La France à la croisée des chemins

mercredi 15 janvier 2020, par Richard Greeman

La grève générale et nationale en France, qui entre maintenant dans sa septième semaine (un record), semble approcher un point tournant. Malgré la répression policière sauvage, environ un million de personnes descendent dans les rues pour protester contre la « réforme » néolibérale du système de retraite français proposée par le président Macron, système établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale et considéré comme l’un des meilleurs au monde. Au fond, ce qui est en jeu, c’est la vision de société dans laquelle les gens veulent vivre - une société basée sur le calcul froid du marché ou une société basée sur la solidarité humaine - et d’un côté ou de l’autre, personne ne montre de signe de volonté de compromis.

Maintenant ou jamais ?

D’une part, le gouvernement Macron a mis en jeu sa légitimité pour faire passer cette « réforme » clé sans la modifier, par principe, même si elle est impopulaire. D’autre part, se trouvent les travailleurs des chemins de fer et des transports en commun en grève, qui portent le poids de ce conflit et qui ont déjà sacrifié des milliers d’euros de salaire, perdus depuis le début de la grève le 5 décembre dernier. Après six semaines, ils ne peuvent pas accepter la perspective de retourner au travail les mains vides et ils ont mis le cap sur un objectif ambitieux : le retrait complet du projet gouvernemental.

Cela ressemble à une situation de « maintenant ou jamais ». De plus, il semble clair que les travailleurs du transport, c’est du sérieux. Lorsque le gouvernement (et les dirigeants syndicaux) ont proposé une « trêve » dans la grève des transports pendant la période sacrée des vacances de Noël/Nouvel An, la base a voté pour continuer la lutte, et leurs dirigeants ont été obligés de manger leurs mots.

Les travailleurs du transport ne sont pas isolés, malgré les désagréments qu’ils occasionnent aux navetteurs et aux autres voyageurs. Ils ont été rejoints par les infirmières et les médecins des urgences (qui sont en grève depuis des mois en raison du manque de lits, de personnel et de matériel), les enseignants des écoles publiques (qui protestent contre les « réformes » antidémocratiques et incompréhensibles du programme national), les avocats et les juges (visibles dans leur robe de magistrat), et les danseurs de l’Opéra de Paris (visibles dans leurs tutus) parmi les autres professions qui ont rejoint la grève.

Les grévistes et les « gilets jaunes » ensemble

Aux côtés des grévistes, et bien visibles parmi eux, les gilets jaunes sont un élément crucial. Depuis plus d’un an, ils donnent un « mauvais exemple » de protestation sociale auto-organisée, en grande partie sans leader, qui a capté l’imagination du public et qui, par une action directe dans les rues, a obtenu de Macron de réelles concessions en décembre 2018. Cette victoire a impressionné la base du mouvement syndical organisé français qui, après trois mois de grèves disciplinées, mais limitées, avec des pauses et des reprises au printemps 2018, n’a pas du tout réussi à arracher des concessions et est retourné au travail sans-le-sou et les mains vides pendant que Macron faisait passer une série de privatisations néolibérales et de réductions des indemnités de chômage.

Bien que leur nombre ait diminué, les gilets jaunes ont poursuivi leurs protestations spontanées tout au long de 2019 malgré la répression sauvage du gouvernement, la couverture médiatique déformée mettant l’accent sur la violence du Black Block et le snobisme de la direction du syndicat ; mais leur « mauvais exemple » n’a pas échappé à la base syndicale. La grève générale d’aujourd’hui a été initialement déclenchée en septembre dernier par un débrayage spontané des travailleurs du métro parisien qui, contrairement à la coutume, ont spontanément fermé le système sans demander la permission à leurs dirigeants et à la direction.

Entre-temps, les gilets jaunes, d’abord méfiants à l’égard des syndicats mais isolés dans leur lutte contre Macron, avaient commencé à chercher une « convergence » avec le mouvement ouvrier français. Finalement, lors de l’« Assemblée des assemblées » nationale des gilets jaunes en novembre dernier, leurs délégués ont voté à la quasi-unanimité pour se joindre à la « grève générale illimitée » proposée par pour le 5 décembre les syndicats. À l’opposé de son attitude de fermeture ayant prévalu jusqu’alors, Philippe Martinez, président de la CGT, a immédiatement salué leur participation.

