Mouvements sociaux

Voir également : "Mobilisation", "Manifestation", "ONG" "Altermondialisme" et "Société civile"

« N’offrez pas de fleurs, le 08 Mars n’est pas la Saint-Valentin », gronde une bannière brandie par une manifestante qui paradait, hier, dans les rues d’Alger. Sur d’autres pancartes, on peut lire ce même message : « On n’est pas venues faire la fête, on est venues pour que vous partiez ». Comme en écho à ce slogan, la foule, composée essentiellement de femmes, des femmes de tout âge et de toute condition, scandait : « Ma djinache nahtaflou ya issaba, djina bach tarahlou ya îssaba ! » (On n’est pas venus faire la fête, on est venus pour vous obliger à partir). On l’aura compris : ce 8 mars 2020 a (...)
C’était une belle journée de printemps à Santiago. Les 28°C qui cognaient sur ma chevelure blonde faisait contraste avec La Paz, où je vis présentement, métropole aux températures plus fraîches nichée à quelques 3600 mètres d’altitude. Je me trouvais dans la capitale chilienne pour quelques semaines en vue de trois sommets internationaux en marge de la Conférence des Parties sur le changement climatique (COP25) : le Sommet des Peuples, la Société civile pour l’action climatique (SCAC) et le Tribunal international pour les droits de la nature. La décision du gouvernement du Chili d’annuler (...)

La mobilisation qui a pour enjeu immédiat les retraites dessine un horizon démocratique plus large : elle combat à la fois l’autoritarisme incarné par Emmanuel Macron et l’extrême droite qui a tout intérêt à l’échec du mouvement.

La grève générale et nationale en France, qui entre maintenant dans sa septième semaine (un record), semble approcher un point tournant. Malgré la répression policière sauvage, environ un million de personnes descendent dans les rues pour protester contre la « réforme » néolibérale du système de retraite français proposée par le président Macron, système établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale et considéré comme l’un des meilleurs au monde. Au fond, ce qui est en jeu, c’est la vision de société dans laquelle les gens veulent vivre - une société basée sur le calcul froid du marché ou une société (...)
« Oh bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao ciao... ». Comme un appel au rassemblement, le refrain entêtant retenti et se propage d’un manifestant à l’autre. De Paris à New Delhi, en passant par le Kurdistan, le chant des ouvrières agricoles italiennes du début du XXe siècle, devenu l’hymne des partisans antifascistes à l’ère de Mussolini, est depuis de nombreuses années un des classiques de la chanson de manifestation partout dans le monde. Des dizaines de versions et interprétations ont été faites de Bella ciao, à tel point que certains ignorent encore son origine, bien antérieure au (...)

La crise politique dans laquelle les tensions américano-iraniennes ont plongé l’Irak retarde les changements pour lesquels les manifestants luttent – et périssent.

Durant le week-end des 16 et 17 novembre, les gilets jaunes ont fêté leur premier anniversaire avec des barbecues conviviaux sur les carrefours giratoires (ronds-points) répartis dans toute la France, suivis d’actions directes telles que des péages libérateurs. Bien que le nombre de manifestants ait diminué d’environ 10% sur les quelques 400 000 personnes qui sont venues manifester il y a un an le 17 novembre 2018 - malgré une année de violente répression policière, de déformation des médias et de pure fatigue - un nombre étonnamment élevé de femmes et d’hommes de toute « la France profonde » (...)

En poste depuis 2006, Evo Morales, le premier président indigène de Bolivie, a été renversé par un coup d’État. Des débats sur la manière dont cela est arrivé et ce que cela signifie ont proliféré dans la gauche à l’échelle internationale. Ashley Smith a discuté avec Jeffery R. Webber et Forrest Hylton, deux observateurs de longue date de la Bolivie, pour mieux comprendre les problématiques en jeu.

Au Chili, la mobilisation sociale se poursuit, soutenue par une très large partie de la population. Le président-milliardaire Piñera vient cependant de faire savoir qu’il irait jusqu’au bout de son mandat. S’il reconnaît aux micros de la BBC être responsable d’une partie du « problème », il précise que celui-ci s’est « accumulé depuis 30 ans ». Allons jusqu’à 46. Allende tombait, encerclé par les putschistes ; Pinochet s’emparait du pouvoir puis recrutait un groupe d’économistes formés à Chicago par Milton Friedman et Arnold Harberger. Le Chili, dans la rue, rejette aujourd’hui la greffe. L’auteure, historienne latino-américaniste, revient sur la construction de ce soi-disant « miracle économique ».

Au cours du mois de novembre 2019, des milliers de Colombiens, surtout des jeunes, participent aux mobilisations quotidiennes de la nation caféicole. Tout a commencé par une grève nationale majeure le jeudi 21 novembre, ce qui ne s’était pas produit depuis 1977. Parmi les organisateurs de ces marches et de la grève figurent des syndicats, des organisations étudiantes, des organisations de femmes, des peuples indigènes, des écologistes et des groupes politiques opposés au gouvernement d’Iván Duque [qui est membre du parti de droite radicale Centre démocratique et proche d’Alvaro Uribe ; il (...)

