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Le Forum social mondial :

De Porto Alegre à Mumbai, un autre monde est possible !

12 novembre 2003

Le Forum social mondial (FSM) se tiendra pour la quatrième année dans la ville de Mumbai (ancienne Bombay) en Inde du 16 au 21 janvier 2004. Cette fois-ci les organisateurs s’attendent à rassembler, comme l’année précédente, autour de 100 000 participants, soit dix fois plus que la première rencontre du FSM en 2001. Les trois éditions antérieures du FSM ont eu lieu dans la ville de Porto Alegre au Brésil, aux mêmes dates que le Forum économique mondial de Davos. Une telle progression ne va pas sans imposer des défis organisationnels considérables.

Rendez-vous en Inde

En tant que mouvement international, le FSM devait être exporté ailleurs dans le monde. Selon les principes d’inclusivité et de représentativité de la société civile mondiale, le FSM devait rejoindre les citoyen-nes de tous les continents. Or, cette mission aurait été impossible en organisant chaque année le forum au même endroit. Il était donc clair que le FSM 2004 n’allait pas se dérouler au Brésil. La ville de Porto Alegre fut un incubateur formidable pour le FSM. La conjoncture politique était favorable ; le Parti des Travailleurs était déjà au pouvoir dans la région, appuyant la tenue de l’événement financièrement et logistiquement. Restait plus qu’à organiser le forum et à mobiliser les troupes (juste ça !). Ce qui fut accompli avec succès. Pendant trois ans, le FSM s’est développé, s’est renforci, a pris de l’ampleur, et est maintenant près pour affronter de nouveaux défis.

Suite à de longs débats, le Conseil international du FSM a choisi l’Inde comme hôte du FSM 2004 pour des raisons politiques et logistiques. L’un des objectifs fondamentaux du FSM étant de démocratiser le dialogue et de permettre au plus grand nombre de citoyens du monde de prendre parole, il était là aussi évident que le FSM allait se déplacer en Afrique ou en Asie, là ou la concentration de la population est la plus élevée, et là ou malheureusement, elle est aussi la plus défavorisée. Le choix du conseil s’arrêta sur l’Inde, parce que le pays offrait un espace démocratique intéressant, rendant possible l’organisation de l’événement. Finalement, la ville de Mumbai a été choisie par le comité organisateur du FSM, qui comprend quarante organisations indiennes, aussi pour des raisons politiques et logistiques. C’est que la ville a une longue tradition de lutte ouvrière et d’activité politique de contestation face au néolibéralisme.

Le FSM se déroulera donc dans un grand Centre de Congrès localisé dans la région nord-ouest de la ville. À cet endroit seront aménagées des salles pouvant contenir les milliers de délégué-es qui vont se rencontrer dans les nombreux séminaires, colloques, ateliers et discussions présentés au forum mais aussi au fameux Campement de la jeunesse.Comme lors de chaque édition du forum, cinq axes thématiques orienteront les débats et le contenu des activités. Cette année encore, l’emphase est mis sur la militarisation et la lutte contre la guerre et pour la paix. Les thèmes comme l’information et la communication ; la démocratie, l’environnement et la sécurité alimentaire ; et finalement, l’exclusion, la dignité et les droits, s’inscrivent dans les autres axes thématiques.

Qu’est ce que le FSM ?

Il faut rappeler que le FSM n’est pas seulement un événement grandiose, c’est d’abord et avant tout un point de convergence où des organisations et des mouvements issus des quatre coins du monde viennent dialoguer, analyser et élaborer de nouvelles stratégies d’action pour contrer le néolibéralisme. Le FSM rassemble les mouvances, les positionnements, les contestations et les mobilisations déjà existantes, mais il est aussi lieu de naissance pour de grands mouvements planétaires à venir.

Il ne s’agit pas non plu d’une instance de délibération ni d’une organisation. La Charte des principes du FSM adoptée au lendemain du FSM de 2001 établit clairement le sens de la démarche proposée. Il s’agit d’un lieu de rencontre qui favorise les « débats d’idées, la formulation de solutions, d’alternatives et de pistes d’action, ainsi que la mise en réseau entre les associations et les mouvements de la société civile qui sont opposés à la mondialisation néo-libérale des marchés, à la domination du capital et à l’impérialisme, et qui sont engagés dans la construction d’une société planétaire plus humaine, respectueuse des droits et de l’environnement » (charte des principes du FSM).

Aujourd’hui le FSM joue un rôle fondamental entre les mouvements progressistes de partout dans le monde en construisant des ponts entre les différents types et secteurs d’engagement et de luttes. Le processus de construction du FSM auquel nous assistons actuellement permet de répandre dans le monde entier les articulations dans la lutte contre le néolibéralisme, de les amplifier et de les renforcer. Il permet aussi d’approfondir le débat sur les propositions alternatives de développement, et encourage la réalisation de plus en plus de mouvements, réseaux et initiatives de lutte contre la domination du capital.

Marcela Escribano

Mobilisation

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