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Une ville centrée sur les citadins : leur santé, leur échelle, leur participation et leur épanouissement durable !

Owen Rose, 30 septembre 2009

Dans un monde où l’on est confronté aux changements climatiques, au pic pétrolier, aux crises écologique, économique et sociale, au stress et à la pollution, et dans lequel on éprouve souvent le sentiment que rien ne change sauf les discours, le Centre d’écologie urbaine de Montréal propose une vision de la ville et offre des pistes de solutions à notre portée. Nous souhaitons que l’ensemble des candidates et des candidats s’engagent à débattre publiquement des grands enjeux montréalais et de leurs propositions pour faire de Montréal une ville écologique et démocratique. Rappelons que les candidates et candidats à la mairie ont commencé à exposer publiquement leurs propositions à l’occasion du 5e Sommet citoyen de Montréal tenu en juin dernier (www.5sc.ecologieurbaine.net)

Notre colloque, Changer le monde, un quartier à la fois ! tenu au printemps 2008, nous a permis de confirmer que l’enjeu du développement durable et démocratique des quartiers suscitait beaucoup d’intérêt à Montréal. Le colloque a aussi fait ressortir une grande frustration face aux autorités qui, en plus de ne pas faciliter les initiatives locales et malgré leurs propres plans, politiques et chartes, autorisent des projets de développement qui vont à l’encontre des objectifs de développement durable. C’est encore le volet « économique » qui prime tandis que les questions sociales et environnementales demeurent secondaires.

Montréal gère un budget d’environ 4,1 milliards de dollars. Nos propositions n’exigent pas nécessairement de nouvel argent, mais impliquent une révision des priorités quant à l’utilisation de l’argent que possède déjà la Ville dans ces interventions quotidiennes. À titre d’exemple, en 2008, la Ville a annoncé 401 millions $ pour ses infrastructures routières. L’entretien de notre réseau routier est une bonne chose, mais avec le dépôt du Plan de transport dans la même année, nous pensons que ces 401 millions $ auraient pu faire plus que remettre le statu quo à neuf ! Pourtant, le Plan de transports (adopté en 2008) commence en disant que « Montréal veut réduire de manière significative la dépendance à l’automobile par des investissements massifs dans les modes de transport collectif et actif tels le tramway, le métro, l’autobus performant, le train, le vélo et la marche ainsi que sur des usages mieux adaptés de l’automobile tels le covoiturage, l’autopartage et le taxi. »

À Montréal, nous avons de multiples politiques et plans de toute sorte qui affirment très clairement les valeurs de démocratie, d’équité sociale et l’importance de protéger l’environnement pour les générations futures, mais sont-ils des outils de développement durable et de démocratie urbaine ou plutôt du marketing politique ?

2002 La création de l’Office de consultation publique de Montréal

2004 Le Plan de développement durable du Québec

2004 Le Plan d’urbanisme de Montréal

2005 La Politique de consultation et de participation publiques

2005 La Politique de l’arbre de Montréal

2005 La stratégie d’inclusion de logement abordable dans les nouveaux projets résidentiels

2006 La Charte montréalaise des droits et responsabilités

2006 Les Pistes de réflexion en vue de l’élaboration d’un plan d’action sur les toitures végétales

2007 Le Plan stratégique de développement durable de la collectivité montréalaise

2008 Le Plan de transport de Montréal avec la Charte du piéton

2009 Le Plan de protection et de mise en valeur du Mont-Royal

2009 La Politique montréalaise de développement durable pour les édifices municipaux

Pour le bien de la collectivité montréalaise, il faut passer des mots à l’action. Le défi consiste plutôt à « débloquer » l’appareil politique et bureaucratique afin que le bien commun se retrouve au cœur des décisions.

C’est l’ensemble du cadre économique et politique montréalais qu’il faut débattre car le développement durable repose sur une économie en santé au service de la collectivité (et non le contraire). Le développement durable requiert une participation active des citoyennes et des citoyens dans la prise de décisions qui affectent le développement de leur ville. C’est la condition essentielle pour faire en sorte que ces décisions soient prises en fonction de l’intérêt public.


L’auteur est Président du conseil d’administration du Centre d’écologie urbaine de Montréal

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