L’humanitaire est une nouvelle fois « la réponse » de l’international à la crise haïtienne. Une stratégie de pourrissement qui témoigne avant tout de la complicité avec le régime en place et contourne l’exaspération sociale des habitants.

La peur face à la force du peuple fait trembler les élites dirigeantes. Elles craignent un peuple qui en a assez des abus, de la ségrégation, de l’humiliation et de l’inégalité. L’indignation accumulée au fil des ans est descendue dans la rue et ne montre aucun signe de retour au point de résignation qui était devenue son refuge. Il s’agit d’une insurrection populaire spontanée, pacifique, sans direction ni programme, mais qui a rejoint de vastes secteurs sociaux. Jamais, nous les Chiliens, n’avons été autanti unis qu’en ces derniers jours, tous derrière la volonté de répudiation du système (...)

Depuis le début du mois d’octobre, les manifestations se multiplient en Irak. Autonomes par rapport à toutes les forces politiques, mobilisant en premier lieu les jeunes, elles ne mettent pas seulement en cause le gouvernement, mais aussi l’autorité religieuse et les ingérences de l’Iran.

Depuis le 17 octobre, le Liban est agité par un soulèvement populaire sans précédent contre le régime confessionnel, corrompu et inégalitaire. Face à cette crise, le premier ministre, Saad Hariri s’est vu obligé de donner sa démission.

À la suite de la démission du gouverneur Rosselló, de nombreuses assemblées populaires se sont constituées sur tout le territoire de Porto Rico, avec pour but de poursuivre le débat — et de prolonger le mouvement populaire.

Le Hirak algérien, la révolution soudanaise, les immenses manifestations de Honk Kong, nous racontent, chacun et chacune à leur manière, au delà de leurs contextualisations distinctes et de leurs particularités, le même air totalement nouveau, chargé d’espérance radicale, et par leur simultanéité nous font apparaître, un autre rapport au pouvoir et au politique. Ils semblent avoir tiré les leçons des moments de l’occupation des places (Occupy street, etc ) et des printemps arabes. Nous abordons ici, uniquement el Hirak algérien. A différents échelles et degrés, on relève cinq marqueurs (...)

Vingt-trois (23) membres de la société civile nigérienne sont arrêtés et gardés par la police judiciaire depuis le 25 mars 2018 à Niamey. La plupart de ces activistes ont été arrêtés à leurs domiciles et lieux de travail sans aucun mandat légal, plusieurs heures avant le début des manifestations projetées, ce jour, par la société civile pour dénoncer les mesures antisociales contenues dans le budget 2018.

Depuis plusieurs mois maintenant, l’Algérie connaît une recrudescence des mouvements sociaux. Ces mouvements revendiquent la réduction des inégalités économiques et sociales, une meilleure organisation des professions, des conditions de vie et de travail plus humaines, et notamment un accès plus juste à divers besoins en termes de santé, d’éducation, d’emploi ou de logement.

La littérature sur Mai-Juin 68 est considérable. Cet article n’a pas pour ambition de passer en revue les événements, d’en faire un compte-rendu et encore moins d’être exhaustif. Je voudrais plutôt, en un nombre réduit de pages, mettre en avant des éléments d’analyse qui (à ma connaissance) ont été peu ou pas évoqués dans les présentations disponibles. Tant il est vrai que le soulèvement printanier de 68 brille encore, cinquante ans après, de mille feux, présente mille facettes, dont il sera difficile de faire le tour.

Du point de vue des organisateurs, l’Université européenne des mouvements sociaux d’Attac, qui s’est tenue à Toulouse du 23 au 27 août, a été un franc succès, avec de plus de 2000 participant.e.s, des conférences, ateliers et séminaires bien remplis, et une organisation efficace. Un nombre élevé des personnes inscrites étaient Françaises, mais il y avait tout de même une bonne délégation étrangère. La conférence d’ouverture a été marquée par la présentation de Zoé Konstantopoulou, ex-militante de Syriza et ex-présidente du parlement grec, fondatrice du mouvement Trajet de Liberté. Sur un ton vibrant, (...)

Il y a un an, des manifestants s’installaient place de la République, à Paris, lançant la Nuit debout contre « la loi El Khomri et son monde ». Faisant des émules ailleurs en France, ce mouvement d’occupation des places a vu fleurir les collectifs et les initiatives, portés par le désir de renouveler la démocratie. Aujourd’hui, l’élan reste vivace.

