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La tentative de réhabilitation de Jean-Claude Duvalier est un flagrant déni de justice

Robert Berrouët-Oriol, 16 février 2013

Lettre ouverte d’un poète au quotidien Le Nouvelliste d’Haïti

(PS : Cette lettre ouverte avait été acheminée à Le Nouvelliste le 13 février en cours, à 11 h 22, mais le quotidien haïtien, à Port-au-Prince, n’a pas cru bon de l’accueillir dans ses pages. Le lecteur comprendra pourquoi…)


En Haïti, la période durant laquelle se tient le carnaval est un moment privilégié d’expression de toutes les outrances du langage et des frustrations de la vie quotidienne. Elle peut être également propice à la diffusion d’idées négationnistes[1] et fallacieuses dans les champs historique et politique. Formulées en pareil contexte, les idées négationnistes passent souvent presqu’inaperçues : l’éructation carnavalesque, seule, mugit dans la Cité, couvrant de sa bave burlesque toute autre parole.

Arthur V. CALIXTE, duvaliériste et tonton-macoute notoire, homme de main des Duvalier père et fils, vient de mettre à profit pareil contexte en publiant dans Le Nouvelliste du 8 février 2013, comme à la dérobée, anba pay, un article mystificateur et négationniste : « Jean-Claude Duvalier, la grande victime de l’histoire ». Fier ilote d’une sourde tentative de réhabilitation du nazillon haïtien, Arthur V. CALIXTE réécrit l’Histoire, s’inscrit dans le déni des faits connus et fabrique, pince-sans-rire, un Jean-Claude Duvalier « victime » et « dictateur progressiste ». En l’espèce il affabule et ment, prêche le faux et s’inscrit ainsi dans le droit fil de ce que les annalistes les plus compétents appellent le révisionnisme historique. En clair, ce sectateur duvaliériste, qui ne fait aucun métier d’historien connu et reconnu, est avant tout, dans la lettre même de son article, un falsificateur, un faussaire de la mémoire collective des Haïtiens.

Le Nouvelliste participe-t-il, lui aussi, à cette tentative de réhabilitation du nazillon haïtien ? Je ne le crois pas, telle n’est pas à ma connaissance la vision éditoriale du Nouvelliste, mais il appartient aux lecteurs critiques de ce journal d’être vigilants quant au traitement d’une information objective, plurielle, alternative, responsable et différenciée dans ce dossier… À l’aune de cette réserve, j’estime que Le Nouvelliste s’inscrit de manière générale dans une culture démocratique du droit à la liberté d’expression lorsqu’il permet, même à un faussaire tel qu’Arthur V. CALIXTE, de s’exprimer dans ses pages. Dans un tout autre contexte –au cours des années de grande terreur duvaliériste, par exemple vers 1968 – 1972–, le Nouvelliste n’aurait pas ouvert ses pages à la romancière Marie Chauvet, aux poètes Anthony Phelps et Georges Castera, au prêtre Spiritain Max Dominique ou à l’économiste Gérard Pierre-Charles. L’effectivité du droit à la liberté d’expression est une conquête des luttes démocratiques des années 1986 – 1991 dont bénéficient les citoyens de toutes allégeances, y compris certains tontons-macoutes auteurs d’horribles crimes et qui, en 2013, n’ont pas encore été jugés par la justice haïtienne… Arthur V. CALIXTE, a bien le droit de s’exprimer, dans Le Nouvelliste et ailleurs –la Constitution de 1987 garantit ce droit. Mais avec le petit catéchisme papadocoquin qu’il vient de nous infliger dans Le Nouvelliste, Arthur V. CALIXTE « oublie » de dire aux lecteurs que la liberté de parole et les libertés citoyennes les plus élémentaires n’existaient pas sous la dictature des Duvalier père et fils qu’il a servi sans états d’âme… Il « oublie » aussi de dire que toute libre prise de parole durant la dictature des Duvalier père et fils a conduit des milliers d’étudiants, intellectuels, ouvriers, paysans et professionnels en prison et qu’ils ont été froidement torturés et/ou tués par les macoutes… Et de 1804 à 1986, c’est bien durant la dictature des Duvalier père et fils que le pays a connu les plus grandes saignées migratoires de l’histoire nationale, les exodes les plus massifs de sa population : cadres, professionnels, simples travailleurs, chômeurs, paysans, tous fuyant les crimes d’État à grande échelle, la terreur au quotidien couleur pintade…

