France

Chaque soir pendant l’épidémie de la COVID-19 et en particulier durant les premières semaines de confinement, des représentants très appliqués du ministère de la Santé, des journalistes des chaînes d’info en continu ont égrené le nombre de décès provoqués par le virus en France et ailleurs dans le monde. Le 23 mai, le nombre de ces décès était de 338 249 à l’échelle mondiale soit à peu près 0,005% de la population. Si on compare cette comptabilité macabre à d’autres, celle des guerres et autres maux bien plus meurtriers, qui trouvent leurs sources dans les ambitions et désirs de puissance de quelques (...)
La COVID-19 n’ a pas d’idéologie, de couleur politique ni de dogme en matière d’économie ou de finance, invisible la maladie parcourt la fourmilière humaine et bouleverse tout sur son passage. Elle met les usines à l’arrêt, ferme les aéroports, sème l’émoi chez ceux qui prétendent diriger le monde et confine à domicile une large partie des forces vives de la planète. 
Les caissières de grandes surfaces, les livreurs et les soignants des hôpitaux publics deviennent héros de la nation et l’on découvre qu’il aurait été plus facile à la « première puissance économique mondiale » d’envoyer un porte-avion (...)

Où que l’on aille en France, ou presque, on les croise désormais sur notre chemin : des collages visant à dénoncer, en lettres capitales, les féminicides, les agressions sexuelles et sexistes, la domination masculine au quotidien. Une manière, pour les activistes anonymes qui les réalisent, de marquer l’espace public et l’esprit des passants et des passantes — au risque, la nuit tombée, de croiser les forces de l’ordre. L’une d’entre elles, impliquée au sein d’un collectif, raconte ici son expérience des collages. Sans ambition de généraliser ni de parler pour autrui, précise-t-elle.

César de Polanski, tribune de Virginie Despentes, manifestation féministe nocturne violemment réprimée le 7 mars, les défilés particulièrement fournis du 8 mars 2020 semblent devoir beaucoup à la brûlante actualité de la lutte pour les droits des femmes. Dans les cortèges, la question des violences physiques et sexuelles est au centre de l’attention. Reportage à Paris.

La mobilisation qui a pour enjeu immédiat les retraites dessine un horizon démocratique plus large : elle combat à la fois l’autoritarisme incarné par Emmanuel Macron et l’extrême droite qui a tout intérêt à l’échec du mouvement.

