Amérique

La sortie du documentaire sur la vie du mercenaire québécois Raymond Boulanger diffusé sur Crave [N.D.L.R : à la mi-août ] arrive lors d’une période extrêmement difficile pour la Colombie : l’intensification sans précédent, depuis 2016, des massacres de masse. Ainsi, un 5e épisode pour la série serait de mise sur les conséquences du commerce international des drogues et des armes sur la population colombienne. En pleine pandémie mondiale, le 21 août 2020, le pays s’est réveillé avec la nouvelle d’un quatrième massacre en moins d’une semaine : 5 mineurs ont été assassinés à Llano Verde (Cali, (...)
Nous sommes des jeunes d’Extinction Rebellion Québec et de la CEVES. Nous sommes des personnes racisées et noires. Nous sommes déçu·es. Nous sommes insatisfait·es. Nous croyons en un futur juste et vert, mais la vision de la lutte climatique mainstream laisse énormément à désirer. Nous croyons en notre mouvement et c’est pour cela que nous dénonçons publiquement les problèmes fondamentaux qui lui ont nui pendant des années et qui risquent de lui nuire encore, à moins d’un changement immédiat et urgent. Aujourd’hui, nous dénonçons la discrimination systémique exercée à notre encontre par deux (...)
Des membres de la Première nation de Madawaska ont allumé un feu sacré pour Chantel Moore, une femme de la Première nation Tla-o-qui-aht en Colombie Britannique qui a été tuée par la police d’Edmundston le 4 juin dernier lors d’une vérification de son état de santé. Moore avait récemment déménagé à Edmundston pour se rapprocher de sa fille de cinq ans et de sa mère. Depuis avril, la police canadienne a tué au moins cinq autochtones : Chantel Moore, 26 ans, Eishia Hudson, 16 ans, Jason Collins, 36 ans, Stewart Kevin Andrews, 22 ans et Everett Patrick, 42 ans. Selon Russ Letica, de la Première (...)
L’apparition de l’épidémie de la COVID-19 à Wuhan en Chine, puis sa transformation en pandémie, a transformé les pratiques de relations sociales à travers des États et territoires où vivent peuples, citoyens et sujets. De pareils phénomènes sanitaires circonscrits dans certains pays d’Afrique ont déjà produit ses effets dévastateurs, comme la flambée d’Ebola, ou en Haïti qui a été gravement affectée par l’épidémie du choléra ayant modifié complètement les habitudes de l’utilisation et la consommation de l’eau dans ce pays. En Haïti, la COVID-19, causée par le virus du SRAS-CoV-2, aurait pu enclencher un (...)

Avec plus d’un million et demi de cas et plus de 100 000 décès recensés, les États-Unis paient un lourd tribut à la COVID-19. Mais la crise sanitaire révèle surtout un pays miné par les inégalités, profondément ségrégué, où le rêve américain ne semble plus qu’un lointain souvenir. Et si la première puissance mondiale entrait dans une phase d’appauvrissement généralisé sans précédent ?

Le gouvernement de Bolsonaro encourage les grands propriétaires terriens et les compagnies minières à piller les ressources des terres indigènes. Aujourd’hui, les populations autochtones du Brésil doivent en plus affronter l’épidémie. Elles comptent sur le travail de leurs élues et représentants communautaires sur le terrain.

Sans statut légal depuis 2018, Abdoul* vit dans une peur et une instabilité constantes. Avec l’arrivée de la pandémie de COVID-19 et en l’absence d’appui financier du gouvernement, sa précarité prend aujourd’hui une ampleur critique.

Une journée sans femmes. L’idée semble curieuse, elle est salvatrice. Le 9 mars [2020, NDLR], les citoyennes mexicaines vont organiser un grand mouvement de grève nationale pour protester contre les violences et les féminicides. Un « évanouissement » féministe.

