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La révolte des ouvrières du textile et la répression

20 décembre 2010

En juillet-août 2010, un vaste mouvement de grève, mobilisant des dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs du textile du Bangladesh, avait touché quelque 700 usines dans la zone industrielle d’Ashulia au nord de la capitale Dacca. Les travailleurs et travailleuses demandaient un triplement du salaire minimum qui était fixé à 25 dollars par mois depuis 2006. Le gouvernement intervint et imposa une limite à hauteur de 43 dollars.

Pour l’essentiel, ces usines produisent pour des grandes chaînes occidentales telles que H&M, Carrefour, Metro, Walmart, Levi Strauss, Tommy Hilfiger, GAP, Tesco, Marks & Spencer, Zara. Déjà, la police antiémeute n’avait pas hésité à tirer sur les grévistes, faisant de nombreux blessés.

Début décembre 2010, de nouvelles mobilisations se sont développées. En effet, selon décision du gouvernement, le salaire minimum fixé à 43 dollars par mois devait être versé depuis novembre 2010. Toutefois, les patrons du textile se refusaient à appliquer cette augmentation. Quelque 3 millions de salariés, pour l’essentiel des femmes, travaillent dans le secteur textile au Bangladesh. Les exportations de ce secteur représentent quelque 80 % du total des exportations.

A nouveau, la police antiémeute a violemment attaqué les travailleuses et travailleurs du textile dans la région de Dacca et de Chittagong. Au moins 4 ouvriers ont été tués et quelque 200 autres blessés, en particulier dans la zone économique de Chittagong, le dimanche 12 décembre.

Le salaire mensuel de 43 dollars est si bas que divers syndicats demandent que le gouvernement assure de subventionner les aliments de base, afin de permettre la stricte survie physique des travailleurs. Ce qui traduit la violence de l’exploitation et un processus de paupérisation absolue.

Le 14 décembre, une entreprise a pris feu dans les environs de Dacca. Quelque 25 ouvriers sont morts dans cet incendie ; ils se sont lancés du 10e étage pour échapper au feu. Une centaine d’autres sont blessés, certains grièvement. Selon l’agence française AFP, de nombreux travailleurs ont indiqué que les sorties de secours étaient bloquées. Cette usine appartient à l’un des plus grands exportateurs du textile au Bangladesh : Hameem-Group.

Selon le correspondant de la BBC, des feux se déclarent souvent dans les entreprises, étant donné la vétusté des installations électriques et les courts-circuits qui en découlent. C’est une autre facette des conditions d’exploitation.

La révolte plus que légitime des travailleuses et travailleurs du Bangladesh devrait être appuyée par l’ensemble du mouvement syndical international.

Rédaction de A l’Encontre


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