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Occupons Montréal : où en sommes-nous ?

Anne Gabrielle Ducharme, Sophie Laisney, 1er juin 2012

Tout a commencé le 15 octobre dernier, en plein quartier international de Montréal. Cette journée-là, la statue de la reine Victoria à la Place des peuples changea d’allure. Drapeau des patriotes à la main, elle devint le symbole d’une occupation qui allait durer plus d’un mois : celle du mouvement Occupons Montréal. C’est un réel campement urbain qui prit alors place avec près de 250 tentes abritant 400 personnes. Cet été, le combat continue.

Le choix du lieu par les membres d’Occupons Montréal a été stratégique. Du moins, le fait que le quartier des affaires soit envahi par des représentants du 99% allait sans aucun doute créer un contraste intéressant. Cette année, les membres d’Occupons Montréal misent sur une tactique plus événementielle. Ainsi, des activités de jour ont été organisées du 12 au 15 mai dernier au Square Victoria dans le but de faire éclore le mouvement pour une deuxième année consécutive.

Une approche différente

L’idée d’un campement est abandonnée pour cette année. S’exprimant sur cette décision, un des membres actif du mouvement rappelle que l’établissement d’un campement urbain demandait des efforts et des ressources considérables : « on a tiré des leçons de l’occupation d’automne. Les nuits ont été très difficiles à organiser. On investit maintenant notre énergie davantage dans l’encouragement de la convergence des luttes, contrairement à l’automne dernier où l’on a investi de l’énergie dans la gestion du mouvement Occupy ». Une tente « hôpital », des toilettes, une cuisine, un système de lavement de vaisselle, un centre de dons et même une sorte de garderie étaient alors sur pied.

Ainsi, les efforts n’étaient pas tous consacrés à la transmission du message. De plus, le campement accueillait un bon nombre de sans-abri et de personnes avec des problèmes mentaux. Les organisateurs n’étaient pas outillés pour gérer ces personnes et les situations qui en découlent et ont été pris au dépourvu. L’amalgame de tous ces facteurs et responsabilités a mené à la décision de poursuivre les activités d’Occupons Montréal strictement le jour, sans toutefois empêcher la mise en place d’actions directes.

Un message en mutation

Malgré les difficultés rencontrées, les membres du mouvement Occupons sont globalement satisfaits de la transmission de leur message. Selon eux, l’image du « nous sommes les 99% » a choqué, ébranlé et touché. Par contre, le contexte social ayant changé au Québec, la ligne directrice du message a fait de même. « Maintenant, on veut montrer que tous les problèmes sont en quelque sorte reliés. Le problème des frais de scolarité, lié à une question de financement des universités, est lié au système néolibéral de gouvernance mondiale. » En d’autres termes, les organisateurs misent plutôt cette année sur l’idée de la convergence des luttes au Québec et partout dans le monde. C’est pourquoi ils arborent aujourd’hui le carré rouge et le cercle jaune, symbole de leur mouvement.

« Occupons » et les changements sociaux au Québec : quels impacts ?

Le Québec connaît aujourd’hui un mouvement social sans précédent. Le mécontentement du public se traduit par des manifestations mensuelles monstres réunissant plus d’une centaine de millier de personnes, des manifestations nocturnes quotidiennes et désormais des fanfares de casseroles un peu partout dans la Province.

Certes, ce n’est pas le mouvement "Occupons" qui a donné naissance à ces démonstrations pacifiques. Toutefois, il a servi de tremplin pour nombre de luttes actuelles, que celles-ci soient au Québec, aux États-Unis ou ailleurs dans le monde. Souvenez-vous : Occupons est connu comme collectif qui revendique la désobéissance civile, la manifestation et la grève. L’intérêt d’Occupons est la dimension pacifique de cette contestation, au sein de ce que les membres appellent tout simplement, l’occupation. Précurseur, le collectif et sa lutte pacifique attire des "occupants" très diversifiés, tous unis pour la même cause : la justice, dans son sens le plus pur. Les occupations ont pourtant été à de nombreuses reprises sévèrement réprimées par la police (notamment à New York). Le concept s’est étendu mondialement et a inspiré de nombreux pays. Rester pacifique pour se faire entendre, le goût de la participation citoyenne et redonner un sens à ce que veut dire "faire partie d’une communauté, d’un tout" forment le leitmotiv de Occupons. Leitmotiv qui se dessine au cœur du Printemps Érable. Un Printemps toujours voulu comme pacifique, puis, qui connaît dernièrement un ralliement à la cause étudiante d’une ampleur inattendue. Les carrés rouges forment désormais un "tout". Occupons représente sûrement l’un des mouvements précurseurs du Printemps Érable, et de bien d’autres luttes légitimes dans le monde.

Les évènements à venir

Avec un "Printemps Érable" désormais très présent sur la scène internationale, la ville la plus activiste du Québec va probablement avoir beaucoup de travail afin que le mouvement ne s’essouffle pas. Occupons Montréal prolongera donc la lutte en étant l’instigateur de nombreux évènements au cours du mois de juin. La fin de semaine du 2 au 3 juin, un forum public de discussion sur l’éducation (avec micros ouverts et ateliers) aura lieu à la Place des Peuples. Plus tard un comité social est organisé sur les communautés autochtones et les québécois unis contre le plan nord, le vendredi 8 juin. Les 9 et 10 juin, Occupons retourne aux origines avec son évènement « Occupons le Plateau », en collaboration avec Alternatives, pour investir le Parc Lafontaine dans le cadre d’un grand rassemblement citoyen. À noter que la journée du 9 juin sera particulièrement occupée, car elle regroupera le Festival des Solidarités et le Forum « De l’indignation à la mobilisation », toujours au Parc Lafontaine. Un évènement à ne pas manquer !

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Pour plus amples informations, consultez la page du mouvement : http://www.occupons-montreal.info/.

Crédit photo : Julien Poitout Photography