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Pour une télévision communautaire indépendante à Montréal

Ronald Cameron, 20 mars 2014

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a ouvert des audiences publiques pour permettre aux organismes et individus de la région de Montréal d’exprimer leurs positions d’ici le 10 avril concernant une demande de licence pour une télévision communautaire indépendante (TVCI) à Montréal. La préoccupation de l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA) à propos de la mission éducative et communautaire d’un média aussi important ne date pas d’hier. Il veut, par son appui à la démarche de TVCI, réaffirmer l’importance de la participation citoyenne, de l’éducation populaire et des exigences d’autonomie dans la gouvernance des organismes.

TVCI de Montréal vs MAtv de Vidéotron

La démarche de TVCI vise à obtenir une licence de télévision communautaire à Montréal. De telles licences sont accordées par le CRTC sur la base d’un territoire. Le groupe Vidéotron possède une licence de télévision communautaire pour la grande région de Montréal et diffuse du contenu sous la bannière de MAtv.
Comme le prétend Vidéotron, le CRTC ne peut le déposséder de son statut de « programmeur communautaire », à moins que TVCI démontre que MAtv n’est pas conforme au mandat de la licence de télévision communautaire. C’est pourquoi TVCI a déposé, du même coup, une plainte de non-conformité contre la chaîne MAtv. Selon les règles du CRTC, le financement des télévisions communautaires est assuré par les câblodistributeurs.

Qu’est-ce qu’une télévision communautaire ?

La plainte prend une dimension importante dans la démarche de TVCI. Elle questionne le caractère communautaire de contenu de MAtv. De plus, en 2012, Vidéotron a transformé Vox en MAtv et a renforcé le caractère professionnel de la production de contenu, ce qui s’éloigne de la définition du CRTC. Tout comme Cogeco, le groupe Vidéotron possède des chaînes de télévision communautaire sur le territoire du Québec. On mesure mal la dimension communautaire de MAtv, tant sur le plan des artisans que sur celui de ses liens avec le milieu. On voit mal comment l’action de Vidéotron a permis le développement de l’autonomie et des compétences des organismes sociaux et communautaires de Montréal dans le développement de contenus télévisuels.

Par ailleurs, il y a aussi la question de la gouvernance. Un modèle de télévision communautaire prend tout son sens dans un statut autonome du câblodistributeur. C’est d’ailleurs le cas de nombre de télévisions communautaires au Québec. Pour le CRTC, une télévision communautaire devrait notamment favoriser le pluralisme, l’expression des opinions, la rétroaction de la population, de la composition ethnique et autochtone de la collectivité. Elle doit couvrir des événements locaux, par exemple, la tenue des audiences de gouvernance municipale.

Nous croyons que la proposition de TVCI représente un projet plus conforme à la définition de télévision communautaire. Si les réseaux sociaux et communautaires veulent combler un vide et se doter d’un outil autonome de communication, ils doivent se mettre au jeu et agir d’ici le 10 avril dans le cadre des audiences du CRTC.


Voir en ligne : TVCI


Cette opinion de Ronald Cameron a été réalisée dans le cadre de ses fonctions comme Directeur général de l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes. Elle a été publiée notamment sur le site du journal Voir

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