La petite confrérie des hommes de main chargée aujourd’hui de réhabiliter le nazillon, en une posture toute autistique, tente d’évacuer ou de discréditer le fait qu’il existe contre Jean-Claude Duvalier, depuis plusieurs années, un solide dossier de crimes d’État et de mise en accusation devant la justice. Nombre de victimes de la dictature sont partie civile des plaintes, les témoignages des victimes sont consignés et accessibles, des dossiers rigoureux et bien documentés ont été déposés par-devant les instances concernées, et il existe une jurisprudence internationale conséquente et bien étayée relative aux imprescriptibles crimes contre l’humanité commis durant le « règne » du dictateur Jean-Claude Duvalier. Je cite pour l’Histoire et surtout pour les jeunes nés après 1986 –ils sont environ 40 % de la population haïtienne–, des extraits d’un dossier fort éclairant établi par une institution crédible, connue pour la rigueur de ses investigations et de ses interventions, la Human Rights Watch : ce dossier, qui n’a pas encore été traduit en créole, porte avec une grande justesse le titre « HAÏTI, UN RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE – LES POURSUITES CONTRE JEAN-CLAUDE DUVALIER [2] » :

« Sous l’autorité de Jean-Claude Duvalier, le gouvernement d’Haïti s’est appuyé sur un vaste réseau de forces de sécurité afin d’imposer son autorité à travers une série de violations des droits humains, y compris : les prisonniers politiques et le Triangle de la mort : des centaines de prisonniers politiques détenus dans un réseau de trois prisons connu sous le nom de « Triangle de la mort » sont morts des suites de mauvais traitements ou d’exécutions extrajudiciaires. Disparitions et assassinats politiques : de nombreux prisonniers politiques pénétrèrent dans le « Triangle de la mort » sans en ressortir, et leurs familles ignorent toujours leur sort. Des exécutions sommaires de prisonniers ont également été rapportées, notamment celles des prisonniers détenus à Fort Dimanche, le 7 août 1974 ; celles de sept personnes exécutées le 25 mars 1976 ; huit prisonniers auraient également été exécutés à Morne Christophe et Titanyen le 21 septembre 1977. Enfin, les forces de sécurité se seraient également rendues coupables d’assassinats politiques. Actes de torture : les prisonniers politiques étaient souvent soumis à des tortures brutales lors de leurs interrogatoires. Une méthode de torture couramment utilisée – le djak, en créole haïtien – consistait à attacher les mains des prisonniers derrière leurs jambes pliées, et à introduire un bâton ou une barre entre leurs jambes et leurs bras. Ainsi attachés, les prisonniers étaient frappés avec des bâtons. Répression contre la presse et contre les dissidents politiques : les libertés d’association, de réunion et d’expression firent l’objet de sérieuses restrictions. Le gouvernement fit fermer des stations de radio ou des journaux indépendants à plusieurs reprises et des journalistes étaient constamment passés à tabac, emprisonnés et contraints de fuir le pays. » (Lien pour consulter ce dossier : Duvalier)


Le déni de justice au cœur de l’appareil judiciaire haïtien

Dans l’analyse objective de la tentative en cours de réhabilitation du nazillon Jean-Claude Duvalier, il ne faut surtout pas perdre de vue plusieurs axes de la configuration sociopolitique d’Haïti dans son ensemble : (a) la société haïtienne est encore profondément « duvaliérisée[3] » ; (b) l’actuel Exécutif haïtien est un pouvoir structurellement et idéologiquement néo-duvaliériste qui de facto garantit l’impunité au dictateur Jean-Claude Duvalier ; (c) à l’instar des autres composantes de l’État, l’appareil judiciaire haïtien est largement défaillant et souvent aux ordres du politique auquel il est soumis par tradition et au gré de ses intérêts. Et tous ces axes de la configuration sociopolitique d’Haïti recoupent d’autres vecteurs : la braderie des valeurs nationales de référence ; la réitération des crises institutionnelles affaiblissant à la fois l’Exécutif et le législatif ; l’effondrement de la production agricole qui annonce l’arrivée d’une prochaine famine à l’échelle nationale ; le développement d’une sous-culture du mercenariat prédateur enfantée par le duvaliérisme et à l’œuvre dans la bourgeoisie traditionnelle, dans les souilles de la petite bourgeoisie urbaine, dans les ministères, chez les lumpen-intellectuels et les lumpen-professionnels, ainsi que dans les couches défavorisées de la population sujettes aux sirènes du narcotrafic et du populisme d’État, un populisme verbomoteur prédateur et gran manjè alimenté au fil des dérives lavalassiennes.