Les antiféminismes sont un contre-mouvement d’action et de pensée qui s’opposent aux féminismes [1]. Ils visent à déformer des concepts et des théories, à délégitimer les mouvements féministes et leurs revendications et cherchent à bloquer les avancées vers l’autonomie et la liberté pleines des femmes [2]. Si dans le milieu universitaire européen et nord-américain, spécifiquement le québécois, les discussions sur les antiféminismes sont déjà largement abordées, l’analyse de ce phénomène en Amérique latine a été délaissée en faveur d’autres concepts. Cependant, il nous semble que la notion (...)
Carbonleo vient de présenter son nouveau complexe Royalmount, pour répondre à la forte opposition que ce projet a entraînée. Tout est maintenant prévu pour faire avaler l’inacceptable. Dans ses publicités, on voit des images dégoulinantes de verdure, un véritable paradis terrestre qu’il fera bon de fréquenter à pied ou à vélo. Curieusement, on y observe très peu de magasins, alors qu’il s’agit avant tout d’un centre commercial. La compagnie a appliqué avec zèle les principes élémentaires du petit manuel de l’acceptabilité sociale de l’entreprise. Ce qui ne règle en rien les problèmes de base de ce (...)
Le manque d’éthique, incarnée par les grandes entreprises, dirige une grande partie de l’économie canadienne. Du mépris flagrant démontré par le secteur extractif envers l’environnement et les droits humains à la fabrication de systèmes et de composants d’armes utilisés pour la guerre au Yémen, le Canada profite de la destruction et des conflits. Au cours des dernières années, un nouveau secteur a gagné du terrain dans l’économie canadienne. Le nombre de start-ups technologiques et de laboratoires de recherche travaillant au développement de l’intelligence artificielle croît à un rythme (...)
C’était une belle journée de printemps à Santiago. Les 28°C qui cognaient sur ma chevelure blonde faisait contraste avec La Paz, où je vis présentement, métropole aux températures plus fraîches nichée à quelques 3600 mètres d’altitude. Je me trouvais dans la capitale chilienne pour quelques semaines en vue de trois sommets internationaux en marge de la Conférence des Parties sur le changement climatique (COP25) : le Sommet des Peuples, la Société civile pour l’action climatique (SCAC) et le Tribunal international pour les droits de la nature. La décision du gouvernement du Chili d’annuler (...)

Le premier président progressiste de l’histoire moderne du Mexique a hérité d’une situation désastreuse du point de vue sécuritaire. Après 12 ans d’une stratégie de « guerre contre les cartels » qui a enlisé le pays dans un drame humanitaire sans précédent, il peine à freiner la courbe de la violence.

Le 12 janvier 2010 non seulement rappelle la plus grande catastrophe naturelle à avoir jamais affecté Haïti, il est aussi la date qui lance la deuxième décennie du XXIe siècle dans notre pays. Les cent ou trois cent mille morts et la grande désolation laissés par le séisme vont amener sur nos rives une flopée de bons samaritains, institutions internationales spécialisées dans les catastrophes et aventuriers de l’entraide, dont la plupart vont nous dépouiller au lieu de nous aider. Les 35 secondes du tremblement de terre et la gestion catastrophique de l’après-séisme marquent toute la décennie (...)

En poste depuis 2006, Evo Morales, le premier président indigène de Bolivie, a été renversé par un coup d’État. Des débats sur la manière dont cela est arrivé et ce que cela signifie ont proliféré dans la gauche à l’échelle internationale. Ashley Smith a discuté avec Jeffery R. Webber et Forrest Hylton, deux observateurs de longue date de la Bolivie, pour mieux comprendre les problématiques en jeu.

Au Chili, la mobilisation sociale se poursuit, soutenue par une très large partie de la population. Le président-milliardaire Piñera vient cependant de faire savoir qu’il irait jusqu’au bout de son mandat. S’il reconnaît aux micros de la BBC être responsable d’une partie du « problème », il précise que celui-ci s’est « accumulé depuis 30 ans ». Allons jusqu’à 46. Allende tombait, encerclé par les putschistes ; Pinochet s’emparait du pouvoir puis recrutait un groupe d’économistes formés à Chicago par Milton Friedman et Arnold Harberger. Le Chili, dans la rue, rejette aujourd’hui la greffe. L’auteure, historienne latino-américaniste, revient sur la construction de ce soi-disant « miracle économique ».

Au cours du mois de novembre 2019, des milliers de Colombiens, surtout des jeunes, participent aux mobilisations quotidiennes de la nation caféicole. Tout a commencé par une grève nationale majeure le jeudi 21 novembre, ce qui ne s’était pas produit depuis 1977. Parmi les organisateurs de ces marches et de la grève figurent des syndicats, des organisations étudiantes, des organisations de femmes, des peuples indigènes, des écologistes et des groupes politiques opposés au gouvernement d’Iván Duque [qui est membre du parti de droite radicale Centre démocratique et proche d’Alvaro Uribe ; il (...)

L’humanitaire est une nouvelle fois « la réponse » de l’international à la crise haïtienne. Une stratégie de pourrissement qui témoigne avant tout de la complicité avec le régime en place et contourne l’exaspération sociale des habitants.

Plus de 4,6 millions de Vénézuélien·es ont fui leur pays au cours des dernières années en raison des crises politique, sociale, économique et humanitaire qui sévissent dans la république bolivarienne. Face à cet exode sans précédent, des pays de la région sud-américaine ont récemment imposé des conditions d’entrée plus strictes aux ressortissant·es vénézuélien·nes.

