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Cri d’alarme lancé par la Ligue des droits et libertés

Isabelle L’Héritier, 11 octobre 2013

Lorsque l’ordre sociétal ne permet pas la mise en œuvre des droits, c’est l’ordre qu’il faut changer, pas les droits.

Après trois ans de réflexion collective auprès de plus de 30 organisations, la Ligue des droits et libertés (LDL) lance un appel au changement criant via son plus récent rapport sur l’état des droits humains au Québec et au Canada présenté vendredi matin au Comité social Centre-Sud. Dénonçant l’état de crise actuel et le recul généralisé des droits humains, la LDL urge le gouvernement Marois à insérer les droits humains au cœur de son agenda politique.

Selon le rapport, le modèle économique, social et politique actuel serait la source principale de la violation des droits humains au Québec et au Canada. « Le rapport appelle à des changements en profondeur. Le gouvernement doit mettre un terme à sa vision étroitement économique des programmes et des services publics », affirme Vincent Greason, porte-parole du LDL.

Aux yeux du LDL, l’obsession de la croissance économique et de la lutte au déficit adoptée par les gouvernements depuis les trente dernières années prévaut sur tout autre objectif de société actuel. Afin d’atteindre les objectifs économiques serrés, d’importantes compressions dans les programmes sociaux sont faites. Pendant ce temps, les impôts des plus riches et des entreprises sont réduits au nom de la croissance et de la compétitivité. Devant ce constat, le rapport dénonce la déresponsabilisation du gouvernement quant au partage des richesses et son discours de « responsabilisation des pauvres » qui marginalise les populations vulnérables. « La tendance actuelle du gouvernement de se retirer de plusieurs secteurs d’activités tels que l’éducation, la santé, le logement et l’alimentation, va à l’encontre des ses responsabilités fondamentales », croit la Ligue des droits et libertés. Plusieurs milieux sont laissés à la merci du libre marché et de la privatisation dont l’objectif principal est le profit.

La participation citoyenne à la démocratie situe également un enjeu sur lequel la LDL désire du changement vu qu’une partie importante de la société est présentement marginalisée et écartée du débat démocratique. « La participation citoyenne devient un privilège : seuls ceux qui acceptent les finalités imposées sont conviés à participer. Ceux et celles qui résistent et s’opposent sont exclus, bâillonnés et réprimés », dénonce l’organisation. D’autant plus inquiétant, les gouvernements n’hésitent plus à recourir à des mesures qui vont à l’encontre des droits humains afin d’étouffer les mouvements d’opposition. « Les gouvernements du Québec et du Canada ont compris que les coupes de financement des organismes constituent le moyen le plus efficace pour contrôler et limiter leur action » se désole le LDL.

Selon Vincent Greason, depuis les années 70 on observe une réduction de l’écoute des gouvernements face aux organismes sociaux. Le Québec tend à se déresponsabiliser et à renvoyer la gestion des plaintes aux gouvernements municipaux. Suite à la sortie du rapport, la Ligue des droits et libertés attendra avec une attention particulière la réponse de la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais.

Voir la version intégrale du Rapport sur l’état des droits humains au Québec et au Canada