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COP21 : Hommage aux mouvements citoyens et environnementaux

Le réel triomphe de Paris

Elizabeth Laval, 21 décembre 2015

Succès ou échec selon les perceptions, moment historique indéniablement, nul n’est resté indifférent face à l’effervescence qu’a générée la COP21 au cours des dernières semaines. Pourtant, plusieurs l’ignorent ou l’oublient, mais au-delà des négociations officielles qui ont retenu l’attention des médias, la ville lumière a surtout été enveloppée, voire assiégée par un tourbillon d’inspirations, de contestations et de solidarité produit par la société civile – le tout à peine un mois après avoir été frappée par les plus sanglants attentats terroristes de son histoire. Grâce au soutien des Offices Jeunesse Internationaux du Québec et à l’appui du programme Uniterra, j’ai pu ressentir l’exceptionnalité de ce moment. À travers ce court article, j’aimerais ainsi rendre hommage au dynamisme, à la créativité et au courage des mouvements citoyens et environnementaux qui ont mené la « vraie » COP, soit celle du peuple.

Vivre la COP21, c’est se lancer dans une aventure sociale de découvertes, d’apprentissages et d’engagements. On y valse notamment entre les divers quartiers généraux de la société civile qui ont été formés bénévolement. Depuis la 11e Conférence des Jeunes (COY11) qui a ouvert le bal, jusqu’au Village des alternatives, ces lieux d’échanges débordent d’initiatives simples, accessibles et déjà fonctionnelles, telles des start-up d’épargne écoresponsable, d’engagements éco-sportifs, ou de circuits-courts de production/consommation locale (etc., etc., etc.).

Expérimenter la COP, c’est aussi partager son déjeuner avec trois adolescents camerounais qui ont implanté des jardins agroécologiques dans leurs écoles ; son dîner avec un couple californien ayant convaincu leurs voisins ainsi que leurs autorités locales d’implanter un système de génération d’énergie communautaire 100% renouvelable dans leur petite ville ; et sa soirée avec des artistes engagés dans une salle débordant d’une énergie profondément humaine.

Finalement, la COP21 c’est se mobiliser, pacifiquement et toujours avec plus d’originalité. En effet, malgré l’interdiction de manifester et les mesures de sécurité renforcées, les plus courageux ont su mener à bien leurs actions non-violentes revendicatrices : mise en scène théâtrale chez UFIP, concert « Banque Niquons la Planète » chez BNP Paribas, 196 chaises prises en otage (une par délégué), chaînes humaines pour un climat de paix, etc.

C’est donc dans un tel contexte de propositions, d’engagement et de persévérance d’un mouvement citoyen à la fois diversifié et uni par la cause environnementale que s’est déroulée la COP21. Un mouvement citoyen qui aspire à des modes alternatifs de production et de consommation. Un mouvement citoyen qui propose des solutions concrètes. Un mouvement citoyen qui pose des actions directes.

C’est indéniablement à ce mouvement citoyen, prêt et enclin à défendre un monde plus juste et plus soutenable, que l’on doit en grande partie l’accord historique, aussi imparfait soit-il, entériné le 12 décembre dernier. Et c’est certainement aussi à celui-ci que l’on devra le réel succès de Paris. Car peu nombreux sont les décideurs qui impulseront le changement : ils suivront plutôt les changements provoqués par la société civile. L’Accord de Paris est en ce sens un nouvel outil sur lequel la société civile pourra faire valoir ses demandes. Notamment pour que les pays révisent leurs engagements actuels afin d’engager réellement la planète vers l’atteinte d’un réchauffement climatique en deçà de 2 degrés °C. L’établissement de l’agenda de révision des contributions nationales tous les cinq ans permettra notamment d’exercer une pression plus importante pour qu’une réelle transition écologique s’opère. Pour cela, la société civile devra continuer à faire entendre ses voix, pour contrebalancer le pouvoir qui maintient l’inadmissible iniquité du système actuel. Ce système économique globalisé qui est à la source même des changements climatiques.

C’est donc aux personnes qui composent ce mouvement citoyen environnementaliste que j’aimerais rendre hommage aujourd’hui. Toutes et chacune m’ont inspirée par leur manière de s’engager pour un monde plus juste et plus soutenable. Je ne peux qu’espérer voir cette magnifique énergie devenir contagieuse.


Voir en ligne : Suivez notre dossier sur les changements climatiques


Elizabeth Laval est conseillère en promotion de la participation citoyenne et de l’égalité homme-femme à Tarapoto au Pérou. - Uniterra