le coup d’État manqué de septembre 2002, l’ONU fait face à la question d’une redéfinition de sa mission et de ses moyens.

Deux semaines après la décision des autorités ivoiriennes de suspendre les émissions en FM de Radio France Internationale (RFI) pour un prétendu « mauvais traitement de l’information », Reporters sans frontières s’élève contre la « détérioration inadmissible des conditions de travail des journalistes à Abidjan, marquée par la terreur que font régner les ’Jeunes patriotes’ ».

La Côte d’Ivoire, réputée paisible, a basculé dans la violence, comme bien d’autres pays africains : coup d’État militaire (Noël 1999) ; agressivité meurtrière entre nordistes musulmans et sudistes chrétiens rangés derrière les principaux partis politiques ; xénophobie ouverte sous forme de débat sur « l’ivoirité ».

Le 19 février mourait l’ethnocinématographe Jean Rouch, à l’âge de 86 ans, lors d’un accident de voiture survenu au Niger. C’est en guise d’hommage à un des pères fondateurs de l’anthropologie visuelle, figure de la Nouvelle vague, que la Cinémathèque québécoise présentera, du 7 au 11 novembre, quelques-uns de ses 120 films.

Ahmadou Kourouma a sans doute été l’un des plus grands romanciers de l’Afrique noire francophone, sinon le plus important. Mort à Lyon l’année dernière, vivant en exil depuis les lendemains de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, il nous a laissé un dernier legs, un dernier roman inachevé, nous racontant une fois de plus cette Afrique meurtrie, pillée et humiliée par le colonialisme et son corollaire la coopération. Détruite et ridiculisés par une pléthore de petits arrivistes africains, corrompus et parfois sanguinaires. Après Allah n’est pas obligé, gagnant du prix Renaudot en 2000, sur la (...)

À première vue, le climat politique semble s’être quelque peu apaisé. La Côte d’Ivoire, en crise depuis la tentative de coup d’État en septembre 2002, tente tant bien que mal de se sortir de l’impasse. Mais derrière cette accalmie, une récente vague de massacres et la montée en puissance de milices progouvernementales qui ne laissent présager rien de bon. Portrait d’un conflit teinté de xénophobie et d’ultranationalisme.

Depuis la mort en 1993 de Félix Houphouët-Boigny, premier président et dictateur « éclairé » de la République de Côte d’Ivoire, ce pays est en panne : panne économique, politique et, depuis deux ans, panne démocratique.

En septembre dernier, le paysage politique de la Côte d’Ivoire a basculé. S’il est vrai que la guerre civile qui sévit traduit le déficit démocratique de ce pays, autrefois considéré comme l’un des plus stables de l’Afrique de l’Ouest, ce conflit expose au grand jour la crise d’un modèle économique de développement révolu.

Avec le tout dernier Allah n’est pas obligé, maintenant disponible en livre de poche, l’auteur ivoirien Ahmadou Kourouma, à 74 ans, continue de témoigner de la sanglante et douloureuse Histoire de l’Afrique ravagée par les guerres civiles. Et cette fois, c’est à travers les mots d’un enfant qu’il le fait.

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