Il faut aussi prendre en compte que l’École de la magistrature est une institution jeune (elle a été créée en 1995) et elle n’a pas encore d’impact qualitatif mesurable sur le judiciaire en Haïti. Et sauf exception, dans la configuration de soumission multiservices de la magistrature au politique, la défaillance du pouvoir judiciaire est particulièrement propice à la reproduction de la sous-culture de l’impunité et de la banalisation des crimes de la dictature duvaliériste dont Arthur V. CALIXTE, duvaliériste et tonton-macoute notoire, homme de main des Duvalier père et fils, est probablement le porte-parole officieux. Car c’est bien cette sous-culture de l’impunité qui permet de comprendre, pour l’essentiel, les atermoiements sinon la cécité consentie des pouvoirs judiciaire et exécutif depuis 1987 au chapitre de l’imposture étatique. Exemples : (1) les assassins de Mireille Durocher-Bertin n’ont toujours pas été jugés ; (2) ceux de Jean Dominique non plus ; (3) les mercenaires narco-pyromanes du FRAHP se la coulent douce sans être inquiétés ; (4) les narco-mercenaires des FAd’H (Forces armées d’Haïti) et autres condottiere du coup d’État de 1991 mènent carrosse en Haïti ; (5) les narcotrafiquants lavalassiens courent toujours, parmi lesquels les meneurs de la sanglante « Opération Bagdad » de 2004 ; certains d’entre eux occupent aujourd’hui les antichambres glauques de l‘actuel Exécutif ou, comme frappés d’une grâce « patriotique », d’une mutité monnayée par l’Exécutif, s’affairent à « légiférer » au Parlement… Et il semble que l’on ne soit pas près de voir l’aboutissement de l’explosif dossier du narco-kidnappeur Clifford Brandt –allié naturel du pouvoir rose-pintade–, emprisonné depuis plus de deux mois… Mais par-dessus tout on le sait, l’appareil judiciaire haïtien a depuis fort longtemps été étiqueté par la malice populaire : « l’enquête se poursuit », elle vogue « de Charybde en Scylla », loin, très loin de la règle du Droit … Pourtant pourtant Haïti a signé nombre de conventions internationales.

À ce chapitre, voici ce qu’en dit William G. O’Neill, avocat spécialiste des questions de droits de l’homme et conseiller des Nations–Unies pour le Kosovo. Il nous enseigne qu’« Haïti a reconnu la juridiction du tribunal interaméricain et se trouve donc liée par ses principes. Les exactions aboutissant aux milliers de victimes assassinées, torturées et disparues sous le règne de Jean-Claude Duvalier ont été des crimes contre l’humanité au moment de leur perpétration entre 1971 et 1986. Ces victimes, leurs parents et les survivants méritent de voir leur cas enfin saisi par la Justice. En conséquence, la décision du Juge Carvès doit être et attend d’être renversée. » (William G. O’Neill, « Analyse des décisions arrêtées par le commissaire du gouvernement Félix Léger au 3 novembre 2011 et par le juge d’instruction Jean Carvès au 30 janvier 2012 », Social Science Research Council, New York, NY, 1er février 2012, p. 4)

