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Les aspects sociaux du climat

Eloise Savoie, 10 mars 2012

Les conférences des Parties (CdP), comme ici à Durban, sont un lieu d’échange de haut niveau de politique internationale. Les différents pays négocient notamment une entente globale pour éviter la hausse des températures moyennes qui provoqueraient les changements climatiques catastrophiques.

Au sein des négociations, il est rarement question de l’humain. En plénière, lorsque les représentants de pays en développement rappellent que les gens ont déjà commencé à mourir dans leur pays relativement aux conséquences des changements climatiques, on sent une sorte de malaise dans l’auditoire, comme si ces délégués étaient hors sujet et que les plénières n’étaient pas le lieu approprié pour faire ce genre de déclaration.

Au-delà de l’image classique de l’ours polaire voguant dans la mer sur un bloc de glace trop petit pour lui, le réchauffement planétaire affecte déjà et continuera d’affecter des millions d’être humains. Les populations les plus vulnérables de notre planète sont les premières victimes du dérèglement climatique d’un point de vue environnemental, mais également social.

Les impacts sociaux de la vulnérabilité

Parmi les populations les plus vulnérables, on retrouve notamment les femmes, principalement au sein des populations les plus pauvres. Par exemple, les femmes ont 14 fois plus de chance de mourir lors d’une catastrophe naturelle. Dans les pays en voie de développement, une grande proportion de femmes travaillent en agriculture et elles sont également responsables de l’approvisionnement de leur foyer en ressources naturelles et en nourriture. Les changements climatiques ont donc un impact majeur sur leur revenu, la sécurité alimentaire et leur santé.

Un rapport lancé par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) un peu plus tôt cette semaine indique que les changements climatiques renforcent également les réseaux de traite des êtres humains. Alors que les femmes pauvres courent déjà davantage de risques de se retrouver dans un réseau de traite, notamment de travail forcé ou d’exploitation sexuelle, les changements climatiques viennent drastiquement augmenter ce risque. Les données du PNUE indiquent que la traite des êtres humains augmente de 20% à 30% lors des catastrophes naturelles.

Les facteurs genre pris en compte

Le PNUE confirme dans son rapport que les changements climatiques affectent davantage les femmes, notamment à cause de leur vulnérabilité, mais aussi des inégalités. Toutefois, les facteurs genre commencent à être pris en compte au sein des négociations. On a retrouvé huit références au genre dans les Accords de Cancun l’an dernier, en plus de multiples références aux facteurs sociaux de manière plus large. Il sera intéressant à la fin de CdP17 d’analyser la question du genre afin de voir si elle aura gagné en importance et surtout comment ces nouvelles considérations seront appliquées dans les secteurs de l’adaptation et de l’atténuation.

Pour consulter le rapport du PNUD : http://www.grida.no/publications/rr/women-and-climate-change/

Source : Pour voir l’original en ligne sur le site de GaïaPresse !


Éloise Savoie est administratrice à l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)