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Le plan électoral de Charest : mascarade et manipulation

Bernard Rioux, 7 juillet 2012

La principale tâche du gouvernement Charest dans la prochaine campagne électorale, ce sera de faire oublier son bilan. De faire oublier ses lois antisyndicales, ses décrets et sa corruption. Ce sera de faire oublier les contrats accordés aux amis du régime.

Ce sera de faire oublier les contributions illégales à la caisse électorale du PLQ. Ce sera de faire oublier l’obtention de permis de garderies par les amis du PLQ. Ce sera surtout de faire oublier que Jean Charest a refusé, des mois durant, contre le vœu d’une vaste majorité, de lancer une commission d’enquête sur l’industrie de la construction et le financement des partis politiques. Ce sera de faire oublier les subventions accordées aux entreprises qui s’accaparent des richesses naturelles du Québec. Ce sera de faire oublier, que ce gouvernement était prêt, qu’il est encore prêt, à exploiter le gaz de schiste dans la vallée du St-Laurent au risque de dégâts écologiques majeurs comme il est prêt de permettre l’exploitation, au profit des entreprises privées, du pétrole dans le golfe St-Laurent... Il faudra, nous, rappeler son triste bilan.

Le seul moment qui reste possible !

Jean Charest va tenir des élections au début de l’automne. Il a été bousculé par le mouvement étudiant et le printemps québécois. Il est moins une. La commission Charbonneau a commencé à siéger, et les révélations sur la corruption de ce gouvernement risquent de se multiplier à partir de septembre prochain. Le gouvernement Charest a tout fait pour ne pas tenir une commission d’enquête sur l’industrie de la construction et sur le financement des partis politiques. Il a reculé face au mécontentement populaire qui s’est manifesté, pendant des mois, par un taux d’insatisfaction de plus de 70% envers ce gouvernement. Il va maintenant tenir des élections après une campagne électorale en août. Il n’a aucune intention de favoriser la participation de la population à ces élections. Car il sait qu’il peut bénéficier de l’abstention. Il est même prêt à la favoriser. Cela est particulièrement vrai pour la jeunesse étudiante. C’est ainsi qu’il a refusé la proposition du Directeur général des élections d’installer des boîtes de scrutin dans les institutions d’enseignement alors qu’une évaluation affirmait que cette mesure permettrait d’augmenter le taux de participation de 10%. Ce parti se moque totalement de la démocratie. Ce qui compte, c’est d’obtenir assez de votes pour permettre à son gouvernement de pouvoir faire ce qu’il veut au service des amis du régime durant la durée de son mandat. Les citoyennes et citoyens n’ont, pour eux, qu’à se taire et laisser les politicien-ne-s liés à l’oligarchie de travailler pour le plus grand bien des affairistes.

Cacher son bilan de gouvernement derrière l’intransigeance et l’autoritarisme face au mouvement étudiant

Ce gouvernement Charest a méprisé le mouvement étudiant contre la hausse des frais de scolarité. Pendant des semaines, des mois, il a regardé se succéder les mobilisations de masse les plus importantes de l’histoire du Québec sans qu’il n’accepte même de négocier. Il a cherché à diviser le mouvement. Il a mené des négociations qui refusaient d’aborder le point central avancé par les étudiantEs en grève. Il a cherché à judiciariser le conflit, en poussant certains à demander des injonctions aux tribunaux pour pouvoir accéder à leur cours au mépris des votes de grève. Des juges se sont prêtés à ce jeu odieux. La répression policière devait suivre. Elle a suivi : violence et arrestations arbitraires.

Utilisant les médias possédés par ses amis de l’oligarchie, le gouvernement libéral a présenté la violence policière comme celle du mouvement. Il a par la suite adopté une loi liberticide, la loi 78 (12) qui restreint le droit de manifestation et promet de s’attaquer et d’écraser la démocratie des associations étudiantes. Devant, une révolte citoyenne contre tant de mépris et de répression, Charest s’est drapé dans son intransigeance... et a réussi à capitaliser sur cette dernière auprès de certaines couches de la population apeurées par le climat que ce gouvernement avait lui-même installé.

Des élections réduites à une bataille de l’opinion publique

Il a vu dans son arrogance de classe, dans son mépris pour les forces vives du Québec, et particulièrement sa jeunesse, un instrument pour la bataille de l’opinion publique auquel il réduit le processus électoral.

Sa campagne préélectorale montre de quel bois ce parti de l’oligarchie est capable de se chauffer. Il va tenter de discréditer ses adversaires politiques par des opérations médiatiques visant essentiellement à manipuler les affects et les craintes de la population. Le vidéo sur Pauline Marois est particulièrement odieux à cet égard. Rien sur le fond, tout pour discréditer en en restant à un niveau pré-langagier, en manipulant par l’image. L’opération contre Amir Khadir dans le Journal de Québec était de la même eau... Il promet d’associer le PQ et Pauline Marois, à la rue, au désordre, à l’insécurité. Il faut quand même avoir du front tout le tour de la tête quand on connaît l’histoire de cette politicienne et de ce parti. Mais, il n’hésitera pas à le faire. Il a déjà commencé à le faire. On a pu voir son petit jeu quotidien à l’Assemblée nationale sur le carré rouge présenté comme le symbole du désordre et de l’insécurité.

Charest a déjà ciblé ses comtés. Les ministres multiplient aujourd’hui les promesses et les engagements financiers. Il est prêt à arroser certains comtés pour s’attirer des votes. C’est ainsi qu’il a accordé une garantie de prêt de 58 millions de dollars à un chevalier d’industrie pour la relance de l’industrie Jeffrey à Asbestos, malgré l’opposition de tous les spécialistes en santé publique qui assurent que l’amiante chrysotile est cancérigène et qu’elle est très dangereuse pour la population des pays où elle est exportée. Ceci n’est qu’un exemple extrême d’où peut se rendre ce gouvernement pour arracher quelques votes et s’accrocher au pouvoir.

Québec solidaire... défend une alternative qui constitue une rupture avec les vieux partis.

Comme il le déclarait à la Presse, Amir Khadir estime que son parti jouit d’une sympathie inégalée au sein de la population, et que les citoyens veulent « faire le ménage » d’une vieille culture qui aura permis la corruption actuelle à tous les échelons.

Le printemps québécois a été l’occasion d’une remise en question de la domination du 1%, constitué par une oligarchie méprisante et profiteuse. Québec solidaire peut devenir le porte-parole de ce 99% qui souhaite la continuation et l’approfondissement de la lutte contre l’injustice et pour une société véritablement indépendante, écologique, démocratique et égalitaire. Voilà une perspective qui mérite d’être portée dans ces élections. Mais un tel travail se fera contre le travestissement antidémocratique que Charest et ses acolytes voudraient bien faire de cette campagne électorale.

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