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Radio-Canada à l’assaut de la liberté d’expression

Les membres du Syndicat des communications de Radio-Canada, 1er mai 2002

Quelle importance la Société Radio-Canada (SRC) accorde-t-elle à la liberté d’expression ? Les 1 400 lock-outés de la société d’État n’auraient jamais pensé devoir se poser cette question. Seulement, le 10 avril, alors que 700 d’entre eux se rendaient sur la Colline parlementaire, à Ottawa, la SRC a choisi de suspendre les négociations.

Les employés de Radio-Canada en lock-out n’avaient pas le droit, semble-t-il, de dire au reste du Canada que les anglophones et les francophones du Québec et de Moncton n’avaient plus de services de radio et de télévision publics. Ils n’avaient pas le droit non plus de parler à leurs députés pour leur dire que la voix de Radio-Canada international était interrompue ni que les citoyens du Grand Nord étaient, eux aussi, privés d’un lien de communication important c’est-à-dire Radio Canada Nord-Québec... pas le droit également de souligner que la SRC joue sa popularité et sa crédibilité en trahissant son mandat !

La manifestation des employés syndiqués de Radio-Canada sur la colline parlementaire a entraîné une suspension des négociations durant sept jours. Sous pression, Radio-Canada a finalement accepté de reprendre les pourparlers : ils se poursuivaient au moment d’écrire ces lignes.

Les enjeux

DES SALAIRES TROP BAS : Des salaires de base trop bas sont au cœur du litige. Pour 2001, la SRC offrait, avant le lock-out, un forfaitaire de 700 dollars, 3 % pour 2002 et 2 % pour 2003 pour un total de 5 % sur trois ans. Ce qui ne corrige en rien le retard pris par les employés de la SRC, si on les compare au reste du marché (soit 12 % de moins) et aux autres groupes à l’intérieur même de Radio-Canada.

En comparaison avec la Guilde (où se retrouvent les salariés de l’Ontario par exemple) en 1999, ces employés ont obtenu deux augmentations de salaire, totalisant 5,5 %, alors que ceux du SCRC obtenaient 2,5 %. En 2000, la société a versé 6,5 % d’augmentation à la Guilde alors que ceux du SCRC ne récoltaient que 3 %. Au Québec, 55,8 % des employés permanents gagnent 45 000 dollars et plus contre 69,6 % en Ontario et 67,6 % pour le reste du Canada. Notons que les réalisateurs viennent de signer leur contrat de travail et ont obtenu des augmentations de 8,7 % sur trois ans. La fonction publique fédérale versera 8,5 % pour la même période.

DISCRIMINATION SEXUELLE : Les salaires de base à la SRC étant trop bas, les directions de services versent des sommes discrétionnaires, des suppléments de revenu à certains employés pour compenser le manque à gagner par rapport au marché. 11 % de la masse salariale, soit 8,2 millions de dollars, échappent ainsi à la négociation collective.

L’enquête syndicale a montré que les suppléments de revenus étaient plus élevés pour les hommes que pour les femmes et qu’un plus grand nombre d’hommes en bénéficiaient par rapport aux femmes. Par exemple, à ancienneté égale, 26 femmes animatrices gagnent en moyenne 14 728 dollars de moins que leurs 37 collègues masculins.

PRÉCARITÉ : Si l’on compare le taux d’employés permanents de la SRC au Québec avec ceux de l’Ontario, on constate que 49,7 % des employés du Québec sont permanents contre 72,2 % en Ontario.

Nous réclamons l’octroi de la permanence à un plus grand nombre d’employés contractuels - certains le sont depuis 20 ans - le droit de rappel par ancienneté pour les temporaires ainsi que des vacances sans perte d’ancienneté. Dans notre unité syndicale, plus de la moitié des employés n’ont aucune sécurité d’emploi.