La grève générale et nationale en France, qui entre maintenant dans sa septième semaine (un record), semble approcher un point tournant. Malgré la répression policière sauvage, environ un million de personnes descendent dans les rues pour protester contre la « réforme » néolibérale du système de retraite français proposée par le président Macron, système établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale et considéré comme l’un des meilleurs au monde. Au fond, ce qui est en jeu, c’est la vision de société dans laquelle les gens veulent vivre - une société basée sur le calcul froid du marché ou une société (...)
Durant le week-end des 16 et 17 novembre, les gilets jaunes ont fêté leur premier anniversaire avec des barbecues conviviaux sur les carrefours giratoires (ronds-points) répartis dans toute la France, suivis d’actions directes telles que des péages libérateurs. Bien que le nombre de manifestants ait diminué d’environ 10% sur les quelques 400 000 personnes qui sont venues manifester il y a un an le 17 novembre 2018 - malgré une année de violente répression policière, de déformation des médias et de pure fatigue - un nombre étonnamment élevé de femmes et d’hommes de toute « la France profonde » (...)
Article d’abord paru sur le site de Reporterre La France accueillera le prochain sommet du G7 à Biarritz, du 24 au 26 août 2019. Pour dénoncer ce rendez-vous des chefs d’État et défendre « un autre monde », de nombreuses associations, syndicats et citoyens préparent un contre-sommet à Hendaye. Leurs mouvements seront scrutés par des forces de l’ordre mobilisées en grand nombre. Samedi 13 juillet, des chants hostiles au G7 résonnaient dans le centre-ville de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). « Non au G7, G7 Ez ! », tonnaient les manifestants à un peu plus d’un mois de la tenue du sommet (...)
Billet d’abord paru sur le site de Mediapart Le corps de Steve Maia Canico, a été repêché hier soir dans la Loire ; 38 jours après sa disparition suite à une charge de police, le soir de la fête de la musique à Nantes... Et ce matin des députés bretons pleurent dans une tribune sur France info. « Nous sommes en train de nous habituer à l’intolérable. » Oui. En effet. C’est incontestable... Nous sommes en train de nous habituer à ce que les forces de l’ordre "chargent" des gamins sur un terrain identifié comme dangereux un soir de fête de la musique, à ce que « la violence légale » s’abatte (...)
Ce 15 avril, il n’est pas 19h, il fait encore jour sur Paris, et des flammes apparaissent au sommet de Notre Dame. Interloqués, les passants, les visiteurs voient l’incendie s’emparer d’un des plus emblématiques bâtiments de notre pays. Rapidement l’incendie devient terrifiant. Les pompiers tentent de le circonscrire mais rien ne semble l’arrêter. L’enfer est entré dans la maison de Dieu, selon les chrétiens. Tout s’arrête sur ce moment et cette catastrophe devient, pour les médias de France, le seul événement de la planète. Que signifie ce désastre, qu’est-ce que ces flammes veulent nous dire (...)
Le 12 et 13 janvier 2019, les gilets jaunes du Canada, appelaient à la manifestation pour clamer leur opposition à la taxe carbone et, plus largement, au gouvernement fédéral de Justin Trudeau décrit, dans un registre caractéristique de l’extrême droite, comme un « mondialiste trahissant son pays ». Plusieurs observateurs.trices ont déjà signalé les différences notables entre les mouvements des gilets jaunes au Canada - où, en dehors d’une certaine audience sur les réseaux sociaux ils semblent rester relativement confidentiels et confinés à des groupes d’extrême droite - et en France. Pourtant, (...)
| Article inédit pour le Journal des Alternatives | Suis-je le seul qui, la première fois où l’on me parla des gilets jaunes, eut cette immédiate réaction ? Cette incompréhension de la lutte contre une mesure environnementale visant à réduire drastiquement les émissions françaises de gaz à effet de serre. Évidemment, en y réfléchissant plus longuement, on peut comprendre la colère d’une frange du peuple français et saisir l’injustice de la situation. La taxe sur le carburant, révoquée d’ailleurs, représentait la goutte de trop, un poids de trop sur le dos des classes populaires qui en saisissaient (...)

Il ne pourra plus être question de protéger nos droits lorsque nous aurons abandonné à l’Etat la possibilité d’en contrôler l’expression.

Après trois mois de contestation, des gilets jaunes tentent de structurer le mouvement. Une liste, déjà contestée, a été lancée en vue des européennes, tandis que des plateformes numériques ont été créées par plusieurs groupes et que des assemblées générales se réunissent à Toulouse, Lyon ou Caen. Il y aussi « l’assemblée des assemblées » de Commercy. Dans cette petite ville de la Meuse, plusieurs centaines de gilets jaunes venus de ronds-points aux quatre coins du pays se sont rencontrés les 26 et 27 janvier. Objectif : créer un modèle de coordination, entre apprentissage de la démocratie participative et prise de parole directe. La dynamique irriguera-t-elle le mouvement ? Reportage.

Texte d’abord publié sur le site de Contretemps Comme tout mouvement doté d’une force événementielle, celui des Gilets Jaunes (GJ) se présente à la fois comme anticipé et inattendu, surinterprété et résistant aux interprétations. Anticipé, tout d’abord, dans la mesure où, depuis des années déjà, et des côtés les plus opposés, il est question de cette « insurrection qui vient » : des secteurs militants radicaux bien entendu, et en particulier de la mouvance autonome à l’origine de la brochure qui a popularisé l’expression, mais tout autant d’acteurs politiques déjà bien établis et aspirant à la (...)
Article d’abord publié sur le blogue de Samuel Hayat Le mouvement des Gilets jaunes ne cesse d’embarrasser le pouvoir, ses défenseurs et ses interprètes médiatiques privilégiés. Porté par des personnes entrées par effraction dans l’espace public, il met sur le devant de la scène des questions gênantes. Non pas qu’elles soient nouvelles, mais les gouvernants en ont perdu depuis longtemps les réponses. Ou plutôt, les institutions par lesquelles ils gouvernent se sont largement fondées sur le refoulement de ces questions, leur oubli. Hier, c’était la question de l’impôt, du juste prix des choses, (...)
Difficile de ne pas être saisi par le mouvement en cours. Tout y est déconcertant, y compris pour qui se fait profession de chercher et d’enseigner la science politique : ses acteurs et actrices, ses modes d’action, ses revendications. Certaines de nos croyances les mieux établies sont mises en cause, notamment celles qui tiennent aux conditions de possibilité et de félicité des mouvements sociaux. D’où sinon la nécessité, du moins l’envie, de mettre à plat quelques réflexions issues de la libre comparaison entre ce que l’on peut voir du mouvement et des connaissances portant sur de tout (...)

