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Le gouvernement angolais sur la brèche

Southscan, 11 octobre 2005

La « conférence des donateurs » programmée depuis 2002 par l’Union européenne vient d’être cancellée, soi-disant parce qu’elle « n’est plus nécessaire ». Le Président Dos Santos pour sa part a affirmé dans un discours prononcé devant son parti, le MPLA, que l’« Angola est riche et peut dialoguer avec le reste du monde sur une base bilatérale ».

Selon le gouvernement, les priorités sont de développer la coopération dans le domaine de la reconstruction, les infrastructures, l’eau potable et le nettoyage des mines anti-personnel. Dans les couloirs de l’UE toutefois, la rumeur est à l’effet que Dos Santos ne veut pas d’un exercice où le dossier de l’Angola serait examiné publiquement. Depuis plusieurs années, le Fonds monétaire international (FMI) exige un audit indépendant des revenus du pétrole qui s’accumulent dans les comptes de banques de l’élite angolaise. Mais rien ne bouge sur ce dossier.

L’odeur du pétrole

Le Président Dos Santos a allégé la pression en négociant récemment un important crédit avec la Chine. Il est bien connu que la Chine est devenue est un gros joueur en Afrique en établissant des liens avec des gouvernements qui ne sont pas des champions dans la gouvernance. La Chine est déjà présente dans la reconstruction des routes pendant que la coopération israélienne est active dans le domaine de la santé et de l’agriculture. D’ici trois ans, l’Angola sera en mesure de produire deux millions de barils par jour. Une grande partie de ces revenus sert à rembourser des emprunts précédents, ou bien à enrichir une petite élite.

Le drame des déplacés

Entre-temps, plus de 100 000 personnes restent déplacées, notamment dans les provinces de Cabinda, Huila, Kuando Kubango, Luanda et Moxico. Dans la province de Cabinda, la présence massive des forces armées est la principale raison qui empêche les gens se rentrer chez eux. Dans la province de Kuando Kubango, des conflits violents éclatent entre les supporteurs du gouvernement et le principal parti d’opposition, l’UNITA. Selon un rapport de l’ONU, la situation des déplacés est la responsabilité du gouvernement qui refuse de les reconnaître. D’autre part, la plupart des donateurs se sont retirés. Le Programme alimentaire mondial a réduit les rations qu’il fournit aux groupes les plus vulnérables. Quant au programme de démobilisation pour les soldats de l’UNITA, il est au ralenti. Ces militaires dans la province de Bié par exemple sont encore confinés dans des camps.