Heurts et malheurs de la sous-culture de l’impunité en Haïti

Ce n’est pas par hasard que l’étiquette « éducation civique », en Haïti, recouvre si peu l’éducation à la citoyenneté. Celle-ci est absente des programmes de l’École de la république et elle est inconnue de l’enseignement supérieur national. En l’espèce et à ma connaissance, DEPUIS L’ADOPTION PAR RÉFÉRENDUM DE LA CONSTITUTION DE 1987, AUCUN DISPOSITIF DIDACTIQUE EN CRÉOLE COMME EN FRANÇAIS N’A ÉTÉ MIS EN PLACE À L’ÉCHELLE NATIONALE POUR PERMETTRE AUX JEUNES D’ANALYSER LA TYRANNIE DUVALIÉRISTE ; ET, DE MANIÈRE LIÉE, AUCUN BILAN CRITIQUE SYSTÉMATIQUE DE LA DICTATURE DUVALIÉRISTE N’A DURABLEMENT IRRIGUÉ LE CORPS SOCIAL HAÏTIEN DANS SON ENSEMBLE DE 1987 À NOS JOURS. Le pays n’a toujours pas fait sa catharsis du violent trauma duvaliériste. Il n’a pas encore fait le deuil du duvaliérisme en tant que système totalitaire qui a violemment et sur le long terme déstructuré le tissu social haïtien et qui a dépouillé la citoyenneté haïtienne de sa dignité comme de ses valeurs républicaines de solidarité. De sorte que les générations d’après 1986 ont grandi privées de certains repères essentiels, et elles pensent leur rapport à l’Histoire dans une relative méconnaissance du système totalitaire duvaliériste –certains se croyant même autorisés –ont-ils été soudoyés ?–, à solliciter Jean-Claude Duvalier comme « parrain » d’une récente promotion sortante de l’École de droit des Gonaïves… L’expérience a montré qu’un peuple qui ne connaît pas son passé, qui n’a pas appris à exorciser ses vieux démons, à évacuer en l’assumant un passé criminogène, ne peut véritablement positionner son présent ni fonder son avenir. La lecture critique du passé, à l’échelle nationale, est au fondement de la maîtrise du présent comme de l’avenir. Tant que la société haïtienne n’aura pas trouvé les voies et moyens de sortir de la macabre banalisation du système totalitaire duvaliériste qui structure l’inconscient collectif national depuis 1957, elle restera prisonnière du spectre du passé, y compris de la peur revenue dans nos esprits, dans nos rues et dans les rapports entre les citoyens. La peur aujourd’hui couleur rose-pintade, l’effroi, le spectre du ‘’silence-tais-toi’’, la crainte d’être ‘’dénoncé par’’, de disparaître sans laisser de traces…, sont dans l’Haïti de février 2013 revenues comme autrefois, comme sous Papa Doc et Baby Doc… La sous-culture de l’impunité en a déjà induit le mortifère décours.

Car la sous-culture de l’impunité est aussi à ce prix : l’iconolâtrie inconsciente ou monnayée de la peste duvaliériste, la banalisation morbide des crimes d’État commis à grande échelle sous le « règne » de Jean-Claude Duvalier, comme s’il seyait de louanger Hitler pour gommer et faire oublier les camps haïtiens de la mort, Auschwitz-Birkenau, en écho aux tortures cadavéreuses de Fort-Dimanche qu’Arthur V. CALIXTE voudrait feindre d’oublier et nous faire oublier… Et d’aucuns, confortablement installés dans le déni de l’Histoire ou tapis, à l’instar d’Arthur V. CALIXTE, sous le râle édenté du négationnisme, iront même jusqu’à dire : « Jean-Claude Duvalier c’est du passé, tournons la page, pensons à l’avenir, Haïti is open for business »… La petite confrérie des hommes de main chargée aujourd’hui de réhabiliter le dictateur Jean-Claude Duvalier a ainsi beau jeu de faire croire que l’idée de « réconciliation nationale » n’exige pas en amont son préalable : la justice. Alors on ne le dira jamais assez, en Afrique du Sud comme ailleurs, le processus de réconciliation nationale a été précédé de la traduction des auteurs des crimes d’État par-devant la justice. En clair, l’effectivité de la justice doit en amont irriguer l’ensemble du corps social et historique. Il est ainsi avéré que la réconciliation nationale est inséparable de la justice : c’est bien sur ce chantier qu’il faut véritablement situer l’édification d’un État de droit en Haïti.

