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Déclaration de la délégation de La Via Campesina au Forum social mondial de 2016

31 août 2016

« Non seulement croyons-nous qu’un autre monde est nécessaire, les membres de La Vía Campesina construisent déjà un monde meilleur. »
Carlos Marentes, co-coordinateur de la région Amérique du Nord de LVC

Nous, représentants et représentantes d’organisations membres de La Via Campesina (LVC), région Amérique du Nord (Union paysanne du Québec, National Farmers Union du Canada, National Family Farm Coalition, Rural Coalition et Border Agricultural Workers Project des États-Unis), accompagnés de membres de LVC d’Europe, de la Palestine et du Brésil, avons participé au Forum social mondial à Montréal, Québec, du 9 au 14 août 2016.

Nous avons été chaleureusement reçus par l’Union paysanne et nous avons réaffirmé notre appui à leur lutte pour mettre fin au monopole syndical qui exerce son emprise sur l’agriculture au Québec, en ajoutant notre voix à la revendication « Pas de souveraineté alimentaire sans souveraineté paysanne ! »

Lors de notre conférence de presse du 11 août, Maxime Laplante a déclaré : « La situation du Québec est extrêmement particulière, car il n’y a qu’une seule organisation au Québec qui a le droit de représenter les agriculteurs ici, de négocier avec le gouvernement ou d’intervenir dans la gestion des plans de mise en marché, le marketing, etc. Cette organisation, c’est l’Union des producteurs agricoles (UPA). C’est la seule organisation qui jouit du droit légal de représenter les agriculteurs. »

La coordinatrice de La Via Campesina Amérique du Nord et vice-présidente de la National Family Farm Coalition Dena Hoff a déclaré : « Toute la région de La Via Campesina est derrière l’Union paysanne et appuie sa lutte pour être reconnue par le gouvernement du Québec en tant que voix des paysans qui luttent pour la souveraineté alimentaire. »

La délégation de LVC a participé avec enthousiasme à la manifestation d’ouverture, à un grand nombre d’ateliers, de panels et d’assemblées qui portaient notamment sur la souveraineté alimentaire, le droit à l’alimentation, les sociétés post-extractives, l’agroécologie et la réforme agraire populaire, et l’avenir du FSM, conjointement avec ses alliés y compris le groupe ETC, Grain, l’espace Climat, l’Indigenous Environmental Network (IEN), Global Justice Now, USC Canada, SUCO, Why Hunger, Grassroots Global Justice Alliance, Coalition mondiale des forêts, Focus on the Global South, Développement et Paix, Inter-Pares, Vigilance OGM Québec et plusieurs autres.

Comme l’a dit Dena Hoff : « La lutte pour la souveraineté alimentaire sera gagnée avec un million d’initiatives de lutte de la base. »

Au moment où les crises s’approfondissent dans le monde, notamment la souffrance massive des migrants qui fuient la guerre, la pauvreté et la faim croissantes, les événements météorologiques extrêmes, l’accaparement des terres et des ressources par les transnationales, l’expansion et la consolidation de l’agrobusiness et des monocultures des plantations de fourrage et de biocarburants partout sur la planète, La Via Campesina, nous déclarons notre engagement ferme dans la lutte acharnée pour la souveraineté alimentaire, une réforme agraire populaire, la souveraineté semencière et de la biodiversité, la démocratisation du système alimentaire et une solide défense des droits humains.

Nous contestons l’utilisation du concept « d’agroécologie » et des mots à la mode liés au climat en dehors du contexte de la souveraineté alimentaire pour justifier une expansion de l’écoblanchiment ou recueillir des fonds pour une ONG. Nous insistons que l’agroécologie signifie une validation de l’agriculture à petite et moyenne échelle, de la recherche et de l’innovation paysanne et elle signifie l’intégration de pratiques traditionnelles et le contrôle de nos semences par les collectivités paysannes et rurales.

La souveraineté alimentaire est le droit des agriculteurs et des mangeurs de contrôler la production, la transformation et la distribution de leurs aliments avec des aliments culturellement appropriés et une rémunération équitable et une dignité pour les producteurs d’aliments. Nous affirmons que l’agriculture, la pêche, l’élevage, la chasse et la cueillette à petite échelle sont essentiels dans la lutte pour combattre les changements climatiques et continuer d’alimenter l’humanité. Nous voulons un accès à la terre pour tous et toutes, notamment les jeunes qui veulent nourrir leurs communautés. Nous voulons mettre fin à l’invasion des semences transgéniques dans nos territoires et nous exigeons que soit respecté le droit des agriculteurs de continuer de produire, de conserver et de partager leurs propres semences. Nous disons « Non » à l’agrobusiness et « Oui » aux gens de la terre et à la culture paysanne.

LVC a aussi publiquement critiqué le gouvernement du Canada étant donné que de nombreux dirigeantes et dirigeants de mouvement sociaux importants n’ont pu participer au FSM parce que plusieurs centaines de visas ont été refusés, y compris les visas de deux des dirigeants de notre délégation.

Nous avons aussi profité de l’occasion offerte par le FSM de 2016 pour exprimer notre solidarité avec tous les mouvements qui luttent aujourd’hui contre la violence, la dépossession, l’exclusion et les attaques contre les droits démocratiques des peuples. Nous avons tout particulièrement exprimé notre solidarité avec la lutte du peuple palestinien contre l’oppression et l’exploitation aux mains du colonialisme sioniste, la lutte de nos camarades du Mouvement des sans terre contre le récent coup d’État au Brésil, la courageuse lutte des Premières Nations contre les menaces contre l’intégrité de leurs terres que constituent l’exploitation des sables bitumineux, les oléoducs et les autres actions destructrices du capital, et la lutte contre la violence croissante contre les Noirs et c’est pourquoi nous appuyons pleinement le mouvement Black Lives Matter.

GLOBALISONS LA LUTTE, GLOBALISONS L’ESPOIR !

Préparé à Montréal, Québec, le 14 août 2016