Une manifestation pacifique n’est pas une activité criminelle

mercredi 24 octobre 2007

Le 4 octobre, les citoyennes étasuniennes Medea Benjamin et la Colonel Ann Wright se sont vu refuser l’entrée au Canada après avoir été détenues durant près de trois heures à la frontière canadienne des Chutes du Niagara. Alternatives se joint à L’Alliance canadienne pour la Paix pour condamner la décision par l’Agence des services douaniers du Canada d’empêcher les deux militantes pacifistes d’entrer au pays.

Madame Benjamin est co-fondatrice de Code Pink, une organisation de femmes pacifistes aux États-Unis (http://www.codepink4peace.org/ ) , tandis que la Colonel Wright a passé 29 ans dans le corps diplomatique et l’armée des États-Unis. Elles constituent des figures de proue du mouvement pacifiste aux États-Unis et elles jouissent du respect international à cause de leur travail inlassable en faveur des droits humains, de la justice et de la paix.

Medea Benjamin, co-fondatrice de l’organisation pacifiste CodePink, était à Montréal lors des Journées Alternatives 2007.

Il y a un certain temps déjà, Madame Benjamin et la Colonel Wright avaient été arrêtés aux États-Unis durant une manifestation non-violente contre la guerre en Irak. Chez nos voisins du Sud, de telles actions sont considérées comme des délits et soumis à une amende. Récemment, le bureau fédéral d’investigation, le FBI, a commencé à ajouter les noms des Étasuniens impliqués dans la campagne pour la paix dans la banque de données du Centre national d’information criminelle, une liste utilisée pour traquer les criminels violents, les abuseurs sexuels enregistrés et les organisations terroristes. La police canadienne des frontières a été invitée à utiliser cette liste pour « filtrer » l’entrée des citoyens des États-Unis, même si le Canada n’est pas obligé d’observer les règlements crées par le FBI ou d’autres agences basées aux États-Unis.

« Au Canada, nous ne considérons pas les manifestations pacifiques comme des activités criminelles, a expliqué Sid Lacombe, le coordonnateur nationale de l’Alliance canadienne pour la paix. C’est une honte que le gouvernement fédéral ait utilisé une liste confectionnée aux États-Unis qui cible des militants respectés. Ces gens devraient être les bienvenues ici, pas évincés. »

D’autres bases de données concernant la sécurité montrent des différences très marquées entre les standards canadiens et étasuniens. Le Canadien Maher Arar et sa famille sont toujours considérés comme « terroristes » par les agences de sécurité étasuniennes, mmême s’ils ont été complètement blanchis par les gouvernements canadiens et syriens, au point d’avoir reçu une compensation financière de 10 millions de dollars.

Alternatives et l’Alliance canadienne pour la Paix invitent leurs membres et les défenseurs des libertés civiles à prendre contact avec le Ministre de la Sécurité publique Stockwell Day. Il s’agit de lui demander pourquoi la police des frontières canadiennes applique des règles établies aux États-Unis. Dans les circonstances, le ministre devrait fournir des excuses à Mme Benjamin de même qu’à la Colonel Wright.

M. Stockwell Day, ministre de la Sécurité publique
Chambre des Communes
Ottawa, CanadaK1A 0A6
Téléphone : (613) 995-1702
Télécopieur : (613) 995-1154
Courriel : Day.S@parl.gc.ca

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