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Assurance-emploi : mentez ou vous serez pénalisés

Maude Messier, 17 février 2013

Montréal – Vous bénéficiez de prestations d’assurance-emploi en raison d’une mise à pied temporaire et vous avez l’intention de reprendre cet emploi quand vous serez rappelé par votre ancien employeur ? Ne le dites surtout pas en entrevue lors de votre recherche d’emploi, Service Canada pourrait couper vos prestations pour votre « négligence de profiter d’une occasion d’emploi ».

Dans le Guide de la détermination de l’admissibilité (lien), sur le site Internet de Service Canada, il est clairement indiqué que « même si c’est par souci d’honnêteté qu’une personne décide de révéler ses intentions futures, il n’en demeure pas moins qu’il y a refus d’emploi. »

Dans les directives adressées à ses employés, Service Canada précise qu’il y a refus d’emploi si un prestataire informe l’employeur « du fait qu’il n’est disponible que pour une courte période, soit à cause d’un départ éventuel de la région, d’une grossesse, d’un rappel éventuel à l’emploi précédent ou à une occupation qu’il préfère, soit en attendant de trouver mieux. »

Autrement dit, mieux vaut mentir, ou omettre de dire, c’est selon.

Dans un communiqué publié jeudi, la présidente de la CSQ, Louise Chabot, se disait « renversée » par les informations disponibles sur le site Internet de l’organisme.

« Comme si ce n’était pas assez odieux que le gouvernement Harper soit parti en guerre contre les travailleurs et les chômeurs en réduisant leur accès à l’assurance-emploi, Service Canada les incite maintenant à mentir aux employeurs s’ils veulent éviter de se retrouver dans une situation de refus d’emploi qui les disqualifierait comme prestataires. »

Elle s’insurge aussi du fait que Service Canada envoie les mêmes directives concernant les femmes enceintes.

Une travailleuse qui n’est pas embauchée parce qu’elle a informé l’employeur de sa situation risque techniquement d’être accusée de refus d’emploi et privée d’assurance-emploi.

« À cause de cette réforme aux odeurs d’inquisition, les travailleuses enceintes à la recherche d’un emploi vont devoir tout faire pour cacher leur grossesse à un futur employeur au risque d’être accusées de refus d’emploi. Ça n’a absolument aucun sens. À croire que le gouvernement de Stephen Harper veut nous ramener aux années cinquante ou bien au Moyen-Âge. »

Service Canada va même plus loin en affirmant que même si une personne ne s’est pas vue offrir ni recommander un emploi comme tel, mais qu’elle connaissait l’existence d’une possibilité d’emploi, « on peut considérer que le fait de ne pas poser les gestes raisonnables pour obtenir un emploi équivaut à ne pas avoir profité d’une occasion d’obtenir un emploi convenable ».


L’article original sur L’Aut’Journal : http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=4402