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« Welcome to Palestine »

Funambules Médias, 27 octobre 2010

« Welcome to Palestine »
par Santiago Bertolino, cinéaste

Caméra et micro en mains, Steve et moi y sommes depuis déjà 7 jours dans ce pays qui n’en n’est pas encore un, cet État où le simple fait de prononcer son nom est un acte de résistance. « Welcome to Palestine » nous dit fièrement le chauffeur de taxi qui nous conduit jusqu’à notre logement, un « guest house » situé en plein coeur du camp de réfugiés d’Al Amari, en bordure de Ramallah. C’est là que nous résiderons jusqu’à l’ouverture du Forum Mondial Éducation qui se tiendra, en simultanée, dans plusieurs villes de Palestine.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, un camp de réfugiés a plutôt le look d’une petite ville de fortune. Oubliez l’image des tentes de la Croix-Rouge cordées les unes à côté des autres... Ça, c’était en 1948 ! Soixante-trois ans plus tard, le camp d’Al Amari ressemble davantage à un quartier populaire défavorisé. On y retrouve des buildings en béton de plusieurs étages rafistolés cahin-caha et collés les uns sur les autres. Les logements sont surpeuplés mais il y règne une effervescence qui donne envie d’y vivre. Ici, les gens sont tissés serrés. Ils sont tous les descendants de ces Palestiniens qui , à la naissance de l’État d’Israël, ont perdu leurs terres et vécus la grande exode. D’ailleurs, au camp, il reste encore des aînés qui peuvent témoigner. Aujourd’hui, on s’est justement entretenu avec la mère de Saad, un commerçant du camp. Celle-ci nous a raconté son histoire ; avant l’exode, elle vivait là où se trouve maintenant l’aéroport de Tel Aviv, elle persiste malgré tout à croire qu’un jour ses enfants retrouveront leurs chez-soi.

En Cisjordanie, on retrouve environ 24 camps de réfugiés. À Al-Amari, c’est plus de 3500 personnes qui vivent à l’intérieur d’une zone de 1 km carré. Ces camps de réfugiés ont été créés en 1948 pour accueillir les 800 000 Palestiniens qui durent quitter leurs villages durant la guerre qui conduisit à la création d’Israël. Victorieux, les Israéliens occupèrent alors les villages Palestiniens désertés et en firent leurs nouveaux chez-soi. Bien que la majorité d’entre eux possèdent encore leurs titres de propriété, les réfugiés palestiniens n’ont encore jamais pu revenir sur leurs terres. De réfugiés temporaires, ils sont devenus des habitants d’un camp qui a pris progressivement l’allure d’une petite ville orpheline sous la tutelle de l’ONU...

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