Selon les médias, plus de 12 000 personnes étaient réunies à Trois-Rivières, le 17 octobre 2015, pour la clôture de la Marche mondiale des femmes (MMF 2015). Cette marche rassembleuse couronnait une campagne de sept mois marquée par le renforcement des relations entre la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et l’organisation Femmes autochtones du Québec (FAQ). La présidente de la FFQ, Mélanie Sarazin, souhaite s’appuyer sur ces avancées pour élargir et approfondir les solidarités qui existent entre les femmes blanches, autochtones et immigrantes. Nous l’avons rencontrée pour discuter du bilan (...)
François Saillant, lors de l’assemblée publique d’Alternatives du 24 octobre dernier à propos des résultats des élections fédérales, a exprimé sa déception concernant les suites du Forum social des peuples (FSP) de 2014 sur la mobilisation contre Harper. Il exprimait une critique qu’il a lui-même formulée à d’autres occasions et que plusieurs ont émis sur le phénomène des forums sociaux : les grands happenings altermondialistes n’auraient que peu d’impact sur la concertation et l’action des organisations sociales. Le Forum social mondial (FSM) de Montréal pourra-t-il surmonter ce problème ? Pour (...)
Entrevue avec Julien Rivoire, responsable syndical et animateur de la coalition climat 21 qui coordonne les mobilisations en préparation. Il décrypte les enjeux de cet événement et les défis que pose la question du climat à la gauche et aux mouvements. Du 30 novembre au 11 décembre prochain, le gouvernement français accueillera à Paris la vingt-et-unième Conférence des parties (COP) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 2015 avec pour ambition d’atteindre "un accord universel sur le climat". Comment cet objectif se situe t-il par rapport l’évolution du (...)
Les peuples unis ne seront jamais vaincus ! Nous, réuni-e-s lors de l’Assemblée des mouvements sociaux du Forum social mondial 2015 à Tunis, avec notre diversité, pour construire un agenda commun de luttes contre le capitalisme, l’impérialisme, le patriarcat, le racisme et toutes les formes de discrimination et d’oppression. Nous avons construit une histoire et un travail commun qui a permis des avancées, avec l’espoir de réaliser la victoire contre le système dominant et concrétiser plusieurs alternatives pour un développement socialement juste et respectueux de la nature. Les peuples du (...)
Le 23 septembre 2014, la mobilisation étudiante prenait son élan à Hong Kong. Des tentes rouges, vertes bleues ou jaunes, se répandaient sur le parc Tamar, où les étudiants écoutaient des conférences, puisqu’ils boycottaient les cours. Parmi les conférenciers se trouvait un militant pour les droits démocratiques de longue date, Au Loong-yu. Initialement, ils étaient quelques centaines qui exigeaient la possibilité d’une élection effectivement démocratique, non préparée dans les sphères supérieures de Hong Kong et Pékin, pour choisir le « chef de l’exécutif » de la Région administrative spéciale (...)
Le règlement municipal qui nous empêche de marcher dans la rue, le 3926, on l’a contesté [...] Ça fait depuis 1969 qu’on attend la réponse pour savoir si on a le droit de faire des manifestations dans notre ville en vertu du droit des gens de se promener dans la rue. Les vieux rats, les vieilles ratatouilles, les ordures de la Cour d’appel du Québec ne se sont pas encore prononcés là-dessus. (Michel Chartrand, Congrès du CCSNM, 1974) Tiré de : FOISY, Fernand (édition préparée et présenté par). Michel Chartrand, Les dires d’un homme de parole. Lanctôt éditeur, Outremont, 1997, p. 299 Alors que (...)
Le 16 juin dernier, quelques centaines de manifestants-es se sont rassemblés-es place Vauquelin, à la lisière de l’Hôtel de Ville de Montréal, afin de réclamer « un vrai bilan du règlement P6 ». Cette journée correspondait au dépôt [1], devant le conseil municipal, d’un bilan réalisé par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), de l’application du règlement P-6 restreignant le droit de manifester. Deux des cinq organisateurs, Adis Simidzija et Claudine Simon, ont d’abord lu une déclaration commune endossée par 41 organismes d’horizons aussi divers que l’Union des consommateurs, 99% (...)
Le 26 mai dernier, lors du conseil municipal de la Ville de Montréal, le parti d’opposition Projet Montréal a déposé une motion demandant un bilan sur l’application du règlement P-6, qui a été modifié en mai 2012 et vise à « encadrer » les manifestations, événements ou rassemblements se déroulant sur le domaine public. Nous avions alors été plus de 300 personnes et organismes d’intérêt public à co-signer une lettre dans Le Devoir en appui à la dite motion (voir : http://www.ledevoir.com/politique/montreal/409200/pour-un-bilan-de-l-application-du-reglement-p-6). Celle-ci a cependant été battue. Le (...)
Montréal, le 27 mai 2014 - Le prochain Forum social mondial thématique sur les initiatives de paix et la sécurité humaine se déroulera à Sarajevo du 6 au 9 juin 2014. Ville-symbole de la Première Guerre mondiale (1914-1918), ville-martyr de la guerre fratricide de Bosnie-Herzégovine (1992-1995), Sarajevo entend ces quelques jours devenir la ville-espoir d’un monde de paix, de solidarité et de justice. Le moment est d’autant plus opportun qu’au-delà des commémorations entourant le 100ème anniversaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale, ce Forum social intervient alors que les (...)

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