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Après 10 ans en défensive sous Harper, les mouvements sociaux doivent passer en mode offensive

Arij Riahi, 27 octobre 2015

Le 24 octobre dernier, des représentant-es du secteur syndical, environnemental, de la coopération internationale et oeuvrant sur la question palestinienne se sont assis-es à la table d’Alternatives pour échanger sur les enjeux auxquels feront face les mouvements sociaux sous le gouvernement libéral. Si plusieurs laissent échapper un soupir de soulagement devant le changement de gouvernement, aucun d’entre eux ne crie véritablement victoire. À la sortie d’une difficile décennie sous Harper, les mouvements sociaux dressent leurs listes de revendications et redoublent leurs ambitions.

"Le gouvernement libéral hérite du saccage de Harper, mais il hérite aussi d’un mouvement social en santé", soutient Aurore Fauret, organisatrice au sein du groupe environnemental 350.org."Nous avons perdu tellement de temps sous Harper qu’il nous faut maintenant aller plus loin. Il est là le défi des mouvements sociaux : il faut saisir l’opportunité de faire des demandes ambitieuses tout de suite pour non seulement rattraper le terrain perdu, mais aussi avancer".

De nécessaires convergences

Pour avancer, encore faut-il être capable de s’unir. François Saillant, coordonnateur du FRAPRU, a souligné l’importance de réussir des mobilisations plus importantes et de faire des luttes plus communes. Il s’est dit notamment déçu que le Forum social des peuples n’ait pas débouché sur des engagements importants de la part des mouvements sociaux.

Le Forum social des peuples, tenu à Ottawa à l’été 2014 est souvent décrit comme un point de convergence historique en ce qu’il réunissait différents groupes sociaux du Canada, du Québec et des Premières nations, mais il n’a pas officiellement donné lieu à un front commun. Plusieurs groupes du Québec s’étaient ensuite concentrés sur les élections provinciales déclenchées par un parti québécois minoritaire bercé par ses illusions identitaires déclinées dans le projet de Charte des valeurs.

Le "baromètre" palestinien

"L’enjeu de la Palestine a été un baromètre dans cette élection en mesurant le courage politique des politiciens et politiciennes", affirme Sabine Friesinger du groupe BDS-Québec. La coalition enregistrée comme un tiers parti à l’élection maintient avoir vu ses pancartes dénonçant l’attitude du gouvernement Harper face au conflit israélo-palestinien et autorisées par Élections Canada, être enlevées par la ville de Montréal.

"Il y a eu un changement dans la conscience collective au sujet de la Palestine depuis les dernières années et la majorité des gens distinguent facilement l’oppresseur de l’opprimé, même si on ne s’entend pas sur les solutions", ajoute Friesinger. "Il revient maintenant aux mouvements sociaux de canaliser cette énergie, maintenir les liens créés et unir les forces progressistes au pays".

Leurre progressiste

En étalant des exemples de promesses électorales libérales pour les travailleuses et les travailleurs, Serge Cadieux de la FTQ s’est tout de même montré méfiant. "Les enjeux dépassent les conservateurs puisque plusieurs gouvernements au fédéral, qu’ils soient conservateurs ou libéraux, ont pigé dans les fonds et rendu les prestations moins accessibles", a déclaré Cadieux en parlant notamment des prestations versées en vertu de l’assurance-emploi.

Même son de cloche auprès du représentant du FRAPRU dont les propos appellent à la vigilance. "L’élection du nouveau gouvernement crée une nouvelle dynamique, oui. Mais le parti Libéral n’est pas une force de changement" a martelé François Saillant. "Les Libéraux nous sont présentés comme une force de changement parce que le NDP a échoué à le faire"

L’événement organisé par Alternatives faisait suite à l’Assemblée générale annuelle des membres.