La traduction effective de Jean-Claude Duvalier par-devant la justice haïtienne constitue le premier axe de la constitution d’un État de droit en Haïti. La tenue d’un procès équitable en présence des victimes ou de leurs représentants, ainsi que le respect de la règle du Droit seront exemplaires à plusieurs titres et devront servir de modèle à l’inculpation juridiquement fondée de tous les autres apprentis-dictateurs de l’après 1987. Et si au cours des prochains mois la défaillance de l’État s’avère insurmontable à l’échelle nationale, la société civile devra impérativement œuvrer pour que Jean-Claude Duvalier soit traduit devant une instance judiciaire internationale apparentée au Tribunal pénal international de La Haye. Le gouvernorat de la Minustha –si friand en organisation d’élections fo mamit et ordonnateur d’une récente élection présidentielle au scrutin presque proche de la barre des –20 % de participation à l’échelle nationale–, doit avoir dans ses cartons une option de cette nature…

Culture de l’impunité, tentative de réhabilitation de Jean-Claude Duvalier, déréliction des jeunes nés après 1986 : l’économiste Junia Barreau, dans un récent témoignage, aussi rigoureux, courageux, que conforme à la vérité historique, exprime le sentiment des jeunes d’Haïti, ceux qui sont de « La génération de la liberté d’expression » dont elle fait partie de la manière suivante : « Si on refuse de juger Duvalier, on ne sait pas pour combien de temps encore le pays restera enfermé dans cet abîme, prisonnier de cette noirceur. Parce que rien ni personne ne pourra empêcher que le pays ré-expérimente un autre régime totalitaire dans le futur. Et ce sera même le chemin le plus sûr vers un autre régime dictatorial. La société haïtienne a un choix à faire, et selon ce choix le pays se retrouvera vers le chemin lumineux de la démocratie ou vers le chemin ténébreux de la dictature. (…) Est-ce qu’il peut y avoir une autre dictature sanglante en Haïti ? À cette question, la réponse est oui en fonction du choix que fait aujourd’hui la société haïtienne. C’est à nous de choisir… » (« Je suis de la génération de la liberté d’expression ! » – CanalPlus Haïti

Alors après avoir donné la parole à Arthur V. CALIXTE, Le Nouvelliste publiera-t-il dès demain cette lettre ouverte que je lui adresse ? Ses lecteurs le sauront très vite… Dans tous les cas de figure, j’entends porter haut et fort ma libre parole citoyenne et ma voix de poète contre toute tentative de réhabilitation du dictateur Jean-Claude Duvalier. C’est aussi sur ce mode que je tisse ma libre modeste contribution à la construction d’un véritable État de droit dans mon pays natal.


Voir en ligne : Publié sur Paroles en archipel


[1] Négationnisme – Ce terme se réfère directement à la négation des crimes contre l’Humanité commis par les nazis en général, et à la négation de l’existence des chambres à gaz homicides en particulier. Ces chambres à gaz avaient été mises en place par le régime nazi, durant la Deuxième guerre mondiale, dans le cadre de la Solution finale visant à l’anéantissement total des communautés juives. L’objectif principal du négationnisme est de réhabiliter la dictature hitlérienne (1933-1945) et de donner à son idéologie de base – le national-socialisme – un nouvel avenir. Le négationnisme peut également être considéré comme une nouvelle forme d’antisémitisme. Ses leaders et ses adeptes sont désignés par les termes négationnistes ou négateurs.

Autres termes pour les identifier : falsificateurs de l’histoire, assassins de la mémoire (nom proposé en 1987, par Pierre Vidal-Naquet dans son livre Les Assassins de la mémoire, éditions La Découverte), prédateurs de la mémoire (terme proposé par Manuel Abramowicz, en 1993, dans Extrême droite et antisémitisme en Belgique – de 1945 à nos jours, éditions EVO), chiffonniers de l’histoire (in l’ouvrage collectif portant ce titre, édité en 1997 par les éditions Syllepse et Golias) ou encore faussaires de l’Histoire (in, en 1999, le livre s.d. de Christian Terras, aux éditions Golias). (Manuel Abramowicz, « Des définitions pour comprendre » : http://www.resistances.be/negat16.html)

[2] Dossier de Human Rights Watch. Copyright © avril 2011 Human Rights Watch All rights reserved. Printed in the United States of America ISBN : 1-56432-762-0

[3] Sur l’imprégnation du discours duvalérien dans le corps social haïtien, voir la remarquable étude princeps de Karl Lévêque, prêtre jésuite haïtien : « L’interpellation mystique dans le discours duvaliérien ». Revue Nouvelle Optique, Montréal, 1971.