Des membres du collectif Solidarité Québec-Haïti ont récemment occupé le local électoral de Justin Trudeau afin que le premier ministre sortant promette de retirer le soutien du Canada au président d’Haïti, Jovenel Moïse. Dans ce qui suit, le collectif militant résume la situation en Haïti ainsi que sa campagne actuelle.

L’ambassade des États-Unis à Ottawa s’est vantée dans une note de service intitulée « Le Canada adopte la politique étrangère : America First », en mars 2017, après que le premier ministre Trudeau ait nommé la fauconne intransigeante Chrystia Freeland au poste de ministre des Affaires étrangères.

Dans une annonce surprise, l’EZLN proclame la création de 11 nouveaux « caracoles » et municipalités autonomes, élargissant considérablement le territoire sous contrôle rebelle.

À la suite de la démission du gouverneur Rosselló, de nombreuses assemblées populaires se sont constituées sur tout le territoire de Porto Rico, avec pour but de poursuivre le débat — et de prolonger le mouvement populaire.

Article d’abord publié sur le site de À l’encontre Le père et la fille face contre terre dans l’eau boueuse le long des rives du Rio Grande, sa petite tête cachée dans son t-shirt, un bras passé autour du cou de son père. Ce portrait du désespoir a été réalisé lundi par la journaliste Julia Le Duc, dans les heures qui ont suivi la mort d’Oscar Alberto Martínez Ramírez et de sa fille Valeria, 23 mois, qui tentaient de passer du Mexique aux États-Unis. L’image représente une expression poignante du périlleux voyage auquel sont confrontés les migrants lors de leur passage vers le nord des (...)
Au lieu de rester prise en otage par les « deux solitudes » coloniales, l’anthologie Nous sommes des histoires ; réflexions sur la littérature autochtone ose franchir le mur linguistique au-delà des catégorisations eurocentriques habituelles. En traduisant de l’anglais au français plusieurs textes théoriques clés, et faut-il le préciser, de théoricien·nes publié·es originellement en anglais sont souvent eux-mêmes et elles-mêmes des Autochtones (6), ce livre est, pour utiliser les beaux mots de Louis-Karl Picard-Sioui, « [un] feu autour duquel on peut se rassembler dans la nuit, pour éviter de (...)
« Le travail gratuit, ça suffit ! » : depuis l’automne 2016, les étudiant·es québécois·es demandent au gouvernement de mettre en place la pleine rémunération des stages dans tous les domaines d’études et de reconnaître leurs études comme un travail qui mérite un juste salaire. Ils·elles souhaitent aussi que le statut des stagiaires fasse partie de la Loi sur les normes du travail. Pour mener ce combat, les étudiant·es se sont organisé·es en Comité unitaire sur le travail étudiant (CUTE), des groupes de travail autonomes vis-à-vis des associations et syndicats étudiants créés dans différents campus. (...)

Voilà vingt-cinq ans que Daniel s’élance chaque matin sur les routes cabossées de Montréal. Vingt-cinq ans de rencontres et de services rendus. Daniel aime son métier, mais celui-ci se meurt. Et qui plus est, sous la main du gouvernement québécois.

Le 17 avril dernier, le Pérou a été secoué par la mort abrupte de l’ex-président Alan Garcia. Accusé de corruption dans le cadre du scandale Odebrecht, l’ex-chef de l’Alianza Popular Revolucionaria Americana - l’Alliance populaire révolutionnaire américaine, APRA s’est suicidé au moment où la police allait l’arrêter afin de le mettre en détention provisoire. Le contexte politique entourant sa mort laisse entrevoir un pays aux prises avec une difficile lutte contre la corruption et de grands enjeux démocratiques.

La prise de conscience de l’urgence écologique et climatique chez les jeunes a augmenté d’un cran sous l’effet de l’initiative de la militante suédoise Greta Thunberg, qui a initié les grèves scolaires pour le climat devant le parlement de Stockholm. L’initiative a trouvé un écho à Montréal et est menée par des jeunes militants du secondaire, organisés au sein de Pour le Futur Montréal. Tous les vendredis, à partir du Parc Jeanne-Mance, les grévistes prennent la rue pour réclamer des actions concrètes et sensibiliser la population à la justice climatique. Les générations sur le point d’hériter de (...)
Si depuis plusieurs mois déjà, les actions de résistance écologiste provenant de plusieurs milieux étudiants, à l’international comme au Québec, font les manchettes, force est de constater qu’un profil d’activiste semble se dessiner dans la représentation médiatique de cette lutte aux proportions exponentielles. En effet, la couverture médiatique des événements fait souvent le cas de jeunes étudiant·es engagé·es très tôt, quittant leurs cours à chaque vendredi pour un débrayage hebdomadaire, à l’image de Pour le futur. Il est également question d’étudiant·es de niveau universitaire, possédant une (...)

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