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Bateau pour Gaza : Un espoir pour les Palestiniens

Carole Boucher, 29 juin 2011

Dans quelques jours, après des mois de préparation, le Bateau canadien pour Gaza devrait arriver à bon port. Geste de solidarité et de sensibilisation avant tout, le bateau transporte tout de même des médicaments qui seront remis à la population de Gaza. (INTRO devrait changer vers le 30 juin)

La délégation canadienne, qui compte cinq Québécois, a aussi accepté quelques délégués d’Australie, de la Belgique et du Danemark. En tout, une quarantaine de personnes de toutes origines et religions ont pris la mer avec le Tahrir, liberté en arabe, afin de briser le blocus qu’Israël exerce sur la bande de Gaza. Les délégués du Québec sont Marie-Ève Rancourt de la Ligue des droits et libertés, Manon Masse de Québec solidaire, Bachar Elsoh de la Fédération des Canadiens musulmans, Santiago Bertolino, documentariste, et Stéphan Corriveau, un des organisateurs du projet du Bateau canadien pour Gaza.

Tous contre le blocus

Véritable prison à ciel ouvert, cette partie de la Palestine, où vivent 1,5 million de personnes, a vu ses frontières se fermer il y a maintenant cinq ans, empêchant le déplacement des personnes et des biens. Même la mer qui borde la bande de Gaza n’est pas accessible aux Palestiniens. Ils y pêchent à leurs risques et périls. Plusieurs organismes internationaux comme le Comité international de la Croix-Rouge font appel à la levée du blocus qui « cause d’immenses dommages à tous les secteurs de l’activité économique et des services de santé. »

Dans une récente lettre, 46 organisations palestiniennes demandaient l’appui des citoyens du monde entier afin de mettre fin « à ce blocus, mortel et médiéval ». Elles mentionnaient que « l’intervention de la société civile a été efficace à la fin des années 1980 contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud. Nelson Mandela et l’archevêque Desmond Tutu ont, non seulement, décrit le contrôle oppressif et violent des Palestiniens par Israël comme de l’apartheid, mais ils se sont également joints à cet appel à la société civile du monde entier à intervenir à nouveau. »

Le bateau canadien pour Gaza, le Tahrir, fait partie de la Flottille de la liberté II. Une dizaine d’autres pays y participent, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Tous les bateaux sont des initiatives de la société civile et, tout comme ici, l’argent nécessaire pour leur achat et leur affrètement a été recueilli par des dons de la population et d’organismes communautaires et syndicaux. Pour tout le Canada, ce sont près de 400 000 $ qui auront été amassés à coup de 20 $, 50 $ ou 100 $. Alternatives international a joué le rôle de fiduciaire pour gérer l’argent du projet.

La liste des personnalités et organismes du Québec qui appuient le projet est impressionnante et diversifiée. Warren Allmand, Gil Courtemanche, Ellen Gabriel, Amir Kadir et Raymond Gravel comptent parmi les centaines de personnes qui demandent la fin du blocus par Israël. Quatre femmes prix Nobel de la paix ont aussi uni leur voix pour la cause : l’Irlandaise Mairead Corrigan Maguire, Rigoberta Menchu Tum du Guatemala, l’Américaine Jody Williams et l’Iranienne Shirin Ebadi.

Une action pacifique

« Nous espérons nous rendre à Gaza, où la population nous attend, affirmait Stéphan Corriveau juste avant le départ. Nous n’avons cependant aucune illusion, le voyage sera difficile. L’expérience du Mavi Marmara, l’an passé, au cours de laquelle neuf personnes ont été tuées par l’armée israélienne, nous a démontré qu’Israël est prêt à tout pour empêcher les bateaux d’arriver à bon port. »

Les délégués à bord du Tahrir ne pourront pas compter sur l’appui du Canada. Le gouvernement Harper a maintes fois fait savoir qu’il soutenait les gestes de l’armée et du gouvernement israéliens. Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a demandé aux délégués d’abandonner leur projet. « J’incite fortement les personnes qui désirent livrer des marchandises humanitaires à la bande de Gaza à le faire par le truchement de réseaux établis, a déclaré M. Baird au journal La Presse. Les initiatives d’aide non autorisées constituent une provocation et n’aident en rien l’atteinte de l’objectif de venir en aide à la population de la bande de Gaza. »

Pour Stéphan Corriveau, un des organisateurs du projet, John Baird fait abstraction de plusieurs faits importants. « Le premier, c’est que le blocus est illégal et immoral et les Palestiniens nous demandent de les aider. Deuxièmement, M. Baird suggère aux gens d’utiliser la Croix-Rouge internationale. Or, elle-même dit que les canaux établis sont insuffisants et que les Israéliens les bloquent systématiquement. Il faut donc qu’on agisse. »

Les bateaux de la flottille devraient revenir avec des produits de Gaza qui seront vendus un peu partout dans le monde. « La population de Gaza a droit de vivre dans la dignité et de commercer avec les autres pays, dit Stéphan Corriveau. La situation actuelle est intolérable et j’espère que notre action va changer les choses. »

« Peu importe les embûches, conclut-il, nous garderons le cap sur notre objectif, et ce, de façon non violente. »

Plus d’information : www.tahrir.ca

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Photo par Klearchos Santorini