Journal des Alternatives Alternatives - Alternatives est une organisation de solidarité qui œuvre pour la justice et l’équité au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde Page d'accueil du Journal des Alternatives

Partenaires

Droit au logement : S’organiser contre les expulsions et la spéculation

Maude Tapin, 3 juin 2013

Si l’importance d’avoir un toit sur la tête est un concept universel, le problème d’y accéder semble l’être aussi. Mais comme l’indique le nom d’un atelier, « les mouvements de lutte pour le droit au logement, à la terre et à la ville s’organisent contre les expulsions et la spéculation. »

Organisé par No-Vox, cet atelier tendait à rassembler des représentantEs de partout dans le monde pour faire converger leurs idées sur le sujet. Fondé lors du premier Forum social européen à Florence, puis prenant une dimension internationale en 2003, No-Vox est « un réseau d’associations, de mouvements et d’organisations, qui mène concrètement des luttes sociales sur le terrain. »

Étaient donc rassemblés pour l’atelier des représentants du Brésil, Portugal, Bénin, Égypte, Maroc, Mali, Québec, Chili, Japon et France pour présenter la situation de leurs pays respectifs. Chacun évoquait avec détermination le besoin et l’importance de faire bouger les choses.

Les impacts psychologiques de la pauvreté

Plusieurs points cruciaux sont ressortis lors de cet échange émouvant, notamment concernant les impacts psychologiques de la pauvreté et de l’endettement chez les gens sans foyer. On y pense rarement, mais la culpabilité due aux regards extérieurs vient souvent s’ajouter à la problématique de n’avoir nulle part où s’installer. Au Japon par exemple, le taux de pauvreté n’a été établi qu’en 2009, conséquence d’une pensée affirmant qu’avant cela, la pauvreté n’existait pas. Ceux qui sont pauvres aujourd’hui l’auraient donc cherché, ou le seraient par manque d’efforts. Cette idée préconçue n’est pas propre qu’au Japon.

La question de la dignité humaine a elle aussi fait surface quelques fois relativement au fait qu’on puisse difficilement être considéré comme une personne accomplie sans avoir de domicile fixe. Au Mali, on parle de droit au logement comme de droit à la terre, car il ne s’agit pas seulement d’avoir quatre murs entre lesquels se loger, mais aussi d’une manière de gagner sa vie. Au Brésil, le simple nom du groupe « My house is my life » vient appuyer cette idée.

Conjuguer médias et solidarité au service de la lutte

Même si les conditions permettant de déterminer la qualité de vie diffèrent, en passant par l’accessibilité à l’eau, aux circonstances politiques, au climat, au soutien de l’entourage, au taux de chômage... tous s’entendent sur l’importance d’être solidaire afin de contrer le problème lié à la pauvreté. L’atelier s’est d’ailleurs terminé par un rassemblement de tous les gens présents afin de réaliser une courte vidéo de solidarité en plusieurs langues.

L’importance de médiatiser cette problématique est également ressortie de façon unanime parmi les facteurs pouvant aider à faire avancer la situation. Tous doivent se réunir pour mener ensemble cette bataille qui, malgré quelques avancées, est loin d’être gagnée. En France, après maints combats, des groupes ont réussi à faire adopter certaines lois relatives au droit au logement. Il ne s’agit là que d’une infime victoire puisqu’ils doivent maintenant se battre afin de les faire appliquer.


Crédit photo : Maude Tapin