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Harper sous la torture

Aldo Miguel Paolinelli, Gilles MCMILLAN, 28 février 2012

« Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »
Déclaration universelle des droits de l’homme, art. 5.

Selon les directives données au Service canadien du renseignement de sécurité par Vic Toews, ministre canadien de la Sécurité publique du gouvernement dirigé par Stephen Harper, la torture serait justifiée par la nécessité d’obtenir de l’information « dans des circonstances exceptionnelles où il existe une menace à la vie humaine ou la sécurité publique ».

Si on considère l’ensemble des orientations et des décisions politiques prises par Harper et sa bande de conservateurs dont les politiques antisociales pourraient être apparentées à des actes terroristes, il est évident que nous sommes plongés dans des « circonstances exceptionnelles ». Or ces politiques extrêmement agressives mettent en danger la vie humaine, l’environnement et la sécurité publique en reniant, par exemple, le protocole de Kyoto, en valorisant des sources polluantes d’énergie comme les sables bitumineux, en abolissant le registre des armes à feu, en faisant des affaires avec l’État chinois qui bafoue ouvertement les droits des citoyens de ce pays, en soutenant le génocide palestinien par l’État d’Israël, etc.

En suivant la logique même du premier ministre, on pourrait le soumettre, lui, à des séances de torture pour qu’il avoue le but de ses politiques, qu’il révèle aussi le nom de ses commanditaires : le gouvernement de monsieur Harper défend les intérêts de qui au juste ?

Pour que ces séances de torture soient efficaces, nous suggèrons de lancer un concours international pour recruter des tortionnaires professionnels parmi des ex-militaires argentins, chiliens, uruguayens, états-uniens, israéliens, russes, syriens ou paraguayens qui n’ont plus à faire leurs preuves en matière de torture, ce qui éviterait à Harper d’inutiles dépenses consacrées à l’invention d’un type spécifiquement canadien de bourreau.

À quel type de torture soumettre Harper ? Inspirons-nous de rapports sur la torture dans le monde publiés par Amnistie internationale :

1) Administration de décharges électriques sur les parties génitales ; introduction d’électrodes dans l’anus, ou dans le vagin le cas échéant, tout en maintenant le prisonnier, ou la prisonnière, suspendus par les pieds ;

2) Simulation de noyade en plongeant dans un bassin d’eau sale la tête de la personne interrogée après l’avoir frappée dans le dos à coups de poing pour lui vider les poumons de son air ;

3) D’un hélicoptère en vol, suspendre la personne par les pieds après un copieux repas et effectuer du rase-mottes ;

4) Séance de terreur à l’aide de chiens enragés menaçant d’attaquer les parties génitales ;

5) Administration de médicaments ou de produits chimiques pour altérer les caractéristiques et orientations sexuelles.

Ce ne sont là que quelques-uns des supplices qui sont aujourd’hui pratiqués dans le monde ; c’est un domaine où l’imagination ne connaît pas de limites, quoique ces méthodes soient coûteuses, stressantes pour le bourreau et salissantes.

On pourrait plutôt attacher M. Harper à son siège des Communes le temps de lui faire lire à voix haute tous les textes des conventions internationales touchant l’environnement, les droits des Autochtones, les traités de non-agression et de respect des droits de l’homme, etc. que le Canada tarde ou refuse de ratifier pour les raisons idéologiques fondées sur l’autoritarisme ; tous les textes de loi et décisions prises par le gouvernement conservateur détruisant ou réduisant des programmes sociaux reconnus pour leur portée sociale (la suppression de l’aide au Wapikoni mobile, par exemple, politique qui déferle aujourd’hui sur Radio-Canada) de même que la lecture des noms de chacune des victimes de ces politiques d’austérité, autant dire 99 % de la population canadienne.

En revanche, on pourrait faire entendre à monsieur Harper les projets de loi qui sont manifestement bénéfiques pour la population : ce sera bref.

Il nous semble que si M. Harper avoue le nom de ses commanditaires et du régime politique terrible qu’il est en train de mettre en place sous couvert de démocratie, nous sauverons des milliers sinon des millions de victimes et que, grâce à cet exercice pédagogique très peu couteux nous protégerons adéquatement la sécurité publique.

Enfin, en invoquant l’article 7-f du Statut de Rome de la Cour pénale internationale établissant que la torture est un crime contre l’humanité, ne pourrions-nous pas accuser le gouvernement canadien de crime contre l’humanité ?