Provocation du gouvernement

Actuellement, la confrontation nationale inapaisable au sujet de la retraite - une vache sacrée, comme la sécurité sociale aux États-Unis - doit d’être comprise comme une provocation délibérée de la part de Macron, tant dans sa forme que dans sa substance. Il n’y avait aucune raison urgente de réformer les retraites, ni d’abolir carrément le vénérable système et de le remplacer précipitamment par un plan néolibéral abstrait basé sur l’ « universalité ». Le programme de retraite n’était pas endetté, et la prétendue nécessité de remplacer la vingtaine régimes « spéciaux » - négociés au fil des ans avec les représentants des différents métiers et professions - par un seul « système de points » au nom de l’équité, de l’efficacité et de la rationalité n’était qu’un écran de fumée.

En fait, ces « régimes spéciaux » ne couvrent qu’environ un pour cent des retraités - un million environ de mineurs, de travailleurs des chemins de fer, de travailleurs des transports en commun, de marins, de danseurs de ballet et autres - qui prennent une retraite anticipée en raison de la nature physiquement ou mentalement éprouvante de leur travail spécifique. (Même si vous incluez les quatre millions d’employés du secteur public comme étant « spéciaux », le chiffre passe à moins de 25 %). De plus, Macron lui-même a récemment violé ce principe d’« universalité » en accordant des exceptions spéciales à la police et à l’armée (qu’il ne peut pas se permettre d’aliéner) et aux ballerines de l’Opéra (que personne ne peut imaginer danser sur les orteils à l’âge de soixante ans).

Derrière l’écran de fumée déroutant de « l’équité pour tous » se cache une vieille arnaque : égaliser les avantages en les réduisant au plus petit dénominateur commun. En effet, selon des calculs indépendants, le système de points de Macron réduirait la pension moyenne d’environ 30 %. Et comme ces « points » seraient calculés sur le nombre total d’années de vie active avant la retraite, plutôt que sur le critère actuel de 75 % des meilleures ou des dernières années du travailleur, le système de points de Macron pénaliserait particulièrement ceux et celles dont la carrière est irrégulière - par exemple les femmes qui prennent des années de congé de maternité. Pourtant, le gouvernement prétend effrontément que les femmes seront « les grandes gagnantes » de cette soi-disant réforme !

Vendre chat en poche

Toutefois, le plus grand inconvénient de ce système de points est que la valeur réelle en espèces de chaque point accumulé ne serait calculée qu’au moment de la retraite. La somme en euros serait alors déterminée par le gouvernement alors au pouvoir sur la base de la situation économique à ce moment (par exemple en 2037 lorsque le plan entrera pleinement en vigueur). Dans le système actuel, chaque instituteur, cheminot et employé de bureau peut calculer le montant qu’il recevra au moment de son départ à la retraite à 62 ans et planifier en conséquence (par exemple en optant pour une retraite anticipée). Or le système de points de Macron laisserait le travailleur dans l’ignorance totale jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Son système ressemble à celui d’un casino où l’on achète 10 jetons pour un certain montant (disons 10 euros chacun), où l’on place ses paris, et où l’on apporte ensuite ses jetons gagnants à la caisse pour découvrir que ses jetons ne valent plus que 5 euros chacun. Surprise ! La maison gagne toujours !

Grâce à leur système de retraite actuel, les Français vivent en moyenne cinq ans de plus que les autres Européens. D’ailleurs, selon le New York Times  : « En France, le taux de pauvreté des personnes âgées de plus de 65 ans est inférieur à 5 %, en grande partie grâce au système de retraite, alors qu’aux États-Unis il avoisine les 20 %, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En France, l’espérance de vie augmente, alors qu’aux États-Unis elle diminue dans des secteurs importants de la population ». Et bien que les médias français pro-gouvernementaux aient présenté la réforme de Macron, confuse et déroutante, sous le meilleur jour possible, elle est difficile à vendre. Alors pourquoi la changer ?

Pas un président ordinaire

Quand Emmanuel Macron a pris le pouvoir en 2017, il a juré qu’il ne serait pas « un président ordinaire ». Dès le début, il a ouvertement proclamé sa volonté de fer visant à révolutionner la société française afin de l’aligner sur la révolution néolibérale Thatcher / Reagan des années 1980, et ses méthodes ont été autoritaires. Il a imposé son programme de privatisations et de contre-réformes par le haut, principalement par décret, contournant délibérément les négociations avec des « organes intermédiaires » comme le Parlement, les partis politiques, les autorités locales et surtout les syndicats, qui ont traditionnellement été « les partenaires sociaux » (désignation officielle) du gouvernement ainsi que les associations d’employeurs (qui sont la principale base de soutien de Macron).

