Amérique

Boaventura de Sousa Santos analyse dans cet article la situation de révolte populaire, mais aussi de répression (avec plusieurs dizaines de morts) et de militarisation que vit la Colombie depuis le 28 avril dernier. Une répression qui s’est encore accrue depuis la rédaction de cet article. Cali, la troisième ville du pays, est devenue l’épicentre de la confrontation de classe dans le pays. Les organisations sociales ont déjà appelé à une nouvelle journée de mobilisation, le mercredi 12 mai 2021.

« Mais quel genre d’homme fait ça, tuer sa femme ? »

Observer le gouvernement de Joe Biden aux États-Unis donne une sorte tournis pas trop désagréable. Loin des déclarations spectaculaires de son prédécesseur, le nouveau président s’est lancé dans une série de mesures étonnantes qui devraient transformer le pays de façon significative. Et qui découlent de longues luttes dont on a longtemps douté des résultats. Certains observateurs habituellement sceptiques ne craignent pas de renoncer à leur pessimisme. Selon Serge Halimi, directeur du Monde diplomatique, les États-Unis viennent d’adopter « une des lois les plus sociales de leur histoire. » Le (...)

Avec 20 ans de recul, ce texte se veut un retour sur la mobilisation qui a convergé vers la ville de Québec en avril 2001, où se tenait le Sommet des Amériques. Après une mise en contexte sociopolitique, nous présenterons les principaux acteurs de cette mobilisation, son déroulement, puis quelques éléments de bilan.

C’est une question d’argent surtout Malgré certaines dérives du pouvoir en place dénoncé pour son autoritarisme, malgré la crise politique et la montée de l’insécurité, des acteurs de l’international ne jurent que par l’organisation d’élections dans le pays en 2021. Ils soutiennent même un référendum pour changer la Constitution, ce qui est interdit par l’actuelle Loi mère du pays. Dans un rapport de seize pages confié au Conseil de sécurité des Nations unies le 11 février 2021, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti confirmait cet appui. Comme l’ONU, l’ambassade des États-Unis en Haïti se (...)
La neutralité n’existe pas, il s’agit de la subjectivité blanche. [1]. Je pose donc mon cadre d’énonciation. Je ne suis pas blanche, je suis algérienne avec le privilège acquis par la violence coloniale, d’avoir un passeport français. Je n’ai pas fait de grandes études. Déjà au lycée je désertais. J’ai osé m’immerger à 35 ans « dans la gueule du loup » pensant avoir les reins assez solides. Je remercie les nations autochtones de me tolérer sur leurs terres sacrées. — NTB Me voilà à ma seconde immigration, cette fois avec un visa précaire. Je pensais l’université québécoise plus ouverte que la (...)

La comparaison entre les hauts faits du duvaliérisme et les actions de Jovenel Moïse fait émerger des ressemblances troublantes.

Tout laisse à penser que le Brésil dépassera sous peu le nombre de morts enregistré aux États-Unis, à cause du je-m’en-foutisme du gouvernement de Bolsonaro. La situation s’est aggravée, les hôpitaux manquent terriblement d’oxygène et de lits. Bolsonaro est atteint de thanatomanie, une tendance pathologique à jouir de la mort d’autrui.

