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Les peuples autochtones font des propositions concrètes pour contrer les changements climatiques

Mahdiah El Jed, 30 novembre 2012

Les peuples autochtones soumettent des propositions crédibles en matière d’adaptation aux changements climatiques. En cette troisième journée de la COP18, un panel de discussion regroupant le Amazon Environmental Research Institute et d’autres organismes représentant les communautés autochtones permet de présenter l’ampleur de la volonté de trouver des solutions applicables et crédibles.

Rappelons que les communautés autochtones sont des témoins de première ligne des impacts des changements climatiques sur l’environnement. En effet, le mode de vie et les pratiques de ces communautés reposent en grande partie sur l’intégrité de la biodiversité.

Ainsi, selon l’organisme Coordination of the Brazilian Amazon Indigenous Organizations (COIAB), la résilience des communautés autochtones et la capacité d’adaptation aux changements sont enracinées dans le savoir traditionnel. En effet, ils détiennent une connaissance approfondie de leur environnement.

Les changements climatiques impactent leur environnement, et les communautés répondent et s’adaptent de manière innovatrice. Leur participation aux discussions internationales est donc plus que pertinente, elle est nécessaire.

L’organisation politique de défense des droits des Autochtones coordonne les actions de défense du mouvement autochtone de l’Amazone brésilien. Selon ses militants, les Autochtones font face à des pressions économiques, sociales et politiques en plus de faire face aux changements climatiques.

Ainsi, les participants au panel de discussion ont soulevé les principes de base permettant l’implication des Autochtones dans la lutte aux changements climatiques :

Il suffit d’abord de la garantie des droits des Autochtones : les peuples autochtones revendiquent le respect de leur territoire traditionnel. Ils jugent aussi nécessaire et essentiel qu’un plan de gestion d’un territoire habité soit élaboré spécifiquement par une communauté autochtone. Selon l’organisation, c’est un principe prioritaire notamment au Brésil où l’accaparement des terres est un réel fléau.

La seconde revendication concerne l’« empowerment » des peuples autochtones. En effet, afin d’assurer la participation et l’influence des peuples autochtones dans les processus de politique nationale ainsi que dans les négociations internationales sur le climat, il est nécessaire que les leaders autochtones aient accès à de l’information pertinente sur ces enjeux afin d’avoir la capacité d’élaborer leur propres solution et proposition.

Actuellement, l’accès à l’information peut constituer une barrière à une participation égalitaire.

Un troisième élément de revendication est la participation politique. Les peuples autochtones demandent le renforcement de la direction et de l’engagement des leurs organisations ainsi que l’amélioration de la relation entre le pallier national et international du mouvement autochtone.

De plus, le mouvement revendique un rôle dans l’élaboration des programmes et politiques nationales et internationales.

D’autre part, les peuples appellent à une valorisation de leur culture et de leur mode de vie traditionnel. Le respect de leur spécificité culturelle permettrait de mettre en pratique des mesures de préservation de la forêt propres au mode de vie autochtone.
Ainsi, il est nécessaire de garantir le droit des peuples autochtones à leur terre. Ils réclament d’être consultés lors d’élaboration des politiques et des programmes de préservation de la biodiversité.

Ainsi, selon le COIAB : « Nous, les peuples autochtones, entretenons une relation harmonieuse avec l’environnement. Cette relation contribue significativement à l’équilibre du climat planétaire. Nous sommes les gardiens des forêts tropicales, un réservoir de stocks de carbone et de biodiversité, qui aggrave le climat lorsque perturbés. »

Enfin, les organisations autochtones représentées lors du panel ont comme attente pour la COP18 l’élaboration d’un Plan autochtone pour la lutte aux changements climatiques. Le plan permettrait aux peuples qu’ils représentent d’avoir une place et une influence lors de la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique, incluant dans les discussions relative à l’adaptation.

Ce Plan autochtone pour la lutte aux changements climatiques garantirait la participation à l’élaboration et la mise en place du Fonds climatique Vert.

Dans une lettre ouverte, l’ONG Forest Peoples déclare en effet que le Fonds climatique Vert peut jouer un rôle significatif dans le renforcement des capacités d’adaptation ainsi que dans les mesures d’atténuation du changement climatique, mais seulement s’il reconnaît et respecte les droits de l’homme, y compris la reconnaissance intégrale du droit à la participation des autochtones dans les structures de gouvernance.