Soutenu par les médias grand public (contrôlés par le gouvernement et trois grandes entreprises), Macron a jusqu’à présent largement réussi à poursuivre, sans que rien ne l’arrête, son programme néolibéral, ouvertement conçu pour améliorer la « compétitivité » française (c’est-à-dire les bénéfices des entreprises) en abaissant le niveau de vie (augmentant ainsi les inégalités). En cas de succès, sa proposition de « réforme » des retraites ouvrirait les portes de son objectif ultime, la « réforme » du système de santé socialisé de la France (« Medicare for all »), déjà en voie de privatisation.

Naturellement, toutes ces mesures ont été impopulaires, mais jusqu’à présent, Macron, dont le style exécutif a été qualifié d’« impérial », a réussi à diviser et à déstabiliser son opposition – et si nécessaire grâce à un recours massif à la violence policière. Tel a été le sort des mouvements spontanés des gilets jaunes, qui ont été régulièrement battus et attaqués au gaz lacrymogène, ainsi que des centaines de blessures graves (y compris des éborgnements, des mains arrachées et plusieurs morts) – le tout en toute impunité policière et camouflages médiatiques. Désormais, les méthodes répressives sauvages du gouvernement – condamnées par l’ONU et l’Union européenne – sont appliquées aux grévistes et aux manifestants syndicaux traditionnellement tolérés par les forces de l’ordre en France.

Cette répression peut se révéler être comme jeter de l’huile sur les flammes du conflit. Le 9 janvier, à l’issue des marches pacifiques et légales de masse (estimées à un demi-million de manifestants dans tout le pays), des membres de la BAC (Brigade anti-criminalité), particulièrement violente à Paris, Rouen et Lille, ont reçu l’ordre de rompre des sections des convois, les entourant, les inondant de gaz lacrymogène, puis les chargeant, avec des matraques et des tirs de flash-ball à bout portant, provoquant 124 blessé·es (dont 25 graves) et 980 personnes qui ont été affectées par les gaz lacrymogènes.

Ces attaques brutales, qui visaient particulièrement les journalistes et les femmes (infirmières et enseignantes) ont été capturées sur des vidéos choquantes, vues des millions de fois sur YouTube, mais rejetées à la légère par les porte-parole du gouvernement. Loin de décourager les grévistes, cette violence délibérée ne peut que les enrager. Et, avec le « mauvais exemple » des gilets jaunes, les dirigeants syndicaux pourraient ne pas être en mesure de tenir les rênes.

Le centre ne peut pas tenir

Pourquoi Macron risque-t-il son prestige et sa présidence dans cette confrontation précaire avec les dirigeants syndicaux, traditionnellement considérés comme les servants obéissants du gouvernement dans de telles occasions ? Les historiens rappellent qu’en 1936, Maurice Thorez, dirigeant de la CGT (Confédération générale des travailleurs) affiliée au parti communiste, a mis fin à la grève générale et aux occupations d’usine avec le slogan « Il faut savoir terminer une grève », et lors de la Libération en 1945, le même Thorez, fraîchement revenu de Moscou, a dit aux à la classe ouvrière de « retrousser ses manches » et de reconstruire le capitalisme français avant de faire la grève pour le socialisme. De même en 1968, lors du soulèvement spontané des étudiants-travailleurs, la CGT a négocié un accord avec De Gaulle pour littéralement ramener au travail les grévistes les plus inflexibles.

Ce n’est pas pour rien que les syndicats français aujourd’hui subventionnés par le gouvernement sont officiellement désignés comme « partenaires sociaux » (avec le gouvernement et les entreprises), mais Macron, fidèle à la doctrine néolibérale du thatchérisme, a constamment humilié Martinez de la CGT, ainsi que les autres dirigeants syndicaux, et les a exclus – incluant les autres organismes intermédiaires – du processus d’élaboration des politiques.

Ça va finir par craquer

Le « président pas ordinaire » de la France est resté dès le début fidèle à sa vision d’une présidence impériale. Bien que considéré par beaucoup à l’étranger comme un « progressiste », Macron, comme Trump, Poutine et d’autres chefs d’État contemporains, adhère à la doctrine néolibérale de la « démocratie autoritaire », et il est apparemment disposé à mettre en jeu son avenir et l’avenir de la France, en maîtrisant une fois pour toutes son opposition populaire, en particulier les syndicats.