« Nous lisons à propos des vies perdues et on nous donne souvent les chiffres, mais ces histoires se répètent tous les jours, et la répétition semble interminable, irrémédiable. Il faut donc se demander ce qu’il faudrait non seulement pour appréhender le caractère précaire des vies perdues pendant la guerre, mais aussi pour que cette appréhension coïncide avec une opposition éthique et politique face aux pertes que la guerre entraîne [1]. » Judith Butler, Frames of War (p.13) Et si, pour analyser le processus de paix en Colombie, nous remettions le corps au centre des réflexions ? Le corps, (...)
Vous avez sans doute été autant estomaqués que moi devant les résultats de l’élection aux États-Unis. En dépit de tout ce qu’on sait sur Donald Trump, presque un.e Étatsunien.ne sur deux a voté pour lui. La victoire de Joe Biden, bien que claire, semble fragile : moins par le refus de Trump de céder sa place que par son puissant effet d’entrainement sur une partie de l’électorat, dont le mécontentement ne cessera probablement pas. Le grand tour de force de Trump, on l’a dit mille fois, est de faire croire que ses propres intérêts correspondent à ceux de toutes les personnes qui l’appuient, peu (...)
Les « fausses nouvelles » ont beau défrayer de plus en plus les manchettes aux États-Unis dernièrement, la propagande, la désinformation et le complotisme ne sont pas des phénomènes qui viennent d’apparaître. Dans les années 1950, l’historien Richard Hofstadter a traité dans un article qui a fait date (The Paranoid Style of American Politics) des courants de pensée complotistes dans l’histoire américaine, comme en particulier le maccarthisme, les divagations sur la fluoration de l’eau et les histoires de fou concernant les Illuminati et les francs-maçons obsédés par la prise de contrôle en (...)
Contre toute attente, le parti Mouvement vers le socialisme (MAS) a remporté les élections du 18 octobre en Bolivie avec 55,1 % des voix. C’est mieux que le score de Evo Morales en 2005 qui avait obtenu 53,75 % des voix des électeurs. Cela donne au président élu du MAS, Lucho Arce, l’un des mandats les plus clairs de l’histoire bolivienne, et constitue en partie une approbation majeure des politiques du MAS et de ses 14 années au pouvoir. Les élections ont eu lieu quasiment un an après le coup d’État qui a renversé l’ancien président du MAS, Evo Morales, et installé au pouvoir la sénatrice (...)
Ce dimanche, le Chili a été confronté à un défi historique et inédit : son peuple a été consulté pour la première fois de son histoire pour savoir s’il souhaitait ou non une nouvelle Constitution et, si la réponse affirmative était majoritaire, quel type d’organe devra se charger de rédiger la nouvelle Carta Magna. Il y avait deux alternatives : soit une « Convention constitutionnelle » composée de 155 personnes exclusivement élues à cette fin et qui, une fois le processus achevé, devrait être dissoute, soit une « Convention mixte » composée de 172 membres, dont 50 % seraient des parlementaires et (...)
La sortie du documentaire sur la vie du mercenaire québécois Raymond Boulanger diffusé sur Crave [N.D.L.R : à la mi-août ] arrive lors d’une période extrêmement difficile pour la Colombie : l’intensification sans précédent, depuis 2016, des massacres de masse. Ainsi, un 5e épisode pour la série serait de mise sur les conséquences du commerce international des drogues et des armes sur la population colombienne. En pleine pandémie mondiale, le 21 août 2020, le pays s’est réveillé avec la nouvelle d’un quatrième massacre en moins d’une semaine : 5 mineurs ont été assassinés à Llano Verde (Cali, (...)
Nous sommes des jeunes d’Extinction Rebellion Québec et de la CEVES. Nous sommes des personnes racisées et noires. Nous sommes déçu·es. Nous sommes insatisfait·es. Nous croyons en un futur juste et vert, mais la vision de la lutte climatique mainstream laisse énormément à désirer. Nous croyons en notre mouvement et c’est pour cela que nous dénonçons publiquement les problèmes fondamentaux qui lui ont nui pendant des années et qui risquent de lui nuire encore, à moins d’un changement immédiat et urgent. Aujourd’hui, nous dénonçons la discrimination systémique exercée à notre encontre par deux (...)
Des membres de la Première nation de Madawaska ont allumé un feu sacré pour Chantel Moore, une femme de la Première nation Tla-o-qui-aht en Colombie Britannique qui a été tuée par la police d’Edmundston le 4 juin dernier lors d’une vérification de son état de santé. Moore avait récemment déménagé à Edmundston pour se rapprocher de sa fille de cinq ans et de sa mère. Depuis avril, la police canadienne a tué au moins cinq autochtones : Chantel Moore, 26 ans, Eishia Hudson, 16 ans, Jason Collins, 36 ans, Stewart Kevin Andrews, 22 ans et Everett Patrick, 42 ans. Selon Russ Letica, de la Première (...)
L’apparition de l’épidémie de la COVID-19 à Wuhan en Chine, puis sa transformation en pandémie, a transformé les pratiques de relations sociales à travers des États et territoires où vivent peuples, citoyens et sujets. De pareils phénomènes sanitaires circonscrits dans certains pays d’Afrique ont déjà produit ses effets dévastateurs, comme la flambée d’Ebola, ou en Haïti qui a été gravement affectée par l’épidémie du choléra ayant modifié complètement les habitudes de l’utilisation et la consommation de l’eau dans ce pays. En Haïti, la COVID-19, causée par le virus du SRAS-CoV-2, aurait pu enclencher un (...)

Avec plus d’un million et demi de cas et plus de 100 000 décès recensés, les États-Unis paient un lourd tribut à la COVID-19. Mais la crise sanitaire révèle surtout un pays miné par les inégalités, profondément ségrégué, où le rêve américain ne semble plus qu’un lointain souvenir. Et si la première puissance mondiale entrait dans une phase d’appauvrissement généralisé sans précédent ?

Le gouvernement de Bolsonaro encourage les grands propriétaires terriens et les compagnies minières à piller les ressources des terres indigènes. Aujourd’hui, les populations autochtones du Brésil doivent en plus affronter l’épidémie. Elles comptent sur le travail de leurs élues et représentants communautaires sur le terrain.

Sans statut légal depuis 2018, Abdoul* vit dans une peur et une instabilité constantes. Avec l’arrivée de la pandémie de COVID-19 et en l’absence d’appui financier du gouvernement, sa précarité prend aujourd’hui une ampleur critique.

Une journée sans femmes. L’idée semble curieuse, elle est salvatrice. Le 9 mars [2020, NDLR], les citoyennes mexicaines vont organiser un grand mouvement de grève nationale pour protester contre les violences et les féminicides. Un « évanouissement » féministe.

