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Festival des solidarités : la convergence des luttes sociales et environnementales

Jacinthe Leblanc, 26 mai 2012

En plein cœur des mobilisations étudiantes et sociales et à l’aube de Rio +20, Alternatives tiendra le 9 juin prochain son premier Festival des solidarités. L’événement, qui se veut festif et familial, mais aussi politique, se déroulera à l’École Le Plateau, au cœur du Parc Lafontaine. Le Journal des alternatives a rencontré Roger Rashi, coordonnateur des campagnes à Alternatives et responsable de l’organisation du festival afin d’en savoir plus.

Par le passé, Alternatives avait l’habitude de convier les gens à une fin de semaine intense en débats et conférences hors de Montréal. Connue sous le nom des « Journées Alternatives », cette fin de semaine avait élu domicile au camp Papillon depuis plusieurs années. Cette fois, l’organisme a décidé de passer à un évènement « avec beaucoup de musique, avec beaucoup d’amusement (et) plus convivial, (…) mais tout en maintenant au moins trois conférences à caractère plus politique », souligne Roger Rashi.

Le Festival des solidarités tombe à « un moment un peu magique » poursuit M. Rashi. Le Québec se soulève grâce aux mobilisations étudiantes depuis plus de 100 jours, mobilisations qui se sont élargies aux luttes sociales et à un désir profond de changement politique. Il apparaît évident qu’une bonne partie de la population québécoise est excédée par les politiques néolibérales du gouvernement Charest. Aussi, le Sommet des peuples à Rio de Janeiro aura lieu moins de deux semaines après le festival. « Le 9 juin devenait comme un moment charnière », explique le responsable de l’organisation. « C’est la fête du printemps, le moment de faire le bilan de ces grandes luttes-là, discuter [et] voir un peu quelles vont être les suites. »

La grève est étudiante. La lutte est populaire !

Le festival mise sur des personnalités qui ont marqué l’actualité récente chacune à leur façon, dont Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE, Patrick Bonin, directeur énergie-climat à l’AQLPA, et Hervé Kempf, journaliste et écrivain français, auteur entre autres de Pour sauver la planète, sortez du capitalisme et Comment les riches détruisent la planète.

« En matinée, l’ouverture de l’événement va se faire avec un panel qui tentera de faire un peu le bilan, le point sur les mobilisations du printemps », explique Roger Rashi. « Gabriel Nadeau-Dubois devrait être là pour nous parler de la lutte étudiante. On a invité Patrick Bonin pour nous parler du rassemblement populaire du 22 avril, parce qu’il était un des organisateurs sur le comité du 22 avril. » Les deux hommes, considérés comme des leaders dans leur domaine, aborderont leur lutte respective, mais aussi mettront en perspective les liens que l’on peut faire entre ces différents enjeux.

En après-midi, à 14h, les participant-e-s auront l’occasion d’entendre Hervé Kempf, auteur de plusieurs livres sur les questions environnementales et journaliste pour Le Monde. Sa participation « permettra de toucher la question environnementale d’un point de vue plus large, l’impact sur la nature et surtout, quel est le rôle des mouvements sociaux et à partir de cela, faire la transition vers Rio », note monsieur Rashi. Objecteur de croissance, sa conférence « Comment les riches détruisent la planète ? Comment les mouvements sociaux peuvent-ils la sauver ? » apportera un brin de fraîcheur et d’espoir en ces temps lourds pour le Québec.

Arrière-scène : loi matraque et hystérie collective

Depuis l’adoption de la loi 78, le climat sociopolitique change au Québec. Les manifestations de soir ont lieu depuis un mois déjà et sont agrémentées de manifestations de casseroles. Alternatives, comme bien des mouvements sociaux, soutient et participe à ces mouvements par solidarité et conviction. Roger Rashi mentionne que l’organisme essaie de voir « quelles peuvent être les façons de continuer à soutenir le mouvement étudiant. » En participant aux manifestations, certes. Mais il y a aussi la nécessité de passer par des formes d’éducation populaire et de « trouver ces façons-là de lancer un message qui affaiblit l’ennemi et attire de plus en plus des gens au camp des mouvements sociaux et du mouvement étudiant. » Ce n’est pas pour rien que le festival s’appelle le « Festival des solidarités » !

Concernant les impacts sur ledit festival, les récents événements vont certainement colorer le discours de Gabriel Nadeau-Dubois. « Est-ce que ça va colorer le ton des autres interventions ? » se questionne M. Rashi. « Possiblement parce que ça démontre un durcissement quand même extrêmement important du gouvernement face aux mouvements sociaux. » Selon lui, le gouvernement de Jean Charest a utilisé toutes les armes imaginables : « désinformation, mensonges, soi-disant négociations qui ne le sont pas, faire appel aux étudiants par-dessus la tête des assos étudiantes, tenter d’isoler les porte-paroles étudiants, tenter de les monter les uns contre les autres. Tout. Toute la panoplie des saloperies de politiciens qui peuvent être utilisé ont été utilisées là, et plus. Répression policière, brutalité policière, répression juridique. » Ne manque plus que l’armée !

L’importance de la solidarité

Le clivage idéologique se fait de plus en plus sentir. Le durcissement des pouvoirs publics se manifeste, notamment par l’adoption du règlement antimasque par le maire Tremblay, à Montréal. « Il est important de mobiliser nos forces », rappelle Roger Rashi. Le Festival des solidarités entraîne déjà une réponse enthousiaste de la part d’organismes environnementaux, sociaux et syndicaux. Son côté festif vise aussi à rallier le plus de gens possible.

Discuter et échanger avec des personnes reste encore le moyen le plus efficace pour créer une véritable solidarité et arriver à mieux se comprendre. Rappelons que l’objectif principal du Festival des solidarités est de « faire le point sur le printemps québécois et les luttes à venir » tout en faisant la promotion de la « convergence des luttes sociales et environnementales », conclut M. Rashi.

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*Le Festival des solidarités se déroule de 11 h à 23 h, à l’École Le Plateau (3700 rue Calixa-Lavallée). Des groupes de musique (25 janvier, Acalanto, Mr Parker Québec, Bombolessé et Syncop) seront de la partie. Voir la programmation en pièce jointe.

*À noter aussi que les conférences sont gratuites, à l’exception de la conférence d’Hervé Kempf qui est au coût de 5$. Pour réserver votre billet : 514.982.6635

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