Ainsi, ce qui est en jeu aujourd’hui n’est pas seulement une querelle sur les droits à la retraite, qui devraient normalement être négociés et jugés par un processus politique comprenant des partis politiques, des représentants élus, des coalitions parlementaires et des négociations collectives avec les travailleurs, mais une question concernant le type de société dans laquelle les Français vont vivre à l’avenir : sociale-démocrate ou néolibérale autoritaire. Le chef aguerri du bureau de Paris du New York Times, Adam Nossiter, dit simplement dans son article révélateur du 9 janvier : « Une lutte entre riches et pauvres amplifiée par 200 ans d’histoire française » (« A fight between the rich and the poor amplified by 200 years of French history »).

Technocrate et ancien banquier de Rothschild, Macron a pris le pouvoir de manière inattendue en 2017 lorsque les partis traditionnels de gauche et de droite se sont effondrés lors du premier tour de l’élection présidentielle, le laissant seul comme le moindre de deux maux dans un face-à-face avec le Front National proto-fasciste de Le Pen. Considéré comme « le président des riches » par la plupart des Français, Macron doit rester inflexible car il ne compte que sur la Bourse, le MEDEF (Mouvement des entreprises de France) et la police.

Reconsidérer la question

D’un autre côté, alors que la lutte entre dans sa septième semaine, il me vient à l’esprit que s’il s’agissait d’une véritable grève générale, si tous les travailleurs organisés s’étaient retirés le 5 décembre, si les chemins de fer, les métros, les bus, les écoles et les hôpitaux – sans parler des raffineries et des générateurs électriques – avaient été fermés, tout aurait été terminé en quelques jours.

Mais ce ne sont pas les États-Unis, où en septembre et octobre 2019, 48 000 membres du syndicat « United Auto Workers » ont fermé 50 usines de General Motors pendant plus de six semaines, et où aucun travailleur, aucune livraison de pièces, aucune voiture finie n’a franchi les piquets de grève avant le règlement de la grève.

En France, il n’y a pas de clauses de sécurité syndicale telles qu’un magasin syndical (« union shops ») et encore moins de monopole d’embauche (« closed shop »), peu ou pas de fonds de grève, et pas moins de cinq fédérations syndicales différentes se disputent la représentation dans un secteur donné. Ici, les lignes de piquetage, lorsqu’elles existent, sont purement informatives et entre 10% et 90% des travailleurs peuvent se présenter au travail n’importe quel jour pendant une grève. Aujourd’hui, par exemple, sept trains à grande vitesse TGV sur dix circulaient, car de nombreux cheminots sont retournés au travail pour payer leurs factures tout en prévoyant de reprendre la grève et de rejoindre les manifestations plus tard dans la semaine. Combien de temps cela peut-il durer ?

« Quand une force irrésistible rencontre un objet inamovible, ça va finir par craquer » (« When in irresistible force meets an immovable object, something’s got to give »), dit le vieil adage, et une démonstration de force semble être en vue. Avec son intransigeance arrogante sur la question de la retraite, Macron risquerait apparemment sa présidence d’un coup de dés. Seul le temps nous le dira. Et Macron parie peut-être que le temps est de son côté, en attendant que le mouvement s’essouffle lentement afin de faire avancer ses réformes plus tard au printemps.

Mise à jour (14 janvier 2020) : La déclaration très controversée du Premier ministre français Édouard Philippe, le 12 janvier, de retirer « provisoirement » sa proposition d’augmenter l’âge « pivot » de la retraite de 62 à 64 ans est un autre écran de fumée destiné à diviser l’opposition et à prolonger encore la lutte, comme suggéré ci-dessus.

Bien que dénoncée comme telle par la CGT et d’autres syndicats en grève, la promesse du gouvernement a été immédiatement acceptée par le syndicat CFDT ouvertement « collaborateur de classe » (« modéré »), en fonction de leur avantage mutuel. La CFDT va maintenant être incluse dans les négociations sur le financement du système de points proposé, que la CFDT d’ailleurs soutient, ayant collaboré avec les gouvernements précédents lors de réformes néolibérales antérieures.

La déclaration de Philippe est évidemment une promesse vide de sens, car il n’y a que deux façons d’augmenter le fonds de retraite : soit en allongeant le nombre d’années de cotisation, soit en augmentant le montant des cotisations annuelles, qui sont partagées entre les travailleurs et les employeurs. Et si les salariés ont manifesté leur volonté d’augmenter leur cotisation, le MEDEF a refusé catégoriquement de payer sa part, écartant ainsi la solution évidente à cette crise fabriquée.

Traduction : Myriam Cloutier (JdA)

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