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Dossier environnment

Pour des méthodes d’extraction sécuritaires

Maxime St-Denis, 11 mai 2010

La mine de Kalakan se retrouve tout près de la frontière de la Côte d’Ivoire en sol malien. Située à plusieurs heures au sud de Bamako, cette mine exploitée artisanalement n’a rien de différent des autres petites mines qui se retrouvent ailleurs au Mali.

En fait, la centaine d’hommes et de femmes qui y travaillent proviennent à peu près tous du milieu rural et ont délaissé leurs anciennes activités pour se consacrer à la recherche d’or. Beaucoup d’autres ont érigé des campements le long de la route menant à la mine dans l’espoir de trouver du travail.

Malheureusement, l’extraction de ce précieux métal se fait souvent sans souci pour la sécurité des mineurs. Pour retirer les pierres du sol, ils doivent creuser une fosse de plusieurs mètres de profondeur et mesurant près d’un mètre de diamètre. Les ouvriers s’y insèrent en s’agrippant aux petites cavités creusées à même les parois de la fosse. La terre étant friable, les risques de chutes sont élevés.

Les travailleurs qui retirent quotidiennement le précieux minerai en dégagent pourtant un maigre profit. Se retrouvant au tout début de la chaîne commerciale, la revente de l’or n’est pas à leur avantage. Ce sont plutôt les nombreux intermédiaires suivant qui profiteront de la valeur de cette ressource.

Si le gisement d’or de Kalakan s’avère plus important qu’on l’estime jusqu’à maintenant, il est à parier que les méthodes artisanales d’exploitation seront remplacées par des techniques modernes. En effet, une expérience de ce type a été vécue dans les communautés de Sadiola et de Yatela, dans l’ouest du Mali.

En 1994, la compagnie Semos s’est vue accorder les droits d’exploitations d’une mine d’or située tout près des deux localités [1]. L’exemple de Sadiola démontre clairement l’apparition d’un épais nuage de poussière suite aux travaux de forage, de dynamitage et d’extraction du minerai. Ce nuage est composé de fines particules qui ont été inhalées par les travailleurs et les habitants du village voisin. Selon un pharmacien local, la présence de cette poussière coïncide avec l’apparition de plusieurs cas de maladies respiratoires chez les habitants. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement touchés par ce phénomène.

Cependant, il n’y a pas que les méthodes d’extraction qui représentent des risques pour la santé des travailleurs et travailleuses, et pour les écosystèmes avoisinants les mines. Étant fortement dépendants de l’utilisation de plusieurs produits toxiques tels le cyanure et le mercure, les modes d’exploitation de types artisanal et industriel ont en commun le peu d’importance qu’ils accordent à la sécurité des ouvriers. Pourtant, il est clair qu’en disposant de moyens limités, l’extraction du minerai selon la façon artisanale entraîne moins de conséquences négatives pour les communautés avoisinantes.


[1Alain Denault, Noir Canada, Pillage corruption et criminalité en Afrique,Écosociété, Montréal, 2008, p.27