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Élections provinciales : pas d'argent pour l'environnement ?

GaïaPresse, 1er avril 2014

L’environnement est, encore une fois, le grand absent de cette campagne électorale. Pourtant, il ne se passe pas une journée, sans que les enjeux liés au transport, à l’aménagement territorial ou bien à la gestion des eaux de pluie, ne soient à la une des médias de masse, en cours d’année. Où est le problème ?

Pour remettre à table ses grands enjeux, le CRE-Montréal a invité, mardi soir [le 25 mars], neuf experts du domaine environnemental à questionner quatre représentants de partis politiques sur leurs vision et actions éventuelles dans le cas d’une accession au pouvoir.

Pas assez d’argent !

Le bilan pour l’ensemble des quatre représentants fut pourtant sensiblement le même : il n’y a pas assez d’argent.

« Il faut de l’argent, il faut avoir du courage d’aller le chercher là où il est » a affirmé Manon Massé du Québec Solidaire. La dualité économie/environnement a été le nœud qui a régi les discours des politiciens, hormis celui de Manon Massé qui a mis un accent sur la problématique de la santé, au cours du débat qui a duré plus de deux heures trente.

De nombreux problèmes liés à l’environnement ont été soulevés : l’augmentation de la congestion des transports, et donc celle des gaz à effet de serre, la gestion des eaux et celle des matières résiduelles.

Transport collectif : la solution pour diminuer les GES ?

Un récent sondage a montré que 88% des Québécois sont d’accord pour que le gouvernement investisse d’avantage dans les transports collectifs. Alors que les grands travaux routiers sont à peine amorcés, à long terme ils vont favoriser la congestion. Le développement accéléré du transport collectif est-il la solution ?

« Comment financer ces chantiers de réseaux collectifs évalués à une dizaine de milliards, alors que les revenus sur les taxes stagnent ? » s’est interrogé Florence Junca-Adenot, directrice Forum URBA 2015 de l’UQAM.

Monsieur David Heurtel du Parti libéral du Québec a proposé une augmentation des investissements en infrastructures, qui doit se faire directement avec les municipalités.

Sur la question du transport, Manon Massé a rappelé l’objectif ambitieux de Québec Solidaire de réduire de 40% les GES dans les 20 prochaines années.

Ce à quoi l’actuel ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, du Parti Québécois, a répliqué que cet objectif signifierait plus de 1,6 milliard de véhicules retirés des routes. « Ça me semble impossible », a-t-il soutenu.

Matières résiduelles : plus de leadership ?

Sur la question de la gestion de matières résiduelles, David Heurtel a rappelé l’importance d’accorder plus de pouvoir aux municipalités.

Selon Stéphane Le Bouyonnec de la Coalition Avenir Québec, les entreprises manquent clairement de leadership. « Il est inacceptable que la Société des alcools du Québec ne recycle pas ses bouteilles ! » a-t-il déclaré.

Des généralités

Chacun des neuf panelistes n’ayant que quatre minutes pour soulever un aspect particulier des enjeux environnementaux, les représentants des partis ont malheureusement eu un discours général, sans cibler les problématiques de façon précise.

Espérons que ce débat aura tout de même permis de remettre à jour les enjeux environnementaux dans les discours des chefs de partis pour la fin de cette campagne électorale.


Voir en ligne : http://gaiapresse.ca/nouvelles/elec...


Crédit photo : Bernard Bujold / Flickr