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Enbridge : Québec a abdiqué ses responsabilités aux mains du gouvernement Harper

Patrick Bonin, 11 décembre 2013

Aujourd’hui le gouvernement du Québec a confirmé qu’il plie devant l’industrie pétrolière et le gouvernement Harper et accepte le projet d’Enbridge qui est lourd de conséquences pour les changements climatiques.

L’auteur est responsable de la campagne Energie-climat pour Greenpeace Canada.

En permettant l’arrivée du pétrole de l’Alberta, le plus sale de la planète au Québec, le pipeline de sables bitumineux d’Enbridge pourrait entrainer l’émission supplémentaires de quelques 4 à 8 millions de tonnes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère annuellement, soit l’équivalent de plus de 1 millions de voitures supplémentaires sur les routes [i]. Le Québec contribuera donc à l’expansion de l’industrie des sables bitumineux qui est déjà le plus gros projet industriel de la planète et un des plus destructeurs pour l’environnement. Le projet d’Enbridge ne fait qu’augmenter notre dépendance au pétrole, de surcroit le plus sale au monde.

Triste de constater que Québec a abdiqué ses responsabilités aux mains du gouvernement Harper qui a démantelé les protections environnementales et limité la participation du public pour accélérer l’approbation des projets d’énergies sales. Québec se fait ainsi le complice de l’augmentation des émissions canadiennes et de l’accélération des changements climatiques en nous enfonçant dans l’économie brune des sables bitumineux. Alors que le Président Obama a mentionné que le pipeline de sables bitumineux Keystone XL ne serait pas approuvé s’il augmente significativement les émissions de gaz à effet de serre, le Québec lui, ignore cet enjeu.

On assiste à une dangereuse tangente où Québec autorise un projet d’ampleur sans mener une véritable évaluation environnementale pour analyser les impacts qu’il aura. Pensons simplement à l’augmentation des émissions planétaires, aux risques de déversements, aux conséquences catastrophiques d’un déversement de pétrole lourd des sables bitumineux dans la rivière des Outaouais (ou même de pétrole de schiste qui, même après trois mois, était encore très présent dans la rivière Chaudière), à l’augmentation d’émissions de GES et autres polluants par les raffineries du Québec, à l’augmentation de la production québécoises de coke de pétrole (le « déchet » des pétrolières qui est aussi polluant que le charbon), au transport du pétrole par bateau entre Montréal et Lévis, etc. Journée sombre pour la population du Québec qui voit son gouvernement ressembler de plus en plus au gouvernement Harper sur la question pétrolière. Plus que jamais nous devrons être vigilants et mobilisés pour nous assurer que le Québec s’en va dans la bonne voie et ne nous précipite pas dans un cul-de-sac climatique…


Voir en ligne : Presse-toi à Gauche


[i] Selon l’IRIS, 300 000 barils par jour, entraînerait une augmentation de la production des sables bitumineux de l’ordre de 12 % par rapport au niveau actuel et un tel accroissement aurait pour conséquence de faire bondir les émissions de gaz à effet de serre (GES) 7,9 méga-tonnes d’équivalents en dioxyde de carbone (Mt éq. CO2) annuellement, soit l’équivalent de 1 650 000 voitures supplémentaires. Nous posons l’hypothèse que si 50% du pétrole provient des sables bitumineux cette augmentation serait de 50% (3,95 Mt éq. CO2). Source : IRIS (2013) : Projet d’oléoduc de sables bitumineux « Ligne 9B » : le Québec à l’heure des choix.