Ce texte est une intervention dans la conjoncture, à chaud. Il se situe entre deux temps forts de la mobilisation dite des « gilets jaunes », la journée du 17 novembre 2018, qui a regroupé dans l’action, sur près de 2000 barrages routiers dans toute la France, près de 280 000 personnes ; d’autre part, la journée du 24 novembre 2018, prévue pour être un acte II du mouvement, cette fois centré sur Paris. Entre ces deux étapes des initiatives perlées ont rythmé le temps social et politique, certaines relevant du meilleur (tentatives de blocage de raffineries par exemple) d’autres du pire (attitudes racistes lors des barrages filtrants, récupérations par l’extrême droite et dénonciation de migrants à la douane). Les quelques remarques ci-dessous tentent de penser le sens et la portée d’un tel mouvement dans une période de défaites du mouvement ouvrier et de recul général des capacités de mobilisation des forces militantes.

Article paru sur le site de État d’exception Une femme noire insultée et prise à partie, un couple d’homosexuels humilié, une femme musulmane forcée de retirer son voile, des migrants raillés et remis aux gendarmes, des tabassages en règle, des Marseillaises entonnées à pleins poumons, des bloqueurs qui applaudissent les forces de l’ordre et ne cachent pas leur sympathie pour Marine Le Pen… Les violences et prises de position de ce type, qui se sont multipliées depuis la première journée d’action du 17 novembre et les jours suivants, ont de quoi nous faire sérieusement réfléchir sur la teneur (...)
Ce printemps 2018 a vu se propager aux Etats-Unis une vague imprévue de grèves dans l’enseignement public. Ce sont des grèves organisées par une base d’enseignant·e·s, militant·e·s avec l’appui des syndicats de l’enseignement (ou parfois contre eux). Depuis février elles sautent d’un État conservateur à un autre … Et de plus elles gagnent des victoires significatives ! Ce sont des enseignant·e·s sous-payé·e·s dans les Etats « rouges » (Etats républicains partisans de Trump) qui mènent depuis fin février des grèves auto-organisées fructueuses qui leur ont permis de remporter des victoires économiques et (...)

Les États généraux des migrations, qui réunissent des centaines d’organisations et collectifs citoyens, ont tenu leur première session ces 26 et 27 mai à Montreuil. Leur objectif : rendre visible cette « France solidaire » qui œuvre tous les jours pour faire respecter le droit et les grands principes d’hospitalité, et partager les expériences de cette multitude de réseaux locaux. Les participants se sont mis d’accord sur un manifeste pour une autre politique d’accueil, vraiment « respectueuse des droits fondamentaux et de la dignité des personnes », et alternative à la politique répressive du gouvernement.

Que s’est-il passé le 22 mai sur la Zad de Notre-dame-des-Landes avant que Maxime, 21 ans, ne perde sa main, arrachée par l’explosion d’une grenade « GLI-F4 » à triple effet (lacrymogène, assourdissante, et explosive) ? Dans un communiqué publié le jour même, le ministère de l’Intérieur affirme qu’« une cinquantaine d’opposants radicaux cagoulés se sont attaqués aux forces de l’ordre (présentes pour « sécuriser » les travaux de déblaiement des habitations détruites, ndlr) en leur jetant notamment des cocktails molotov et des projectiles ». Les gendarmes mobiles auraient alors répliqué en lançant des (...)

La littérature sur Mai-Juin 68 est considérable. Cet article n’a pas pour ambition de passer en revue les événements, d’en faire un compte-rendu et encore moins d’être exhaustif. Je voudrais plutôt, en un nombre réduit de pages, mettre en avant des éléments d’analyse qui (à ma connaissance) ont été peu ou pas évoqués dans les présentations disponibles. Tant il est vrai que le soulèvement printanier de 68 brille encore, cinquante ans après, de mille feux, présente mille facettes, dont il sera difficile de faire le tour.