Les antiféminismes sont un contre-mouvement d’action et de pensée qui s’opposent aux féminismes [1]. Ils visent à déformer des concepts et des théories, à délégitimer les mouvements féministes et leurs revendications et cherchent à bloquer les avancées vers l’autonomie et la liberté pleines des femmes [2]. Si dans le milieu universitaire européen et nord-américain, spécifiquement le québécois, les discussions sur les antiféminismes sont déjà largement abordées, l’analyse de ce phénomène en Amérique latine a été délaissée en faveur d’autres concepts. Cependant, il nous semble que la notion (...)
Carbonleo vient de présenter son nouveau complexe Royalmount, pour répondre à la forte opposition que ce projet a entraînée. Tout est maintenant prévu pour faire avaler l’inacceptable. Dans ses publicités, on voit des images dégoulinantes de verdure, un véritable paradis terrestre qu’il fera bon de fréquenter à pied ou à vélo. Curieusement, on y observe très peu de magasins, alors qu’il s’agit avant tout d’un centre commercial. La compagnie a appliqué avec zèle les principes élémentaires du petit manuel de l’acceptabilité sociale de l’entreprise. Ce qui ne règle en rien les problèmes de base de ce (...)
Le manque d’éthique, incarnée par les grandes entreprises, dirige une grande partie de l’économie canadienne. Du mépris flagrant démontré par le secteur extractif envers l’environnement et les droits humains à la fabrication de systèmes et de composants d’armes utilisés pour la guerre au Yémen, le Canada profite de la destruction et des conflits. Au cours des dernières années, un nouveau secteur a gagné du terrain dans l’économie canadienne. Le nombre de start-ups technologiques et de laboratoires de recherche travaillant au développement de l’intelligence artificielle croît à un rythme (...)
C’était une belle journée de printemps à Santiago. Les 28°C qui cognaient sur ma chevelure blonde faisait contraste avec La Paz, où je vis présentement, métropole aux températures plus fraîches nichée à quelques 3600 mètres d’altitude. Je me trouvais dans la capitale chilienne pour quelques semaines en vue de trois sommets internationaux en marge de la Conférence des Parties sur le changement climatique (COP25) : le Sommet des Peuples, la Société civile pour l’action climatique (SCAC) et le Tribunal international pour les droits de la nature. La décision du gouvernement du Chili d’annuler (...)

Le premier président progressiste de l’histoire moderne du Mexique a hérité d’une situation désastreuse du point de vue sécuritaire. Après 12 ans d’une stratégie de « guerre contre les cartels » qui a enlisé le pays dans un drame humanitaire sans précédent, il peine à freiner la courbe de la violence.

Le 12 janvier 2010 non seulement rappelle la plus grande catastrophe naturelle à avoir jamais affecté Haïti, il est aussi la date qui lance la deuxième décennie du XXIe siècle dans notre pays. Les cent ou trois cent mille morts et la grande désolation laissés par le séisme vont amener sur nos rives une flopée de bons samaritains, institutions internationales spécialisées dans les catastrophes et aventuriers de l’entraide, dont la plupart vont nous dépouiller au lieu de nous aider. Les 35 secondes du tremblement de terre et la gestion catastrophique de l’après-séisme marquent toute la décennie (...)

En poste depuis 2006, Evo Morales, le premier président indigène de Bolivie, a été renversé par un coup d’État. Des débats sur la manière dont cela est arrivé et ce que cela signifie ont proliféré dans la gauche à l’échelle internationale. Ashley Smith a discuté avec Jeffery R. Webber et Forrest Hylton, deux observateurs de longue date de la Bolivie, pour mieux comprendre les problématiques en jeu.

Au Chili, la mobilisation sociale se poursuit, soutenue par une très large partie de la population. Le président-milliardaire Piñera vient cependant de faire savoir qu’il irait jusqu’au bout de son mandat. S’il reconnaît aux micros de la BBC être responsable d’une partie du « problème », il précise que celui-ci s’est « accumulé depuis 30 ans ». Allons jusqu’à 46. Allende tombait, encerclé par les putschistes ; Pinochet s’emparait du pouvoir puis recrutait un groupe d’économistes formés à Chicago par Milton Friedman et Arnold Harberger. Le Chili, dans la rue, rejette aujourd’hui la greffe. L’auteure, historienne latino-américaniste, revient sur la construction de ce soi-disant « miracle économique ».

Au cours du mois de novembre 2019, des milliers de Colombiens, surtout des jeunes, participent aux mobilisations quotidiennes de la nation caféicole. Tout a commencé par une grève nationale majeure le jeudi 21 novembre, ce qui ne s’était pas produit depuis 1977. Parmi les organisateurs de ces marches et de la grève figurent des syndicats, des organisations étudiantes, des organisations de femmes, des peuples indigènes, des écologistes et des groupes politiques opposés au gouvernement d’Iván Duque [qui est membre du parti de droite radicale Centre démocratique et proche d’Alvaro Uribe ; il (...)

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