Pour le visiteur à Paris, il est évident que la ville porte encore bien visibles les cicatrices des attentats terroristes de 2016. Il lui faut passer par un contrôle et un détecteur de métal dès qu’il franchit le seuil d’un édifice public, musée ou bibliothèque. Des soldats trop jeunes et armés jusqu’aux dents parcourent des lieux aussi paisibles que la rue Mouffetard. Dans cette ville, splendide sous la lumière d’automne, on vous rappelle constamment à quel point ou vous protège, mais aussi qu’une catastrophe peut être imminente. La misère prend un visage nouveau. Les sans-abris y sont (...)
Les dernières élections françaises s’inscrivent dans une longue série de choix inconfortables auxquels la gauche a récemment fait face. Il suffit de penser au référendum entourant le Brexit ou aux dernières élections américaines pour constater que la politique du moins pire est celle à laquelle nous nous voyons trop souvent limité-e-s. Une des priorités des progressistes, en France et ailleurs, est de rompre avec ces fausses alternatives en leur opposant un projet politique de gauche en mesure de rallier un bloc majoritaire aux prochaines élections. La gauche sous-tend toute initiative qui (...)

Que nous réserve l’avenir, si Marine Le Pen remporte l’élection présidentielle ? Pour s’en faire une idée, il peut être utile de regarder du côté de nos voisins Hongrois et Polonais, qui ont porté au pouvoir des forces nationalistes. Au sein même de l’Union européenne, Viktor Orban et le parti des frères Kaczynski bâtissent, loi après loi, des régimes qui se dirigent d’un pas assuré vers l’autoritarisme : contrôle de la justice, de la presse et de l’art par le gouvernement, attaques contre les ONG, racisme et xénophobie d’État, remises en cause des libertés et droits fondamentaux... Deux gouvernements, hongrois et polonais, que les députés FN au Parlement européen ne manquent jamais de défendre.

C’est une véritable débâcle pour Benoît Hamon et le PS. Avec 6,4 % des voix, le vainqueur de la primaire de janvier est laminé… et laisse un parti complètement éclaté. Éliminé, même s’il a réussi un bon score, Jean-Luc Mélenchon n’a pas choisi d’appeler à barrer la route au FN. À l’évidence, la recomposition de la gauche a commencé. Et sans doute pas comme l’avaient rêvée Manuel Valls et François Hollande. Une page se tourne Un fossé de rancoeur a fini par se creuser au fil du quinquennat. Des divisions qui n’ont fait que s’accentuer dans le renoncement de François Hollande, en décembre dernier. (...)

Il y a un an, des manifestants s’installaient place de la République, à Paris, lançant la Nuit debout contre « la loi El Khomri et son monde ». Faisant des émules ailleurs en France, ce mouvement d’occupation des places a vu fleurir les collectifs et les initiatives, portés par le désir de renouveler la démocratie. Aujourd’hui, l’élan reste vivace.

Un mouvement qui n’appartient à personne mais qui concentre l’espoir d’un monde meilleur. Nuit Debout, lancé à Paris au soir du 31 mars dans la foulée de la contestation du projet de loi réformant le droit du travail, essaime dans plusieurs villes de France et ailleurs en Europe. Qui y participe ? Qu’attendre de ce mouvement dans lequel chacun est invité à venir débattre ? Comment sortir de la contestation et incarner une alternative ? Et offrir un espace de parole à celles et ceux qui, la plupart du temps, en sont privés, tels les ouvriers ou les habitants des banlieues populaires ? Basta ! (...)
Jean-Luc Mélenchon était de passage au Québec du 20 au 25 avril dernier. Figure emblématique du paysage politique français, député européen, M. Mélenchon est venu au Québec pour en savoir plus sur les enjeux politiques outre Atlantique. Partisan de la souveraineté de la France face à l’Europe de la mondialisation néolibérale, il milite contre les accords de libre-échange entre l’Union européenne et l’Amérique du Nord. Candidat aux élections présidentielles de 2017 en France, les sondages le mettent très près de la candidature de François Hollande. Si le passage de M. Mélenchon a fait moins de vague (...)

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